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Séminaire Philosophie/Sciences et techniques

Technologies du temps : risque, incertitude, connaissance

Anna LONGO

dateDate : 11/06/2020 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  Annulé

nota beneInscription obligatoire sur (copier le lien dans votre navigateur)
https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/inscriptions_usic

lieu Adresse : Salle Jean XXIII, USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris

Résumé :


Lyotard affirmait que les techno-sciences opèrent par le contrôle du temps : non seulement elles nous imposeraient une vitesse « inhumaine », mais, de plus, elles empêcheraient, par l’anticipation calculatoire des futures possibles, l’arrivée d’un événement imprévisible. Ainsi, la seule forme de résistance envisageable consistait à attendre l’apparition soudaine de l’incalculable témoignant d’une réalité extérieure excédant l’espace du possible établi a priori. Aujourd’hui cependant, plutôt qu’un régime de prévisibilité parfaite, les techno-sciences semblent nous avoir plongés dans l’incertitude : nous sommes exposés à de risques inédits dont la probabilité ne peut pas être induite à partir de la fréquence d’événements similaires dans le passé. Comme Ulrich Beck l’a remarqué, cette incertitude est l’effet du développement imprévisible de la connaissance et de ses productions historiques, étant donné que les risques sont produits par l’activité humaine. Puisqu’il sont impliqués par des conditions en évolution constante, les risques futurs sont calculés relativement à l’information disponible, ce qui force à une mise à jour continuelle de la probabilité des différents scénarios. Le résultat n’est pas une dynamique contrôlable mais une course à l’innovation des outils technologiques et des hypothèses prévisionnelles. Cette incertitude auto-engendrée est la condition de possibilité de la spéculation financière, ainsi que de toute stratégie de profit : dans les réseaux à échelle globale, il faut produire, vendre et utiliser de l’information (toujours hypothétique et toujours partielle), tout en sachant que les comportements qui l’exploitent produisent, à leur tour, de nouvelles données. La question est donc la suivante : quelle forme de critique, ou de résistance, face à un système de production d’incertitude où la connaissance est réduite à une stratégie de choix entre des risques différents ?
Séances avec intervenants :
- Jeudi 6 février : Louis Morelle, université Paris 1 : La Cathédrale future, métaphysique de la Réaction
- Jeudi 27 février : Michel Bitbol, ENS
- Jeudi 12 mars : Fabian Giraud et Raphaël Siboni, artistes
- Jeudi 26 mars : Érik Bordeleau, SenseLab, Montréal
- Jeudi 23 avril : Liliana Doganova, École des mines, Paris
- Jeudi 7 mai : Anne-Sarah Huet, INRA, Montpellier
- Jeudi 28 mai : Mael Montevil, Institut de recherche et innovation


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