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Séminaire Philosophie/Philosophies

Engagement de l'être et politeia : Heidegger/philosophie islamique

Anoush GANJIPOUR

dateDate : 13/04/2018 heure Début : 18h -> Fin : 20h  Annulé

lieu Adresse : Salle 888C, 8e etg, Université Paris Diderot, Campus Les Grands Moulins - Bâtiment C, 5 rue Thomas Mann, 75013 Paris

Résumé :


On connaît le rejet sans appel d’une philosophie chrétienne, ce « cercle carré », par Heidegger. En quoi la situation changerait-elle avec une philosophie islamique, telle est la question qu’examine ce séminaire. Une absence significative dans la lecture heideggérienne de l’histoire de la métaphysique ouvre une brèche : le néoplatonisme, pour autant qu’il forme précisément un point de fuite par rapport à la vision onto-théologique que donne Heidegger de cette histoire. Ancrée dans la tradition néoplatonicienne, la philosophie islamique ne se situe pas, elle non plus, tout à fait dans cette vision. Dans la mesure où elle revivifie sans cesse la tension entre l’Être et l’être de l’étant, cette tradition métaphysique formule une réplique différente dans la discussion critique qu’entretient Heidegger sur la différence ontologique et sur la pensée de l’être avec un philosophe chrétien contemporain comme Étienne Gilson et, avant et à travers lui, avec Thomas d’Aquin ou Maître Eckhart.
C’est dans cette perspective que le dévoilement, comme opération philosophique principale, se rencontre dans ses deux variantes chez Heidegger et chez les métaphysiciens musulmans. Pour le philosophe musulman, le dévoilement graduel du caché, dans un horizon suprasensible et infini, devient la tâche propre de l’homme. Il engage ainsi l’homme dans un projet métaphysique qui est en même temps l’accomplissement de son essence humaine même. Malgré cette homologie patente, une série de divergences séparent la métaphysique islamique de la pensée heideggérienne. Parmi elles, nous focalisons notre comparaison sur une : pour Heidegger, le dévoilement de l’Être inscrit le Dasein dans un site historique qu’est la polis, si bien qu’« entre polis et l’Être règne un rapport initial ». Alors que, chez le philosophe de l’islam, il n’en est rien. Tout au plus, cette polis prend une forme ésotérique ou existentielle.
Au deuxième semestre, nous aborderons la question du lien particulier qui fonde la polis heideggérienne et de celui qui est constitutif pour la politeia existentielle des penseurs de l’islam. La thématique centrale de la comparaison sera alors l’amitié, conçue dans son rapport double à la fois à l’être-en-commun et à l’existence singulière de l’homme. En dernier ressort, il s’agit de voir comment l’« engagement de l’être » s’exprime comme une politique de l’amitié et comme une amitié politique. 

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