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Séminaire Philosophie/Sciences humaines

Pour une Antiquité-monde : la Grèce, Rome et les autres

Carole BOIDIN, Florence DUPONT, Maxime PIERRE, et Antoine PIETROBELLI

dateDate : 20/05/2021 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

nota beneLien Zoom à copier dans votre navigateur :
https://us02web.zoom.us/j/87407836607

lieu Adresse : Salle 681C, 6ème étage, Université Paris Diderot, Campus Les Grands Moulins - Bâtiment C, 2 rue Thomas Mann, 75013 Paris

Résumé : Séminaire organisé avec l’association « Antiquité, territoire des Écarts » et l'Université Paris Diderot.


L’Antiquité gréco-romaine a souvent été instrumentalisée pour écrire des histoires nationales, impérialistes, même les études postcoloniales offrent l’exemple de nouvelles formes d’instrumentalisation. Les empires ont légitimé leur domination par l’exemple grec ou romain, tandis que les nationalismes européens ou plus tard ceux des états décolonisés se sont inventés des ancêtres préromains (gaulois, germains, celtibères, berbères, phéniciens, etc.), ce qui revenait à faire de la Grèce et de Rome le double épicentre – et l’origine implicite – de leur histoire commune.
Notre projet est d’opposer à ces grands récits identitaires, une Antiquité-monde polycentrée. L’empire grec d’Alexandre, les royaumes hellénistiques puis l’empire romain furent des espaces pluriculturels, pacifiés et mondialisés. À l’opposé de la théorie du « choc des civilisations », il est possible d’envisager ces mondes anciens comme des lieux de perméabilité et de fluidité interculturelles. Les Grecs et les Romains furent en interaction permanente avec leurs voisins égyptiens, puniques, perses, scythes ou indiens. Ce que nous désignons comme grec ou romain est toujours un objet ambivalent qui est le fruit d’une rencontre ou le résultat de métissages.
Dans cette perspective décentrée, le grec et le latin sont une ouverture sur une Antiquité-monde. Les textes des historiens, géographes, ethnographes anciens, mais aussi des poètes et des orateurs ainsi que les sources ethnographiques et archéologiques permettent de déseuropéaniser l’héritage gréco-romain. De cette approche mondialisée découle une attention particulière à la question des syncrétismes, transferts, hybridations, fusions et reconfigurations culturelles dans les pratiques et dans les discours.
Décentrer les études anciennes en les dés-européanisant, suppose de prêter l’oreille à la manière dont on parle aujourd’hui de cette Antiquité depuis l’Afrique, l’Inde, la Chine ou le Japon : quelles images s’y fait-on des Grecs et des Romains et quels usages en fait-on ? Comment notre propre regard s’en trouve-t-il changé ?
Intervenants :
- Jeudi 11 février : Karine Chemla, SPHERE (CNRS & Université de Paris), Radcliffe Institute : Constructions et usages des antiquités : une vue historique et critique depuis les mathématiques
- Jeudi 11 mars : Pascale Ballet, Université Paris Nanterre : Société(s) d’Alexandrie et multiculturalité. Le poids des images
- Jeudi 8 avril : Madalina Dana, Université Lyon 3 : Les centres culturels régionaux en Asie Mineure : modélisation des pratiques et adaptations locales
- Jeudi 20 mai : Cyril Rouanet, Université Paris Nanterre : L’Asclepius : façon de faire l’Égyptien dans la culture romaine ?

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