Dèmos, ethnos, laos, populus, ‘am, Volk, folk, people…
Qu’est-ce qu’un peuple ? Quels types d’identités collectives se définissent-ils à partir d’une réflexion sur les strates signifiantes qui composent ce lemme ? Combien de mots étrangers faut-il pour former un mot en français (ou dans n’importe quelle langue « nationale ») ? « Peuple » « exil » et « traduction » seront ainsi les axes qui orienteront les travaux de ce séminaire.
Nous aborderons la manière dont les notions de peuple et d’exil s’articulent dans les formulations successives des existences juives et de leurs destinées, du XVIIIe siècle à nos jours. Il faut entendre par là, d’une part, la manière dont l’existence différenciée des judaïcités trouve ou non à s’inscrire dans la constitution universalisante du politique, notamment dans les discours français et allemands « internes » et « externes », aux XVIIIe et au XIXe siècle ; et d’autre part la fonction de ces termes dans les transformations fondamentales de ces existences sous la poussée des bouleversements du XXe siècle.
Ce programme sera cette année circonscrit par une réflexion sur le rôle de la traduction dans ces formulations, et notamment sur les traductions différenciées de la notion de peuple, tandis que l’idée d’exil ouvrira par la suite sur une approche de la traduction comme opérateur critique.
C’est notamment à travers des œuvres littéraires, poétiques et cinématographiques contemporaines que seront abordés divers aspects de cette problématique. Certaines de ces œuvres portent en effet une dimension anamnésique, consistant à déplier des significations toujours actives mais celées dans la terminologie.
Ce travail se veut une contribution à une réflexion sur la signification des identités collectives. À ce titre, ce ne sont pas seulement « peuple » et « exil » qui seront convoqués, mais également, à des titres divers, « langue », « religion », « nation », « immigration », « assimilation » et « intégration ».
/ Bibliographie
« A propos de la lecure du livre de Shlomo Sand », revue Chimères n° 74, 2011
« Rue Saint-Léger », revue De l’autre côté, été 2011.
« Usages et maléfices du thème de l’antisémitisme en France », in La République mise à nu par son immigration, ouvrage collectif sous la direction de Nacira Guénif-Souilamas, Paris, La Fabrique, 2006.
« Les juifs-arabes et la question de Palestine », Vacarme n°32, 2005. Traduit en arabe dans la revue Naqd n°21, « Palestine, les clés d’un conflit », 2006.
« Exil et binationalisme chez Amnon Raz-Krakotzkin », Vacarme n°31, 2005.
« William James et le roman moderne », La Mazarine, juin 2000.
« Le dormeur et l’artificière », Vacarme n°8, 1999.
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.