L'université comme architecture (ir)rationnelle de la philosophie
En Europe moderne, l’établissement de l’université est inséparable de l’hégémonie académique de la philosophie. Kant, Humboldt, Fichte, Schleiermacher, Schelling, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, Heidegger, Ortega, Weber, Jaspers, Derrida… les penseurs qui ont écrit sur l’université sont presque tous des professeurs d’université, et c’est aussi en relation avec les institutions universitaires qu’ils développé leur pensée Dans ce programme, nourri par la référence à un certain nombre d’essais de philosophes sur l’université, nous étudions la place que l’université consacre aux différentes disciplines, y compris la philosophie. L’objectif est de mettre en lumière les contextes historiques qui sont ceux de l’université, ainsi que la dimension sociale qui lui est liée . Ce programme s’articule autour de trois axes majeurs:
- La structure de l’université : on analysera d’abord le jeu de relations, internes ou externes, inséparables de l’université. Comme l’a bien montré Kant, l’université et en jeu des configurations conflictuelles entre différentes discipline, en même temps qu’elle tisse des relations entre des pouvoirs hétérogènes. Il s’agira de faudra réfléchir sur ces doubles structures qui font de l’université un lieu à la fois fermé et ouvert, indépendant et en prise sur la société.
- Les modalités de l’université : on mènera une réflexion sur l’idée et la pratique de la pédagogie proposées et élaborées par les philosophes. Cette enquête ne portera pas seulement sur les modalités de l’éducation et de la recherche à l’université, mais aussi sur la question de la pédagogie dans le contexte plus vaste de la philosophie de l’éducation depuis Platon, qui constitue précisément l’un des axes essentiels de la philosophie occidentale.
- Les limites de l’université : on s’interrogera, enfin, sur les limites de l’université, architecture rationnelle élaborée depuis sa fondation au XIIe siècle. Dans la mesure où l’on accorde à l’université la liberté inconditionnelle de rechercher la vérité, cette recherche s’accompagne inévitablement d’un rapport, réfléchi ou non, à l’irrationnel. À cette frontière entre le rationnel et l’irrationnel, la foi en la vérité est mise à l’épreuve au-delà des connaissances scientifiques. C’est du rapport entre université, foi et croyance, qu’il sera ici question.
Mettre en question les limites même de l’université, architecture (ir)rationelle de la philosophie, impliquera aussi, dans le cadre de ce programme, de mener une réflexion sur ce lieu situé à la frontière de l’université que constitue le CIPh.
/ Bibliographie
« Christologie de Jean-Luc Nancy », in Figures du dehors: autour de Jean-Luc Nancy, à paraître en mars 2012. (actes de colloque CIPh)
Le droit à la philosophie, avec DVD, Keisosyobo, 213p. 2011
« La philosophie de la catastrophe » in Gendai-Shiso, juillet 2011, pp. 78-81.
« L’avenir des sciences humaines devant la catastrophe » in Aru Kiseki, Miraisya, 2011, pp. 126-130.
Philosophie et Université [en japonais], Collection UTCP 3, Miraisya, 2009.
« Entre le vague et l'ambigu: sur la question du clair-obscur au Japon », in Clair/obscur, Rue Descartes, n. 65, PUF, déc. 2009.
La littérature comme contestation – la solitude, l’amitié et la communauté chez Maurice Blanchot [en japonais], Ochanomizu-syobô, 2007.
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.