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Marion Pollaert

Actuelle Directrice de programme    du 01/07/2025  au 30/06/2031

Direction de programme : Normes de vie : platonisme(s) politique(s) et réception contemporaine

Résumé : « Comment faut-il vivre (bioteon) ? », demande Socrate dans le Gorgias (512e). La question de la vie bonne est une interrogation privilégiée pour restituer la normativité en acte de la recherche d’objectivité que toute la pensée platonicienne construit. La position des entités métaphysiques que sont les Formes intelligibles équivaut toujours, sans exception, à celle d’un à être. Cette tension qui traduit la normativité de la quête d’objectivité que constituent les Formes intelligibles conduit à interroger le rapport entre science et société, ou encore celui entre normatif et descriptif. Il y a toute une contre-histoire de la philosophie à faire dès lors que cette conceptualité a été obscurcie par la séparation des domaines pratique et théorique opérée par Aristote, qui a marqué et l’histoire des idées, et nos catégories, et la réception même de Platon. Ce projet a donc pour but d’investir la notion de normativité à l’interface de la philosophie ancienne et contemporaine. La vie bonne constitue une question privilégiée pour instruire ce dossier de manière précise. Pour étudier la question, il est possible de distinguer trois axes de recherche. Le premier porte sur l’articulation entre modalité descriptive et normative de la philosophie et la réception phénoménologique du platonisme, le second sur le concept de biopolitique comme normativité politique et la troisième sur la normativité du platonisme (politique) comme pensée utopique. Cette perspective critique comparative exige un aller-retour entre lectures internes de différents corpus, anciens comme contemporains, pour saisir la cohérence des arguments en présence, avant de les confronter. L’histoire des textes a ici vocation à éclairer les débats sous-jacents à l’organisation sociale et politique des sociétés occidentales resituées comme telles. Les trois volets de cette recherche doivent donc s’articuler plus largement à une interrogation critique englobante sur le lien entre science et société et sur le caractère construit de nos catégories politiques.