image philosophie

Natacha MICHEL

Ancien(ne) Directeur de programme du 01/07/1995  au 30/06/2001

Direction de programme : La prose et la pensée

Résumé : C'est comme un isolement pour l'esprit que la prose aujourd'hui incite si peu le philosophe. Type sans dénomination préalable, miracle inerte et nul, on ne lui accorde qu'un instinctif passé. Est-ce à cause du poème, faîte menaçant d'absolu ? Appoint triomphal à un système, et alors lui servant de philosophie appliquée, ou livrée au chiffrage sophistique de la rhétorique, ou encore soumise à de la sociologie, la prose est à l'abandon. Le devenir prose du poème, où la prose est en petite tenue, atténuation du péril que le poème (comme métaphysique) fait courir à la philosophie, ne vient pas davantage à sa rescousse. N'y a-t-il pas de pensée pour la prose ?
Que la prose soit une question pour la pensée suppose un événement dans la prose elle-même. Car si rien ne s'est passé, la littérature est ce qu'elle a toujours été : aucune nouvelle catégorie ne vibre. Il n'y a rien à penser. En sommes-nous là, c'est-à-dire nulle part? Pas du tout. Nous sommes dans une seconde modernité, absolument pas post-moderne. Autrement dit : une catégorie inédite surgit, celle de prose romanesque. Prose au-delà de ce qui fut nommé “écriture”, prose qui réengage le roman mais non à l'identique et permet qu'on le dise “roman excessif”, la nouvelle prose sera notre propos. Hors de toute “littérairisation” de la philosophie et de toute esthétique de la littérature, dans un strict repérage des rapports entre la philosophie et l'art, conviant entre autres les catégories de modernité (première et seconde), de fiction, d'illusion et de vérité, et dans la préoccupation de maintenir la singularité des procédures (artistique et philosophique), on cherchera à tracer de face ces quelques profils.