La communauté des êtres de nature. Pour une philosophie de l'environnement
L’enquête que nous souhaiterions conduire prendra la forme, en un premier temps, d’une généalogie philosophique du questionnement écologique, trouvant son point de départ dans les réflexions angoissées que le péril de la bombe atomique a pu inspirer pendant l’entre-deux-guerres. Il s’agira de se demander ce que peut bien être en son essence la crise à laquelle nous sommes confrontés pour se laisser penser indifféremment dans les termes de l’apocalypse nucléaire et dans ceux de la catastrophe écologique.
En un second temps, il faudra se demander si l’on peut traiter des problèmes différents (la menace atomique, les périls écologiques) à l’intérieur d’un même cadre d’analyse, et si cette manière de procéder n’exerce aucune contrainte sur les propositions qui vont être avancées pour sortir de la crise. Notre objectif sera de montrer que l’approche qui est privilégiée en Europe par les théoriciens de l’écologie a hérité de la pensée du danger du nucléaire un parti pris anthropocentrique, empêchant de poser les problèmes environnementaux dans toute leur radicalité.
L’éthique environnementale anglo-américaine devra, en un troisième temps, être mise au centre de l’attention, en tant qu’elle entreprend d’interroger la crise écologique comme une crise des systèmes de moralité. Il s’agira à ce niveau, non pas d’opposer une approche à une autre, mais de construire un espace d’interlocution où les penseurs de l’écologie, de part et d’autre de l’Atlantique, pourront dialoguer en s’instruisant de leurs différences mêmes. Nous tenterons de mettre au jour de possibles points de jonction, non pas toutefois en accompagnant, pour ainsi dire, un mouvement de convergence qui n’attendrait que d’être révélé pour s’effectuer pleinement, mais bien en le forçant au moyen d’une analyse critique dénonçant, d’une part, le défaut de radicalité constitutif de la méthode de problématisation continentale, et, d’autre part, le risque de blocage idéologique auquel s’expose l’éthique environnementale en mettant au centre de toutes ses élaborations le concept de valeur intrinsèque des entités du monde nature.
A cette fin, nous proposons de développer une théorie d’éthique environnementale originale laquelle repose sur l’idée selon laquelle une communauté morale réunissant les êtres humains et les êtres de nature (tels que les animaux, mais aussi d’autres entités du monde naturel) peut exister sur le fondement des « intérêts » qu’ils partagent. Il conviendra enfin de montrer que la considération morale que l’ensemble de ces êtres exige doit se décliner selon une pluralité de critères, qui n’implique en rien de confondre les devoirs que nous avons envers un être humain avec ceux que nous avons envers les autres êtres de nature.
/ Bibliographie
Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté ; en collaboration avec J.-B. Jeangène Vilmer (Vrin, Paris, 2010)
La communauté des êtres de nature (MF, Paris,2010)
Qu'est-ce que l'écologie? (Vrin, Paris, 2009)
Ecosophies. La philosophie à l'épreuve de l''écologie ; sous la direction de Hicham-Stéphane Afeissa (MF, Paris, 2009)
Ethique de l'environnement. Nature, valeur, respect (Vrin, Paris, 2007)
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.