Sous différentes tendances, la pensée politique contemporaine s'est vue polarisée depuis une dizaiane d'année par un questionnement sur les modes de constitution de la subjectivité : on demande comment ils ont pris dans des rapports de pouvoir multiples qui en detreminent les formes, les crises et les transformations ; on interroge aussi la façon dont ils sont partie prenante dans ces rapports, y suscitent des exigences imprévues, en conditionnent les antagonismes et les devenirs. Ce questionnement réactive à bien des égards - les référents discursifs changeant - des problèmes intensément élaborés au fil des années 1960-1970, et peut peut-être même s'interpréter comme l'effet après-coup de leur irrésolution ou de leur impasses. Ce qui ne signifie pas qu'il n'ait sa spécificité, et ses coordonnées actuelles propres, dont l'investigation en cours se décline inévitablement au multiple. On peut en repérer bien des signes : la réappropriation de l'héritage de la "théorie critique" de l'École de Francfort et de la sociologie de la "reconnaissance"; le renouveau de recherches post-marxistes sur les modes de subjectivation immanents aux luttes collectives et sur la "surdetermination" des identités qui s'y cristallisent ; le développement des études post-coloniales et des Subaltern Studies renouvelant la compréhension des mécanismes d'intériorisation subjective des rapports de domination et de résistance; les tentatives d'élaboration de nouveaux paradigmes pour penser des formes de subjectivité structurellement "précaires" ou "vulnérables" sur fond de conflits de normativité psychique et sociale...Cette diversité témoigne de la vitalité théorique sucitée par ce questionnement, au risque aussi de l’éclectisme. Nous proposons de développer un programme de recherche se donnant pour objectif de cartographier ce champ protéiforme de la pensée politique contemporaine, d'en préciser les principales lignes de forces, d'en différencier les tendances et les présupposés, afin d'en mieux cerner lignes de convergence et de démarcation, dans leur implications théoriques et politiques.
Ce programme se développerait sur deux axes méthodologiques principaux :
A/Une cartographie des principaux paradigmes théoriques légués par l'histoire du XXe siècle pour penser les mécanisme d'incorporation subjective des tensions et des antagonismes du monde contemporain : la prolétarisation, la colonisation, la "minoration", dont il conviendra, à travers l'examen des divers courants de recherche susmentionnés et leur confrontation, d'interroger les liens complexes (de prolongement, d'intériorisation et de différenciation).
B/ La construction de certains opérateurs transversaux permettant d'analyser concrètement ces processus de subjectivation critiques en tenant compte de la pluralité des variables historiques et des conjonctures qui en déterminent les conditions : l'espace (ou la territorialisation de la subjectivité), le langage (ou l'assignation du sujet dans le discours), la violence (ou la constitution du sujet dans les rapports de violence, en tant qu'il en répond, l'exerce ou la subit).
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.