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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Paroles, paroles (II). Imperfections et virtuosité vocales dans les musiques populaires

Pierre ARNOUX et Chloé THOMAS

dateDate : 30/06/2022 heure Début : -> Fin :

lieu Adresse : En attente d'information

Résumé :


Le chant dans les musiques populaires a ses techniques propres, de la voix claire des divas pop à celles du hard rock et du métal. Mais ce n’est généralement pas la maîtrise en elle-même qui est prisée et la voix de la pop paraît au contraire s’épanouir dans deux extrêmes. Il y a, d’un côté, la virtuosité, point culminant d’une technique manifeste (les « divas » comme Mariah Carey ou Céline Dion, les « chanteurs à voix » comme Freddy Mercury ou Florent Pagny, les virtuoses de la diction tels Boby Lapointe) ; de l’autre, les chants criés, les voix accidentées ou fragiles (Janis Joplin, Kurt Cobain, CocoRosie), qui paraissent, souvent à tort, se situer en deçà de la maîtrise.
Le goût de la singularité qui parcourt les musiques populaires contemporaines peut l’expliquer : c’est par écart vis-à-vis des normes toujours évolutives que le chant, par-delà les timbres originaux, se signale à l’attention. Et cette logique semble se communiquer aux paroles de ces chants, au tout qu’ils composent : des textes virtuoses, qui valent à leurs auteurs le statut de « poète » (souvent conféré avec une part d’ambivalence), ou au contraire des textes apparemment simples, voire « mal écrits » du point de vue de la tradition littéraire. Ces deux extrêmes, là encore, trouvent dans les musiques populaires un lieu où ils sont non seulement tolérés, mais où ils peuvent, grâce à leur relation à la musique, déployer des effets singuliers. On imagine ce que sa forme déclamée a légué un temps à la poésie ; il faut désormais interroger aussi ce que le texte peut faire produire à sa mise en voix.
Car on ne peut renvoyer sans examen les textes des musiques populaires contemporaines à l’amateurisme ou à l’improvisation, ni à la valorisation de prouesses d’écriture, ce qui peut aisément se retourner en soupçon de vacuité ; pas davantage ne suffit-il de pointer la simplicité ou les effets grandiloquents que requerrait leur diffusion (potentiellement) massive. Matthieu Chedid avouait récemment que l’ajout d’un vers (« la haine, je la jette ») au texte qu’Andrée Chedid avait écrit pour lui, « Je dis aime », était sans doute le moins poétique, mais le plus musical, indiquant une différence de régimes et de formes d’excellence qu’il s’agira dans ces séances d’élucider.
La liste des intervenants et le lieu des séances seront précisés ultérieurement.

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