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Luc NGOWET

Actuel(le) Directeur de programme États-Unis/Kenya  du 01/07/2013  au 30/06/2019

Direction de programme : Les fondements théoriques de la modernité africaine. Pour une phénoménologie de la pensée politique en Afrique

Résumé : Toute réflexion sur la pensée politique africaine ne peut faire abstraction du problème du recouvrement de celle-ci, par le discours africaniste. L’hégémonie de ce discours est en partie à l’origine de notre réflexion sur les fondements théoriques de la modernité politique en Afrique qui souhaite, bien modestement, poser les jalons d’un programme de recherche au long cours sur la pensée politique africaine. Ce programme est également motivé par une anticipation de sens plus fondamentale, qui postule et voudrait montrer que la pensée africaine a toujours joué un rôle de premier plan dans la construction de la modernité politique du continent. Encore faut-il s’efforcer de dé-couvrir, de faire voir les contours et le contenu de cette pensée au fondement de notre modernité politique africaine à l’aide d’une méthode de recherche et d’un principe de raison qui puissent en rendre compte avec générosité et lucidité.

Notre programme de recherche poursuit donc deux objectifs principaux. Premièrement, élaborer une critique de la raison africaniste qui fasse place à un dé-couvrement, un dé-voilement, donc à une herméneutique des discours endogènes sur le et la politique en Afrique, selon une méthode d’investigation et un cadre d’analyse que nous nous proposons d’appeler phénoménologie politique. Cette méthode et ce cadre d’analyse de la modernité africaine à partir d’une interprétation de la pensée politique s’inspirent de la tradition herméneutique contemporaine, en particulier des travaux de Gadamer et Ricœur, bien plus que des philosophies sartrienne et arendtienne même si nous empruntons ouvertement l’appellation d’origine non-contrôlée à un certain nombre de spécialistes des disciples ou héritiers critiques de Husserl, préoccupés par une intelligence phénoménologique du domaine politique. Deuxièmement, dans son aboutissement ultime, notre projet théorique aimerait se donner à lire comme une histoire philosophante de la pensée politique africaine, offrant du même coup une compréhension précise de ses concepts, de ses thèmes et problématiques divers, de ses conditions d’élaboration aussi, en un mot comme une phénoménologie de l’Esprit au fondement de la modernité politique africaine, dont la trajectoire historique ne cesse d’interpeler.

Aussi envisageons-nous de construire notre séminaire sur la pensée politique africaine, où seront invités plusieurs spécialistes, autour de deux axes principaux: le premier, d’orientation épistémologique et historique, portera sur les écritures africaines de la modernité politique qu’il s’agira d’étudier selon un processus d’investigation dialectique. Le deuxième axe, envisagé dans une perspective herméneutique et problématique, se concentrera sur quelques grands textes – tant francophones qu’anglophones – de la pensée politique contemporaine comme instrument d’élucidation de la modernité politique africaine dont on s’attachera à montrer la spécificité.