image philosophie

Barbara SAFAROVA

Ancien(ne) Directeur de programme du 1/07/2010  au 30/06/2016

Direction de programme : Mirages de soi. Quêtes identitaires et inventions du corps à travers les images des créateurs d'art brut

Résumé : Dans le cadre de ce programme, nous aimerions questionner certaines images créées par des artistes conventionnellement relégués dans la catégorie art brut, un concept inventé par le peintre français Jean Dubuffet en 1945. Nous aimerions explorer ces images sur plusieurs niveaux ou encore, en se basant sur les paradigmes suivants : celui de la sémiotique, de l’esthétique et du pathétique. C’est-à-dire, interroger la création du « sens » par l’image comme un nœud composé du « sens-sèma », « sens-aïsthèsis » et « sens-pathos ». Ce type d’approche pose à son tour des questions conceptuelles, notamment « comment parler des images aujourd’hui, entre la théorie sémiotique, la psychanalyse et l’exigence d’une phénoménologie ». Cette approche a cependant le mérite de mettre l’accent sur l’image elle-même et non pas sur le symptôme ou la pathologie de son auteur, et encore moins sur une liste de critères sociologiques.

Et si les images issues de l’art brut nous permettaient aussi et surtout de réfléchir à l’extraordinaire richesse de nos identités agitées par de perpétuels mouvements, sur des généalogies complexes de nos « corps éternellement mourants et vivants, animés de renversements et d’oscillations », sur des « âmes innombrables » qui « s’y disputent » ? Face au bombardement des images normopathiques contemporaines qui prétendent posséder le pouvoir de décrypter et définir toute forme identitaire, ces images nous fourniraient peut-être un des derniers recours, une échappatoire, un point d’ancrage, une direction possible pour nos quêtes de la vérité et du sens.

Cependant, le pouvoir salvateur de ces images, l’émotion qui nous saisit face à certaines d’entre elles est également proche du vertige, donc d’une ouverture, d’un vide, d’un déchirement. Face à eux on ressent l’angoisse, on risque de se confronter à une « horrible découverte », celle de la chair chaotique et informe.