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Ghislain DESLANDES

Actuel(le) Directeur de programme du 01/07/2013  au 30/06/2019

Direction de programme : Philosophie(s) du management

Résumé : Face aux définitions modernes du management comme ensemble de techniques se dresse le « mesnagement » antique tel que discuté par Socrate et Ischomaque dans l’Economique de Xénophon. Ce texte fait apparaître que les questions du management contemporain, comme la théorie de l’agence et le leadership, y sont déjà largement traitées. Cependant, l’activité managériale est alors comprise et définie dans sa relation avec la conduite morale du citoyen acteur de la cité. Les questions de management intéressent Socrate dans la stricte mesure où elles concernent les aspects éthiques des relations humaines et sociales. Le management est conçu comme un art politique et éthique qui s'appuie sur la réalité économique.
Cette préoccupation pour le travail et la production sous l’angle de la morale individuelle et sociale a longtemps disparu du champ institutionnel des études managériales et de leur enseignement. Aujourd’hui, les courants de recherche constitués par les études critiques en management (critical management studies) et l’éthique des affaires (business ethics), qui apparaissent tardivement dans la recherche en gestion, et de façon plus ou moins marginales, tentent toutefois de discuter les implicites épistémiques, politiques et éthiques du management moderne. Ils mettent aussi en évidence cette crise des fondements à laquelle, dans leurs finalités éthico-philosophiques, sont confrontées les « sciences de gestion ». Les chercheurs de ces deux principaux courants s’opposent en particulier à la logique dominante qui règne dans cet univers singulier de la recherche, laquelle stipule la séparation des enjeux moraux et économiques en deux domaines distincts.
Ce programme consacré aux philosophies du management aspire à prolonger l’effort entrepris par ces courants critiques grâce à de nouvelles approches ontologiques, esthétiques, politiques et juridiques de « l’administration des affaires ». Il vise notamment à reconsidérer les organisations et le travail autour du thème général de la libération de la vie, en prenant acte d’une part de la défaite du souci constant de la maîtrise de soi exprimé dans le proto-management antique, et d’autre part des désillusions de puissance occasionnées par l’économie actionnariale.