Les sources médicales de la connaissance de l'homme
« La philosophie est à certains égards la mère de la médecine et le perfectionnement de l’une est inséparable de celui de l’autre », écrit Curt Sprengel à l’aube du XIXe siècle. L’histoire des liaisons entre médecine et philosophie trouve ses sources dans l’Antiquité, et vit encore à une époque – la nôtre – qui connaît une médecine pourtant totalement métamorphosée.
De plusieurs points de vue, la philosophie a inscrit une empreinte durable dans l’univers de la médecine et de la pathologie. En premier lieu, lorsqu’elle développe une pensée de nature philosophique à partir de son champ d’activité, la médecine se fait philosophe : le diagnostic de l’homme malade suppose la connaissance morale et physique de l’homme. En second lieu, lorsqu’elle se donne pour objet de veiller et d’accroître le bien-être de l’esprit et du corps, la philosophie se fait médecine : il s’agit de prévenir et de tenter de remédier aux désordres de l’individu comme à ceux de la cité. En troisième lieu, l’échange d’outils conceptuels entre les deux disciplines au fil de l’histoire permet l’édification d’une véritable philosophie médicale.
Loin de concevoir l’étude d’une histoire philosophique de la médecine comme un objet qui s’inscrirait dans le passé, un tel travail d’investigation se donne également pour objectif d’orienter autrement les discussions actuelles. Comment penser une éthique et une philosophie médicales aujourd’hui sans en interroger l’histoire ?
Nous proposons un séminaire qui mènera de front, en sympathie, des lectures de nature épistémologique et des lectures de nature éthique, réunissant ainsi différents points de vue comme différents acteurs des champs de la philosophie, de la médecine ou encore de l’histoire.
Ce projet de séminaire entrera, notamment, en synergie avec un projet ANR portant sur « La refonte de l’homme : médecine et philosophie de la nature humaine au XVIIe et XVIIIe siècles », projet qui se concrétisera avec l’organisation de séminaires, d’une anthologie et d’autres initiatives réunissant des chercheurs français.
/ Bibliographie
" Être son propre médecin : paradoxe, impossibilité ou idéal ? ", in ruedescartes.org, rubrique « Recherches en cours ».
" La santé des animaux comme enjeu médical et économique : l’émergence d’une médecine vétérinaire au XVIIIe siècle ", in Revue d’histoire des sciences, 2011.
Philosophie de la régénération : médecine, biologie, mythologie, L’Harmattan, novembre 2009
Philosophie, maladie et médecine au XVIIIe siècle, édition Honoré Champion, coll. Les dix-huitième siècles, octobre 2008
" Affinités éclectiques entre chimie et médecine : l’exemple des jeux de renvois dans les articles « Chimie » et « Médecine » de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert", in Corpus Revue de philosophie N° 56, La chimie et l’Encyclopédie, décembre 2009
" Le vitalisme renouvelle-t-il l’approche de la question du moral et du physique de l’homme ? » in ouvrage collectif Matérialismes des modernes, Presses Universitaires Laval (collection Mercure du Nord), septembre 2009.
" Regards anatomiques sur le corps pathologique, le corps monstrueux ", in Le corps au croisement de la littérature et de la science, Presses de l’Université Laval, 2008
"La notion de clinique. Différentes grilles de lecture d’une histoire de la médecine ", in Les sources médicales de la connaissance de l’homme, Corpus-Revue de philosophie, juillet 2008.
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.