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Hommage à l'œuvre Philosophie/Arts et littérature

Derrida - Arabesques

Isabelle ALFANDARY et Elise LAMY-RESTED

dateDate : 19/01/2018 heure Début : -> Fin :  Report du 13/10

lieu Adresse : (les horaires et l'adresse seront précisés ultérieurement)

Résumé :


En cette année 2017, ce projet a pour but de rendre hommage, d'une manière originale, aux trois textes majeurs du philosophe Jacques Derrida publiés en 1967 : L'Écriture et la différence, De la Grammatologie et La Voix et le phénomène. Nous souhaitons célébrer le cinquantième anniversaire de la publication de ces trois œuvres de Derrida qui ont en commun de repenser le quasi-concept d’écriture et de mettre au jour le mythe du phonocentrisme inséparable de la tradition métaphysique. Ce que Jacques Derrida a appelé « une modification du concept général d’écriture » nous a donné l’idée d’un hommage oblique et performatif. L’écriture dont il s’agit dans la différance ne se limite pas au geste graphique, ni même au champ du scriptible. La double intervention de la chorégraphie et du geste plastique, figure le travail de la marque, de la différance à l’œuvre dont l’opération ne se laisse pas saisir, parce qu’elle devient incessamment autre. Faire de la philosophie derridienne une performance artistique, c’est donc prendre la mesure du caractère métamorphique d’une écriture toujours en mouvement qui s’offre à l’autre en lui laissant la liberté de la réinventer dans une mise en scène inouïe. Car si l’écriture ne se donne jamais de part en part dans une représentation, elle en appelle néanmoins à une certaine visibilité toujours virtuelle et phantasmatique. Le geste de l’artiste, travaillé par une écriture reçue comme un don, devient cet idiome qui porte en lui la trace de la philosophie derridienne enfin offerte, de manière forcément inédite, aux spectateurs. Le choix de deux artistes sensibles à la terre et à la musique d’Algérie, s’inscrit enfin dans cette aspiration à faire voir et entendre l’attachement de Derrida à son pays natal. Leur invention, surgissant de leur lecture idiomatique des textes de Derrida, sera sans doute marquée par leur migration et leur errance, autant artistique que linguistique, entre deux continents.

Présentation des artistes :
Saâdia Souyah - Son parcours est peu banal. Cabarets orientaux parisiens, accompagnée par les meilleurs musiciens, incursion au théâtre chez Guy Jacquet et la Compagnie des Quatre Chemins, dans Trakiniaï, une tragédie grecque « arabisée » , immersion dans l’univers de Bartabas, au Théâtre Zingaro, en tant que chanteuse-danseuse berbère dans Opéra équestre, plongée dans le summum de l’art occidental à l’occasion de sa participation deux années consécutives à l’opéra L’Enlèvement au sérail, de Mozart, au Festival de Salzbourg… Son travail éclectique est le fruit de ses multiples expériences artistiques. De sa rencontre avec le bûto de Sumako Koseki, du travail sur l’espace-temps de Laura Sheleen, du Théâtre du Mouvement, et de sa connaissance des danses du monde arabe et berbère. Elle suit l’enseignement de France Schott-Bilman en Expression Primitive 2010-2012. Première danseuse orientale à avoir été invitée au Centre National de la Danse à Paris, elle partage régulièrement sa recherche avec les danseurs contemporains et les publics scolaires. Créations : 2003, Nissa (Carte Blanche au Centre National de la Danse à Paris), qui sera présenté dans de nombreux théâtres. Éclats de Femmes, 2007 ; Lila, 2009 ; Nouba de Femmes, 2014.
« Je suis originaire d’Algérie. Après un apprentissage au sein du ballet National Algérien, et dans une multitude de cours à Paris et ailleurs, je n’ai eu de cesse de chercher ma danse, entre errances et déconstructions. Comment trouver son écriture chorégraphique quand la démarche première est fondée sur une opposition à ce qui se présentait à moi, où je ne me reconnaissais pas, cette image fabriquée de l’arabe, de l’indigène ? De là est né mon désir de créer une danse qui s’affranchit du modèle imposé par l’Occident : une danse contemporaine avec mon identité, moi qui fus élevée en France, et qui puise dans les racines arabes et berbères et néanmoins universelles ».

Ridha Dhib, né à Sousse (Tunisie) en 1966, travaille depuis plus de dix ans sur une recherche plastique dont la problématique principale est de lever la ligne du plan. En effet, son travail s’articule autour d'une question : que peut la ligne ? Il l’expérimente dans son rapport au plan, au geste et au mouvement, dans ses potentialités à plier, à lier et à générer des textures variées. Il explore ses résonances dans l'espace avec l'air et la lumière, et sonde ses potentialités à faire territoire. Pour cela, l’artiste a choisi d’ébranler les perceptions visuelles en remplaçant son pinceau par un pistolet à colle et sa palette par un smartphone.
« Équipé d’un pistolet à colle, en guise de pinceau, je dessine dans le vide, avec une matière transparente. J’inscris verticalement dans le territoire des pièges à lumière, des lignes fragiles et frémissantes, des traces de gestes libérés et décodifiés. Par le geste, je fouette le vide, alors, je donne à voir des éclats de mouvements qui prennent corps dans des lignes transparentes et légères. Vitesses et inflexions font la trame. Je fais émerger une fossilisation de gestes, matière miroitante et flottante, une signature dans le vide. »

Les horaire et l'adresse seront précisés ultérieurement.

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