Société civile : sur la genèse et l'actualité d'un concept
La place conquise par la problématique de la société civile au cœur de la pensée politique est un des phénomènes majeurs des dernières décennies. On sait par ailleurs que le concept de la société civile a une longue histoire, une histoire indissociable de celle de la modernité politique. On parle donc communément de retour de la société civile. Une double question doit alors être posée :
Comment sa résurgence contemporain s’inscrit-elle (au travers de quelles continuités, de quelles transformations ?) dans l’histoire sur le long terme du concept de société civile ? Quelle nouvelle approche de cette histoire est-elle rendue nécessaire et possible par la nouvelle configuration du concept ?
Parce que le renouveau de la philosophie politique auquel nous assistons s’est en large part constitué en rupture avec l’histoire de la philosophie, parce que celle-ci s’est arrêtée à un certain nombre de certitudes acquises qu’il faudra interroger, ces questions sont aujourd’hui largement laissées en friche. Le programme de recherche que l’on se propose de conduire a précisément pour objet de les aborder sous le regard l’une de l’autre.
Éclairer la problématique contemporaine de la société civile par son histoire sur le long terme est sans doute une tâche essentielle pour la philosophie politique ; elle ne saurait pour autant s’y enfermer. Sa formation (le concept de societas relève d’abord du droit privé) comme son usage contemporain qui brouille les frontières entre droit privé et droit public inscrivent la société civile dans la discursivité juridique. Le tournant décisif du XVIIIe siècle anglo-écossais associe la société civile à la naissance de l’économie ; société civile et marché sont aujourd’hui dans un rapport dynamique et problématique. La sociologie s’est-elle même constituée au XIXe siècle comme héritière des problématiques classiques de la société civile qui, en retour, lui apportent une nouvelle vitalité. Penser la société civile demande de travailler sur ces frontières.
La recherche projetée devra donc relever une double gageure :
- articuler une problématique contemporaine et une démarche d’histoire conceptuelle sur le très long terme ;
- travailler à l’intersection de la philosophie politique, du droit, de l’économie et de la sociologie.
/ Bibliographie
« Le tiers régime de la vérité dans la philosophie de Rousseau », in Éduquer selon la nature, Claude Habib dir, Desjonquères 2011.
« Un Rousseau peut en cacher un autre : Althusser lecteur du second Discours », in Rousseau et le Marxisme, L. Vincenti dir., Publications de la Sorbonne, 2011.
Rousseau, politique et esthétique, (dir) B. Bachofen et B. Bernardi, ENS éditions, 2011. Volume issu d’un colloque co-organisé en 2008 par le CIPh, l’Université de Chicago à Paris, et l’Université de Cergy-Pontoise.
« État, marché et société civile », in Crise : le retour de l’État ? revue Regards sur l’actualité, La documentation française, n°362, juillet 2010.
Le Principe d’obligation : sur une aporie de la modernité politique, Paris, EHESS/Vrin, 2007.
La Fabrique des concepts : recherches sur l’invention conceptuelle chez Rousseau, Paris, Honoré Champion, 2006.
Qu’est-ce qu’une décision politique ? Paris, Vrin, 2003.
J-J Rousseau, Du Contrat social, édition présentatiuon et annotation, Paris, Flammarion-GF, 2001
La Démocratie, Paris, Flammarion GF-Corpus, 1998.
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.