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Sabine ARNAUD

Actuel(le) Directeur de programme Allemagne  du 01/07/2016  au 30/06/2022

Direction de programme : Une physiologie du langage : langue des signes et articulation du XVIIe siècle à nos jours

Résumé : Ce projet de recherche vise à analyser les enjeux linguistiques, physiologiques,
politiques, épistémologiques et philosophiques placés dans l’usage de la langue des signes et de la parole. Le point de départ est l’invention à quelques années d’intervalle au coeur des années 1960 de deux termes : « phonocentrisme » et « audism » [terme défini dans le American Heritage Dictionary comme « la croyance que les personnes douées de l’ouïe sont supérieures à celle qui sont sourdes et malentendantes » et comme « discrimination ou préjudice à l’encontre des personnes qui sont sourdes ou malentendantes »]. Apparus dans des contextes très différents – un ouvrage de philosophie de Jacques Derrida et un texte polémique de défense de la langue des signes et de l’identité sourde d’Alexander G. Ewing
– ces termes ont pour point commun de mettre en question l’hégémonie de la parole ou du logos dans la conception du langage et son rôle dans le développement de la pensée. Tandis que Derrida sélectionne des oeuvres canoniques, des ouvrages médicaux, pédagogiques, linguistiques, et philosophiques analysent la fonction de la parole et privilégient son rôle dans l’enseignement du langage. Il s’agit de proposer une analyse des enjeux de l’usage de la parole et de la langue des signes dans la conception de l’humain et de ses variations par rapport à une norme physiologique d’audition. Est-il possible d’écrire une histoire de la parole qui sorte de la conception dominante de l’être humain comme « animal parlant ? »
Une sélection de textes allant de Juan Bonet, Van Helmont, William Holder, Pierre Louis
Moreau de Maupertuis, Etienne de Condillac, Jean de Castillon, Alphonse Costasda, Jean-Jacques Rousseau, Court de Gébelin, James Burnet Lord Monboddo, Francis Green, l’Abbé Deschamps, William Johnston, James Beattie, Joseph-Marie de Gérando jusqu’à Ferdinand de Saussure, et d’ouvrages médicaux et pédagogiques adressés aux professeurs de ceux que l’on nomme alors les sourds-muets permettra de suivre la présence et la variation des conceptions du rôle de l’articulation au cours des siècles. A travers la préparation d’un séminaire et de rencontre avec des spécialistes, l’objectif est la préparation d’articles et d’une monographie.