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L'ordre des savoirs | écouter | télécharger (mp3)
Atelier néoplatonicien | écouter | télécharger (mp3)
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DétailsCe cycle de conférences est organisé avec le Bureau du livre de l’Ambassade de France au Maroc, en partenariat avec l'UNESCO et plusieurs universités marocaines. Il s'inscrit dans le cadre d'un programme d'échanges franco-marocains. Les séances se déroulant au Lycée Henri IV sont organisées dans le cadre de la convention entre le Collège international de philosophie et ce lycée et avec le soutien de l'Intitut Français.
Ce programme d’échanges philosophiques réunira des philosophes français, marocains et du monde arabe dans un format conçu en miroir.
Au cours de rendez-vous réguliers dans l’année, des philosophes français se rendront au Maroc pour donner une conférence à Rabat, Marrakech et Fès.
En retour, des philosophes marocains et du monde arabe seront accueillis pour transmettre leur appréhension du monde contemporain à Paris dans le cadre des conférences du Collège international de philosophie (au Lycée Henri IV) ainsi qu’à l'UNESCO.
Ce cycle de philosophie interroge les mouvements révolutionnaires qui ont marqué l’année 2011. Il donne aussi la parole à des philosophes qui vivent en France et qui intègrent à leurs pratiques philosophiques des questions politiques, linguistiques et psychologiques qui font écho aux aventures de la pensée et de la liberté que vivent les pays du Sud de la Méditerranée.
Dans un monde arabe en pleine évolution, il s’agit de multiplier les échanges, afin d’entretenir le dialogue fondamental entre des pensées complémentaires qui se sont mutuellement nourries à travers les siècles. Le partenariat entre la France et le Maroc, et plus généralement entre la France et les pays arabes passe aussi par le commerce des idées.
Certes, rien n’est plus thérapeutique que de regarder la réalité en face : il s’agit de reconnaître que le risque de désillusion fait partie du processus de changement : d’où la nécessité de garder en mémoire l’impératif de la durée. Faut-il parler de désillusion ou d’une illusion lyrique qui porte en elle-même ses limites ? Merleau-Ponty disait que les révolutions sont vraies comme mouvement et fausses comme régime.
Les misères muettes, le développement des injustices sociales sont des facteurs d’instabilité et de révolte. Parfois, le cadre formel des libertés et des droits est écrit, mais le cadre réel manque. Comment dès lors passer de la forme à la réalité ? Un processus démocratique où les idées en concurrence ont un espace libre de confrontation permet de cribler les normes qui seront à même de donner une réalité aux libertés revendiquées. L’utopie n’est selon Ricœur que l’inaccompli d’un passé. Le présent accomplit ce qui est resté en suspens pendant si longtemps.
« Éclats de la pensée arabe »
Mélika Ouelbani (professeur à l’Université de Tunis)
- Vendredi 17 février : Réflexions sur la révolution tunisienne
Mohammed Sghir Janjar (directeur de la Fondation du roi Abdul Aziz, Casablanca)
- Vendredi 9 mars : Les sciences humaines en Méditerranée et les enjeux de la traduction
Soumaya Mestiri (Université de Tunis)
- Vendredi 13 avril : La femme arabe dans le processus politique post révolutionnaire : quelles perspectives?
Ali Benmakhlouf (Ciph)
- Vendredi 18 mai : Le "régime des énoncés" et le fait révolutionnaire
Réflexions sur la révolution tunisienne | écouter | télécharger (mp3)
Les sciences humaines en Méditerranée et les enjeux de la traduction | écouter | télécharger (mp3)
La femme arabe dans le processus politique post révolutionnaire : quelles perspectives? | écouter | télécharger (mp3)
Le "régime des énoncés" et le fait révolutionnaire | écouter | télécharger (mp3)
DétailsSéances organisées avec le soutien de l’Université Paris 6-Pierre et Marie Curie.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Ce séminaire, organisé pour une deuxième année, se veut un lieu expérimental où l’on relèvera le défi de penser, au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chaque séance sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme du CIPh, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, philosophes ou spécialistes des sciences de la société, confronteront leurs démarches. De brefs exposés seront suivis d’un dialogue entre les intervenants et avec le public.
Mardi 10 avril
"La question migratoire dans les campagnes présidentielles française et américaine"
Frederick Douzet (Université Paris 8, Institut français de géopolitique/IUF) a notamment publié « L'Amérique d'Obama », Hérodote, n° 132, 1er trimestre 2009; The New Political Geography of California (dir. Avec T. Kousser et K. Miller), Berkeley Public Politcy Press, 2008; La couleur du pouvoir. Géopolitique de l'immigration et de la ségrégation à Oakland, Californie, Belin, 2007.
Mathieu Potte-Bonneville (ENS LSH, président de l'assemblée collégiale du Collège international de philosophie) est co-fondateur de la revue Vacarme et membre du collectif Cette France-là. Il a publié D'après Foucault. Gestes, luttes, programmes (avec P. Artières), Les Prairies ordinaires, 2007; Faire mouvement : entretiens avec Mathieu Potte-Bonneville / Éric Hazan, Les Prairies ordinaires, 2005; Michel Foucault, l'inquiétude de l'histoire, PUF, 2004.
Patrick Weil (Directeur de Recherche au CNRS, Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle / Université Paris I – Panthéon-Sorbonne) a notamment publié Etre Français. Les quatre piliers de la nationalité, L'aube, 2011; Liberté, Égalité, Discriminations. L’« identité nationale » au regard de l’histoire, Grasset, 2008; Politiques de la laïcité au XXe siècle (dir.), PUF, 2007; Managing Migration, the promise of cooperation (avec P. L. Martin et S. F. Martin), Lexington Books, 2006; La République et sa diversité, Immigration, Intégration, Discriminations, Seuil/République des Idées, 2005; L'esclavage, la colonisation et après… : France, Etats-Unis, Royaume-Uni, PUF, 2004 (codir. avec S. Dufoix); From Europe to North America, Migration Control in the Nineteenth Century, The Evolution of States Practices in Europe and the United States from the French Revolution to the Inter-War Period, Berghahn Books, 2003 (codir. avec An. Fahrmeir et O. Faron).
Cette séance est jumelée avec celle qui aura lieu à Columbia-New York
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DétailsSéances organisées avec le soutien de l’Université Paris 6-Pierre et Marie Curie.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Ce séminaire, organisé pour une deuxième année, se veut un lieu expérimental où l’on relèvera le défi de penser, au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chaque séance sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme du CIPh, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, philosophes ou spécialistes des sciences de la société, confronteront leurs démarches. De brefs exposés seront suivis d’un dialogue entre les intervenants et avec le public.
Mardi 13 mars
« Référendum et démocratie ».
Si la démocratie est le pouvoir du peuple, elle exige que devant une décision à prendre, on demande au peuple de trancher. Au nom de syllogismes de ce genre, le referendum a été présenté de façon récurrente comme un summum démocratique : il serait une « assemblée dans les urnes ». Représenterait-il aujourd’hui une réponse à la crise de la représentation et à l’exigence de participation dont est porteuse la société ? Poser cette question, c’est assurément pointer l’équivocité de la notion même de referendum ; mais n’est-ce pas aussi signaler combien est instable notre idée de démocratie ?
Cette séance du séminaire Politique du temps présent voudrait, en prenant le recul de la réflexion, éclairer une thématique si confusément introduite dans le débat public. Pour en débattre, trois intervenants : Bruno Bernardi, Charles Girard, Dominique Rousseau.
Bruno Bernardi, UMR 5037, Institut d’histoire de la pensée classique), est directeur de programme au CIPh. Il cherche dans ses travaux à éclairer les problématiques politiques contemporaines par une démarche d’histoire conceptuelle. Il a notamment publié : La démocratie, Paris, Flammarion GF, Corpus, 1998 et Qu’est-ce qu’une décision politique ? Paris, Vrin, 2003.
Charles Girard, enseigne comme Prag au Département de philosophie et sociologie de l’Université Paris - Sorbonne (Paris IV), a mis au centre des recherches la démocratie délibérative, à laquelle il a consacré sa thèse et de nombreux articles. Il a publié, avec Alice Legoff, La démocratie délibérative, anthologie de textes fondamentaux, Hermann, L’avocat du Diable, 2010.
Dominique Rousseau, professeur de droit public à l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne), membre de l’IUF, est spécialiste de droit constitutionnel auquel il a consacré de nombreux travaux destinés tant aux spécialistes, aux étudiants, qu’ au grand public. Il a notamment publié : Droit du contentieux constitutionnel, Montchrestien, 8e édition, 2008, préface du Doyen Vedel, La Ve République se meurt, vive la démocratie, Odile Jacob, 2007, Droit constitutionnel, Montchrestien, 2004 (avec Alexandre Viala) ; Le Consulat Sarkozy, Odile Jacob, 2012.
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DétailsSéances organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Ce séminaire, organisé pour une deuxième année, se veut un lieu expérimental où l’on relèvera le défi de penser, au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chaque séance (6 sont prévues au cours de cette année) sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme du CIPh, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, philosophes ou spécialistes des sciences de la société, confronteront leurs démarches. De brefs exposés seront suivis d’un dialogue entre les intervenants et avec le public.
Mardi 17 janvier
Étranger, citoyen : des droits politiques pour les étrangers ?
À cliver les définitions comme à fermer les frontières, on s’interdit de reconnaître ce qui, précisément, résiste aux oppositions binaires et aux cloisonnements étanches. Dans un monde défini par les relations, la circulation, les échanges, où les individus entendent se déplacer librement et où les populations le font sous toute sorte de contraintes, comment continuer à refuser tout existence politique à ceux que l’on persiste à qualifier, parce qu’ils viennent d’ailleurs, d’étrangers ? Mais cette vision d’une simplicité perdue n’est-elle pas une fiction ? Le statut politique donné aux étrangers n’est-il pas constitutif de toute conception du politique ? Les récents débats sur un éventuel droit de vote des étrangers aux élections locales demandent à être replacés dans ce contexte plus large.
intervenants :
Pierre Lauret (Directeur de programme, CIPh) conduit le séminaire « Lumières, Révolution, Cosmopolitisme. Philosophie, politique et émancipation à partir de Kant ».
Jean Matringe (Professeur des Universités, Droit public, Université de Versailles Saint-Quentin) a notamment publié : Tradition et modernité dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples - Etude du contenu normatif de la Charte et de son apport à la théorie du droit international des droits de l’homme, Bruxelles, Bruylant, 1996, 137 p.
Sophie Wahnich (Directrice de recherche, CNRS) a notamment publié L'impossible citoyen, l'étranger dans le discours de la Révolution française, Éditions Albin Michel (1997) et Les Émotions, la Révolution française et le présent : Exercices pratiques de conscience historique, Paris, CNRS Éditions, 2009.
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DétailsSéances organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Ce séminaire, organisé pour une deuxième année, se veut un lieu expérimental où l’on relèvera le défi de penser, au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chaque séance (6 sont prévues au cours de cette année) sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme du CIPh, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, philosophes ou spécialistes des sciences de la société, confronteront leurs démarches. De brefs exposés seront suivis d’un dialogue entre les intervenants et avec le public.
Mardi 13 décembre
"Présidence et démocratie: une antinomie"?
L'élection présidentielle à venir stimule incontestablement le débat démocratique. On ne peut ignorer pourtant que le présidentialisme radicalise le modèle de la représentation-délégation, transfère aux mains d'un seul le pouvoir de tous et ruine la distinction entre pouvoirs législatif et exécutif. Tous ces traits ne sont-ils pas antinomiques avec l'idée même de démocratie ?
Pour cette séance, trois intervenants : Pierre Brunet, Marie-Anne Chendet, Arnaud Le Pillouer.
Pierre Brunet, IUF, est professeur de droit public à l’Université de Paris Ouest Nanterre où il dirige l’UMR CNRS 7074. Il a notamment publié Vouloir pour la Nation. Le concept de représentation dans la théorie de l’État, Paris, LGDJ-Bruylant, 2004. Ses travaux portent sur la théorie générale du droit et la théorie constitutionnelle (disponibles sur le site HAL-SHS du CNRS).
Marie-Anne Cohendet est professeur de droit public à l’Université Paris 1. Ses travaux en droit constitutionnel portent sur l'étude de la relativité de l'effectivité des normes. Elle a notamment publié : Droit constitutionnel, 5ème éd. 2011, Le président de la République, Dalloz, 2ème éd. en 2012. Elle a consacré de nombreux articles consacrés à la théorie et la pratique présidentielle.
Arnaud Le Pillouer, maître de conférences en droit public à l’Université de Cergy-Pontoise, est au Collège de France assistant du Pr Jon Elster. Il est l’auteur de : « Les pouvoirs non-constituants des assemblées constituantes – Essai sur le pouvoir instituant » (Paris, Dalloz, 2005), et a publié de nombreux articles en théorie du droit et en droit constitutionnel.
De Pierre Brunet et Arnaud Le Pillouer, sur le site de laviedesidées « Pour en finir avec l’élection présidentielle » (octobre 2011).
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DétailsRencontres organisées en partenariat avec l’Odéon-Théâtre de l’Europe dans le cadre des rendez-vous Présent composé et avec le soutien de l'Institut Français
Du siècle des Lumières à celui de la globalisation, comment mesurer le chemin parcouru ? Si, voici vingt ans, les intellectuels débattaient volontiers de l’entrée dans l’âge « post-moderne », il semble bien que nous reviennent aujourd’hui, sous des formes nouvelles, des questions et enjeux qui agitèrent le « siècle de la critique » – des revendications de liberté aux rapports conflictuels du politique et du religieux, de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert à celle de Wikipedia… Pour en débattre, le Collège international de philosophie vous invite à une série de rencontres, où spécialistes du XVIIIe siècle et philosophes attachés à penser le contemporain tisseront, de séance en séance et autour des mots de l’enlightment, l’ébauche de ce que Voltaire nommait un « dictionnaire philosophique ».
JEUDI 16 FÉVRIER 2012 à partir de 18h30
Rencontre animée par Pascal Sévérac avec Jean-Christophe Bailly et Xavier Papaïs
« NATURE »
Que reste-t-il de la Nature aujourd’hui ?
Que reste-t-il de cette Nature entendue comme norme de vie ? Héritée notamment des Lumières, une certaine idée de la Nature a pu servir pour juger de ce qui est, moralement ou politiquement, souhaitable : une telle idée est-elle désormais dépassée ?
Que reste-t-il ensuite de la Nature entendue comme milieu de vie ? La nature est investie à notre époque d’un souci écologique : préservation des ressources naturelles, politique de « développement durable », préoccupations alimentaires… à quelle nature avons-nous affaire aujourd’hui, dans nos assiettes, dans nos campagnes, dans nos engagements politiques ?
Des Lumières, nous avons hérité le problème de l’autonomisation de l’Artifice par rapport à la Nature : que faisons-nous d'un tel héritage ?
Jean-Christophe Bailly, poète, dramaturge, philosophe (enseignant à l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois).
Xavier Papaïs est directeur de programme au CIPh et chargé d’enseignement à l’ENS, où il anime un séminaire d’anthropologie des rites magiques. Parallèlement, il travaille sur la question de l’artifice à l’époque des Lumières.
JEUDI 8 MARS 2012 à partir de 18h30
Rencontre animée par Seloua Luste Boulbina avec Françoise Vergès et Achille Mbembe
« QU’EST-CE QUE LES LUMIÈRES ? »
Qu’est-ce que les Lumières ? La question, si européanocentrée, mérite d’être posée à partir de points de vue extraeuropéens ainsi que dans une perspective coloniale et postcoloniale. « Au loin, les Lumières », comme on l’a dit si souvent pour signifier l’horizon d’émancipation qu’elles signifient ? Ou « de près les ténèbres », comme on l’a également soutenu en opposant la réalité à l’idéal, l’Afrique à l’Europe et la colonie à la métropole ? Pour en discuter, deux invités dont les centres d’intérêt ne peuvent qu’enrichir l’interrogation : utopie coloniale, mémoire, esclavage d’une part, décolonisation, imagination politique, usages de la raison d’autre part.
Françoise Vergès est professeur de sciences politiques au Goldsmith Collège à Londres (GB). Elle est présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage. Elle a publié de nombreux ouvrages dont : Abolir l'esclavage. Une utopie coloniale, les ambiguïtés d'une politique humanitaire (Albin Michel, 2001) ; La mémoire enchaînée. Questions sur l'esclavage (Albin Michel, 2006) ; L’Homme prédateur, Ce que nous enseigne l’esclavage sur notre temps (Albin Michel, 2011).
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Qu'est-ce que les Lumières ? | écouter | télécharger (mp3)
DétailsRencontres organisées en partenariat avec l’Odéon-Théâtre de l’Europe dans le cadre des rendez-vous Présent composé et avec le soutien de l'Institut Français
Du siècle des Lumières à celui de la globalisation, comment mesurer le chemin parcouru ? Si, voici vingt ans, les intellectuels débattaient volontiers de l’entrée dans l’âge « post-moderne », il semble bien que nous reviennent aujourd’hui, sous des formes nouvelles, des questions et enjeux qui agitèrent le « siècle de la critique » – des revendications de liberté aux rapports conflictuels du politique et du religieux, de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert à celle de Wikipedia… Pour en débattre, le Collège international de philosophie vous invite à une série de rencontres, où spécialistes du XVIIIe siècle et philosophes attachés à penser le contemporain tisseront, de séance en séance et autour des mots de l’enlightment, l’ébauche de ce que Voltaire nommait un « dictionnaire philosophique ».
JEUDI 3 NOVEMBRE 2011 à partir de 18h30
Rencontre animée par Mathieu Potte-Bonneville avec Sophie Wahnich et Olivier Roy
« RÉVOLUTION »
« Révolution de jasmin » : pour être séduisante, la formule qui résumait ce printemps l’insurrection tunisienne faisait pourtant deux fois écran – elle réduisait le monde arabe à ses clichés orientalistes, et dispensait de se demander en quel sens l’héritage révolutionnaire se voit, au juste, réactivé dans l’horizon contemporain. Or, à rebours de la logique rassurante selon laquelle le passé explique le présent, c’est bien l’irruption actuelle d’un cycle révolutionnaire qui porte à relire autrement l’histoire : De la France de 1789 à la Tunisie, à l’Egypte ou à la Syrie de 2011, quels échos et quels éclairages ?
Sophie Wahnich est directrice de recherche au CNRS. Historienne, spécialiste de la période révolutionnaire, elle interroge à partir de celle-ci les représentations de l'étranger, de la violence ou de la guerre. Elle a notamment publié : L'impossible citoyen, l'étranger dans le discours de la Révolution Française (Albin Michel, 1997-2010) et La Longue patience du peuple, 1792, naissance de la République (Payot, 2008).
Olivier Roy est directeur de recherche au CNRS, et directeur d'études à l'EHESS. Politologue, spécialiste de l'Islam, il mène une réflexion centrée sur les rapports du politique et du religieux. Il a notamment publié : Le Croissant et le chaos (Hachette, 2007) et La Sainte ignorance (Seuil, 2008).
JEUDI 24 NOVEMBRE 2011 à partir de 18h30
Rencontre animée par Diogo Sardinha avec Chantal Mouffe et Marc Crépon
« EUROPE »
L’Europe est dans l’impasse. La crise financière, économique et sociale se transforme désormais en crise aigüe de certains pays souverains. Tout cela se passe à l’époque où une partie importante de l’Europe a pris la forme d’une Union européenne. Pourtant, ce fait ne doit pas faire oublier que l’Europe est plus vaste que l’Union : pensons seulement à la Turquie. L’Union accomplit-elle le projet d’une civilisation pacifiée et tolérante ? Matérialise-t-elle la tradition cosmopolite ? Ce sont des questions qui se reposent, alors que l’histoire des nations résiste encore aux nouvelles pratiques de la mobilité à l’ère de la « citoyenneté européenne ».
Chantal Mouffe est professeur de théorie politique à l’Université de Westminster, à Londres. Ses travaux mettent en valeur le concept d’agonisme, qu’elle préfère au pur antagonisme, et pour lequel l’Europe se présente désormais comme un nouvel espace d’exercice. Elle a publié, entre autres, Le Paradoxe de la démocratie (Londres, 2000) et Du Politique (Londres, 2005).
Marc Crépon est chercheur au CNRS, à Paris. Il a écrit sur l’Europe d’un point de vue historique, politique et philosophique, en s’intéressant notamment à la diversité des langues. L’idée de démocratie participative occupe une place dans ses écrits. Il est notamment l’auteur de La Guerre des civilisations (Paris, 2010).
JEUDI 19 JANVIER 2012 à partir de 18h30
Rencontre animée par Gisèle Berkman avec Geneviève Fraisse et Fethi Benslama
« LIBERTÉ »
Qu’en est-il de la liberté politique, de la liberté des corps et des sujets, aujourd’hui, à l’heure où des double binds redoutables enserrent les sujets entre revendications sécuritaires croissantes et libre flux de la marchandise? Comment repenser depuis notre présent un certain héritage des Lumières, et quel sens redonner à ce que Jean Starobinski appela, naguère, l’invention de la liberté ?
Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherche au CNRS, travaille sur l’histoire de la controverse des sexes, d’un point de vue épistémologique et politique. Publications récentes : A côté du genre, sexe et philosophie de l’égalité (Le Bord de l’eau, 2010), Les femmes et leur histoire, (1998), (Folio-Gallimard, 2010), Service ou servitude, essai sur les femmes toutes mains, (1979), (Le Bord de l'eau, 2009), Le privilège de Simone de Beauvoir (Actes Sud, 2008), Du consentement (Seuil, 2007).
Fethi Benslama est psychanalyste, professeur de psychopathologie, directeur de l’UFR Sciences Humaines Cliniques, Université Paris-Diderot- Paris 7. A publié de nombreuses études sur la clinique psychanalytique, sur l'islam et l'Europe à l'époque contemporaine. Publications récentes : Déclaration d’insoumission, à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas (Flammarion 2005), Soudain la révolution (Paris, Denoël, 2011).
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DétailsSéances organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Il est ici question de créer collectivement un lieu expérimental dans lequel des démarches de philosophie politique relèveraient ce défi de penser au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Mardi 29 mars (18h30-20h30)
DÉSOBÉIR, DÉSIGNER, S'INDIGNER
Désobéir, désigner, s'indigner. Le retour de ce vocabulaire est-il l'expression d'un repli sur des postures individuelles et morales, en un temps où l'action collective, transformatrice et politique, serait dans l'impasse ? Ou bien peut-on y reconnaître un rappel de ce qui, en motivant l'action politique, lui donne son sens ? Parce que le politique articule langage et action, il s'agira d'interroger ces manières de dire : ne seraient-elles pas aussi le signe de profondes mutations dans nos façons de penser l'action politique ?
Pour cette quatrième séance, les interventions de
Howard Caygill, Sandra Laugier et Matthieu Potte-Bonneville
seront suivies d'une discussion.
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DétailsSéances organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Il est ici question de créer collectivement un lieu expérimental dans lequel des démarches de philosophie politique relèveraient ce défi de penser au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Jeudi 7 avril (18h30-20h30)
SOMMES-NOUS SÉCULARISÉS ?
La modernité a été identifiée à un processus de sécularisation, entendu comme retrait de la sphère religieuse de l'espace public – les sociétés restées à l'écart de ce mouvement caractéristique de l'Europe étant alors disqualifiées comme « archaïques » ou « primitives ». Sous le signe du « retour du religieux », du « retour du théologico-politique », de la « dé-sécularisation », ou encore de la « revanche de Dieu », toute une rhétorique a ensuite été mobilisée pour nier la pertinence de la catégorie de sécularisation. N'assiste-t-on pas aujourd'hui à une utilisation inédite de la « laïcité » comme figure visant moins à porter un projet d’émancipation qu'à définir une identité, et de la « sécularisation », paradoxalement réinterprétée comme le fruit d'une « culture chrétienne » qui, avec la laïcité, serait menacée ?
Pour cette cinquième séance, des interventions de Nathaniel Berman et de Jean-Claude Monod, discutées par Jean-François Kervégan, seront suivies d'une discussion avec le public.
Nathaniel Berman est titulaire de la chaire « International Affairs, Law, and Modern Culture » à Brown University, Etats-Unis. Il a notamment publié Passions et Ambivalences: le Nationalisme, le Colonialisme, et le Droit International (Paris, Pedone 2008).
Jean-Claude Monod est chargé de recherches au CNRS (UMR 8547) et enseigne à l’ENS. Il a notamment publié La Querelle de la sécularisation, de Hegel à Blumenberg (Vrin, 2002), Hans Blumenberg (Belin, 2007) et Sécularisation et laïcité (PUF, 2007).
Jean-François Kervégan est Professeur à l'Université Paris 1 et membre de l'IUF. Il a notamment publié Modernité et sécularisation (éd., CNRS éd., 2007); L'effectif et le rationnel. Hegel et l'esprit objectif (Vrin, 2008).
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DétailsSéances organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Il est ici question de créer collectivement un lieu expérimental dans lequel des démarches de philosophie politique relèveraient ce défi de penser au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chacune des séances (6 sont prévues pour cette année) sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, seront appelés à se confronter, dans un dialogue entre eux et avec le public.
Internet, démocratie et opinion publique
De Wikileaks à la révolution en Tunisie, internet est au cœur de l’actualité politique. La transparence, présentée comme exigence ou dénoncée pour ses dangers, est-elle la catégorie adéquate pour en rendre compte ? Une nouvelle relation entre circulation de l’information et opinion publique n’est-elle pas en train de se dégager, qui bouscule les rapports de la société civile et de l'Etat ? Une mutation portée d’une autre façon par l’implication de la science dans les problématiques politiques contemporaines.
Pour cette troisième séance, des interventions de Bernadette Bensaude-Vincent, Bruno Bernardi, et Paul Mathias.
Bernadette Bensaude-Vincent, professeure de Philosophie à l’Université Paris-I, Institut Universitaire de France, spécialiste d’histoire des sciences, porte son attention sur les rapports dans le monde contemporain entre la science et l’opinion publique. Elle a notamment publié : L'opinion publique et la science (Synthélabo, 2000), rééédité sous le titre La science contre l'opinion : histoire d'un divorce (Seuil, 2003), Les vertiges de la technoscience. Façonner le monde atome par atome (La Découverte, 2009).
Bruno Bernardi, UMR 5037, Directeur de programme au CIPh, consacre ses travaux à l’histoire conceptuelle de la modernité politique et à l’œuvre de J.-J. Rousseau. Il a notamment publié : La démocratie (Flammarion, 1999), Qu’est-ce qu’une décision politique ? (Vrin, 2003), Le principe d’obligation (Vrin / EHESS, 2007).
Paul Mathias, ancien directeur de programme au CIPh, inspecteur général de philosophie est un des premiers à avoir engagé des recherches philosophiques sur le phénomène internet. Il a notamment publié : La Cité Internet (Presses de Sciences-Po, 1997), Des libertés numériques (P.U.F., 2008), Qu’est-ce que l’Internet ? (Vrin, 2009).
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DétailsSéance sous la responsabilité de Bruno Bernardi et Julie Saada, organisée avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Il est ici question de créer collectivement un lieu expérimental dans lequel des démarches de philosophie politique relèveraient ce défi de penser au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chacune des séances (6 sont prévues pour cette année) sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, seront appelés à se confronter, dans un dialogue entre eux et avec le public.
Mardi 16 novembre 2010, 18h30-20h30
AU NOM DE LA DIGNITÉ ?
USAGES ET MÉSUSAGES D'UNE NOTION MORALE DANS LE DÉBAT POLITIQUE.
Une circulaire sur les camps de Roms impose de les supprimer, parce qu'indignes. Une loi interdisant le port du « voile intégral » a été adoptée par le Parlement, au nom de la dignité des femmes. De nombreux autres exemples, allant du statut du corps humain dans les débats en bioéthique jusqu'aux discussions sur la pornographie, témoignent des multiples usages actuels de la notion de dignité – usages faits au nom de la liberté, mais aussi contre celle-ci. Si le respect de la dignité, reçu pour principe normatif de l'État de droit, fait des libertés subjectives une borne et une fin pour l’action politique, peut-on sans paradoxe justifier en son nom la restriction de ces libertés ? Au delà la confusion entre morale et politique qu'induisent ces discours, on remarquera encore un usage étrangement « genré » de cette notion : la dignité des femmes serait-elle à défendre pour elles, sans elles, voire contre elles ?
Pour cette première séance, des interventions de Geneviève FRAISSE, d’Anne SIMONIN, et (sous réserve) de Ruwen OGIEN, seront suivies d’un débat public.
Geneviève FRAISSE (CNRS) a notamment publié : Service ou servitude. Essai sur les femmes toutes mains (Le Bord de L'eau, 2009); À côté du genre. Sexe et philosophie de l'égalité (Le Bord de L'eau, 2010).Du Consentement. (Paris, Le Seuil, 2007); La Controverse des sexes, (Paris, PUF, 200)1; Les deux gouvernements: la famille et la cité, (Paris, Gallimard, 2001)
Anne SIMONIN (CNRS) a notamment publié Les Éditions de Minuit, 1942-1955 : le devoir d'insoumission, Paris, IMEC, 2002; Le déshonneur dans la République: une histoire de l'indignité, 1791-1958, Paris, Grasset, 2008.
Ruwen OGIEN (CNRS) a notamment publié La liberté d’offenser. Le sexe, l’art et la morale, Paris, La Musardine, 2007; Penser la pornographie, 2ème édition revue et corrigée, Paris, PUF, 2008; La vie, la mort, l’Etat, Paris, Grasset, 2009.
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DétailsSéance sous la responsabilité de Bruno Bernardi et Julie Saada, organisée avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
Ce qu’on appelle l’actualité, celle des événements comme celle des idées, parfois sur le mode majeur de ce qui semble bouleverser l’ordre des choses et des représentations, souvent sur le mode mineur mais critique de ce qui nous en révèle une dimension inouïe, constitue pour la philosophie politique une sollicitation. Une sollicitation qui s’entend au double sens d’une incitation à prendre le recul de la problématisation et de la conceptualisation et d’une provocation à remettre en question nos cadres de pensée.
Il est ici question de créer collectivement un lieu expérimental dans lequel des démarches de philosophie politique relèveraient ce défi de penser au présent, sous la double contrainte de l’immédiateté de ce qui survient et de la médiation d’une démarche réflexive.
Chacune des séances (6 sont prévues pour cette année) sera consacrée, sur la base des propositions faites par les directeurs de programme, à un objet saisi dans le flux de l’actualité et auquel les intervenants, membres du CIPh ou invités, seront appelés à se confronter, dans un dialogue entre eux et avec le public.
Mardi 14 décembre (18h30-20h30)
DÉMOCRATIE SOCIALE, DÉMOCRATIE POLITIQUE
Le mouvement social qu’a connu la France ces derniers mois à propos de la réforme du régime des retraites a de nouveau posé une question lancinante sur la nature de la démocratie. La rue doit se taire lorsque les représentants légitimes ont tranché, disent les uns. La légitimité des représentants ne peut sans contradiction se faire valoir contre l’opinion manifeste du peuple, disent les autres. La relation entre démocratie sociale et démocratique politique n’est-elle pas le problème central de la modernité démocratique ?
Pour cette deuxième séance, des interventions de Robert Castel, Jean-Michel Fourniau, et Alice Le Goff.
Robert Castel, sociologue, directeur de recherches à l’EHESS a notamment publié : Les Métamorphoses de la question sociale (Fayard, 1995); L’Insécurité sociale (Seuil, 2003); La Discrimination négative (Seuil, 2007). Nous avons quelque chose à vous dire… Paroles des jeunes des quartiers (L’Harmattan, 2010, avec J.-L. Reiffers, et la participation de S. Menu).
Jean-Michel Fourniau, sociologue, directeur de recherche à l’INRETS-DEST, membre du Groupe de sociologie pragmatique et réflexive (GSPR, EHESS), est directeur du GIS Participation du public, décision, démocratie participative. Il a notamment publié Le débat public : une expérience française de démocratie participative (dir., avec M. Revel, C. Blatrix, L. Blondiaux, J-M. Fourniau, B. Hériard Dubreuil et R. Lefebvre, La Découverte, 2007).
Alice Le Goff, philosophe, MCF à l'Université Paris 5 René Descartes, est l'auteur de Care, justice et dépendance (avec M. Garrau, PUF, 2010) et de La démocratie délibérative. Textes fondamentaux (avec C. Girard, Hermann, 2010).
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DétailsQu’est-ce qu’accéder à la philosophie – et comment la philosophie peut-elle éclairer la question même de l’accès, qui travaille les sociétés contemporaines (de « l’économie de l’accès » diagnostiquée par Jeremy Rifkin à la mise à disposition, par Wikileaks, de milliers de documents autrefois réservés ; de celles-ci, aux revendications d’accès aux soins ou aux droits, aux interrogations nouvelles que soulèvent l’impératif d’accessibilité des handicapés au monde commun ou les transformations de l’accès au savoir) ?
Institution libre d’accès depuis sa fondation, et ouverte à tous les publics, le Collège international de philosophie prendra ce motif pour fil conducteur pour présenter ses activités de la saison 2011 : l’aperçu des séminaires, conférences, débats, colloques et journées d’étude, sera ponctué de lectures de textes classiques et contemporains, ainsi que d’échanges – car le dialogue, aussi, est accès au sens.
Fondé en 1983 par François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye et Dominique Lecourt, le Collège international de philosophie est un lieu où s'engagent des pratiques philosophiques nouvelles ; il vise à favoriser, par le jeu des rencontres interdisciplinaires et internationales le renouvellement des schèmes théoriques de la philosophie et de son activité critique. Lié par de nombreux accords internationaux avec des institutions et organismes de recherche étrangers, il a accueilli, durant ses presque trente ans d’existence, de nombreux chercheurs et auteurs prestigieux (G. Agamben, A. Badiou, B. Cassin, H. Cixous, F. Jullien, J.-F. Lyotard, J. Rancière...).
Les 50 directeurs de programme (dont 13 directeurs de programme à l’étranger) qui composent le Collège sont élus pour six ans, sur la base du programme de recherches qu’ils soumettent à l’Assemblée collégiale. Ces six années ne sont pas renouvelables – aussi le CIPh est-il amené à redéfinir, très régulièrement, ses axes de travail et à interroger les transformations de l’horizon contemporain de la philosophie, ainsi que les questions qui lui sont posées par notre temps.
L’activité du CIPh est marquée par plusieurs principes :
• La liberté d’accès, pour le public comme pour les directeurs de programme – aucun titre académique ni statutaire n’est requis pour soumettre un programme de recherche au CIPh ; aussi se côtoient au Collège enseignants du supérieur, du secondaire et de classes préparatoires, mais aussi artistes, cinéastes, traducteurs, médecins... souhaitant conduire depuis leur domaine d’activité une réflexion philosophique.
• La liberté de recherche : le CIPh n’est pas une institution d’enseignement où seraient transmis et reconduits des savoirs établis ; il souhaite au contraire privilégier l’émergence de problématiques et de méthodes novatrices et contemporaines. L’opportunité est ainsi donnée au plus large public d’assister et de participer au mouvement d’une philosophie « se faisant ».
• La transversalité : fondé sur la notion d’ « intersections », le CIPh se veut un lieu où la philosophie croise d’autres domaines et disciplines (sciences, littérature, arts, éducation, politique).
• L’autonomie : bénéficiant du fort soutien du Ministère de la Recherche, le CIPh demeure un organisme indépendant : « le Collège est en fait une sorte de mixte entre d’une part, un établissement public (…) et d’autre part une institution indépendante de l’Etat ; c’est l’ouverture de cet espace entre les deux statuts (…) qui permet de les interroger, de les analyser en toute liberté » (J. Derrida).
• Le souci de l’éducation : héritier du GREPH qui, il y a trente ans, menait une interrogation critique sur les formes de l’enseignement de la philosophie, le CIPh prête une attention particulière (de l’extérieur des institutions éducatives) sur les rapports entre philosophie et éducation. Cet axe de recherche est incarné par le Centre International de Recherches Théoriques en Pédagogie, créé au sein du Collège en 2009.
En perspective...
Le CIPh connaîtra en 2011 un renforcement et une transformation de son activité de publication.
• Une nouvelle collection va paraître, intitulée « Voir », et publiée en collaboration avec l’Institut national d’histoire de l’art. Chaque livre de cette collection invitera trois auteurs (philosophes, historiens de l’art) à confronter leurs lectures et leurs interprétations d’une œuvre appartenant au champ des arts plastiques. Quatre ouvrages sortiront dans cette collection en 2011 : Three Horizontals de Louise Bourgeois, La Messe de Saint Grégoire, Via Appia de Piranèse, Le Pont transbordeur de Marseille de Laszlo Moholy-Nagy.
• La revue Rue Descartes change de forme, en devenant une « revue en ligne » qui accueillera des dossiers trimestriels, mais aussi des contributions régulières faisant directement écho aux activités et aux recherches en cours au CIPh, et une sélection d’archives textuelles et sonores issues du riche fonds d’archives du Collège. Le lancement de ruedescartes.org interviendra au printemps 2011.
• Une collection de courts essais, interrogeant les enjeux contemporains de la politique, de l’esthétique, des sciences... est également en préparation pour la fin de l’année 2011.
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine et de la Fondation Evens.
Assiste-t-on aujourd’hui à la fin ou au renouveau de la notion même de croyance ? Qu'il s'agisse des croyances politiques ou sociales (en la démocratie, la liberté, l’égalité, la possibilité même d’un monde commun), ou de toutes les formes de croyances individuelles et collectives (en la psychanalyse, en l'art, en l'amour, en soi-même), deux discours en miroir s'affrontent parfois de façon circulaire. Celui qui s’alarme d’un retour de croyances directement ou indirectement religieuses, sources de nouveaux fanatismes à venir et celui qui s’inquiète d’un effondrement de toute croyance politique au sens propre, c’est-à-dire de toute croyance commune et partagée (religieuse, laïque ou révolutionnaire), effondrement potentiellement nihiliste, déstructurant, lourd de menaces.
Pour sortir d’un tel cercle, il peut être utile d’interroger les fins – au sens de finalités – des croyances avant de prétendre en prophétiser la fin – au sens de terme. À quoi servent-elles ? Sont-elles nécessaires, constituantes ou simplement « superstructurelles » ? volontaires ou subies ? intrinsèquement ou extrinsèquement politiques ? Et plus précisément, en quoi la notion de croyance est-elle pertinente pour penser la « crise » de l'humanisme contemporain, des valeurs morales et politiques ? Y-a-t-il permanence du théologico-politique ? Si oui, est-ce à dire que toute croyance politique est en son fond religieuse ? Sinon, comment expliquer de manière immanente, sans faire appel à une réalité autre (un Dieu, une fin, un idéal), le surgissement de croyances communes ?
Afin d’interroger patiemment ces problèmes, le Collège international de philosophie poursuit en 2010 le programme de rencontres autour de la question Faut-il encore croire... ? engagé à l'automne 2009. Pour chaque séance, un directeur de programme du CIPh convie un ou deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public autour de cette question.
Vendredi 7 mai :
de 18h30 à 20h30
Peut-on encore croire en une communauté ?
sous la responsabilité d'Evelyne Grossman
Séance organisée avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
La question posée par cette rencontre est la suivante : peut-on encore croire en la possibilité d'un monde commun, d'un être-en-commun ou d'une mise-en-commun ? Qu'est-ce que cette croyance implique ? Quel moyen, par exemple, la psychanalyse peut-elle disposer pour discerner une certaine logique inconsciente qui hante le social et le politique ? On rappellera les réflexions de Freud en les mettant en comparaison avec celles d’un certain nombre penseurs de la communauté ; entre autres : Hobbes, Rousseau, Bataille, Blanchot et Nancy.
Avec la participation de :
René Major, médecin psychiatre et psychanalyste. Il a été entre autre directeur de l’Institut de Psychanalyse de Paris ; il est actuellement Président de l’Institut des Hautes Études en Psychanalyse (IHEP). Parmi ses derniers ouvrages : Derrida pour les temps à venir, Stock, 2007 et L'Homme sans particularités, Circé, 2008.
Pierre-Philippe Jandin, professeur agrégé de philosophie. Auteur de "Jean-Luc Nancy : le retrait de la démocratie", à paraître chez Michalon
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DétailsPrésentation du colloque :
Colloque international co-organisé avec le Centre de recherches sur le philosophie contemporaine et le Parlement des philosophes, et avec le soutien de l'Université de Strasbourg, de la Communauté Urbaine et de la Ville de Strasbourg ainsi que du Théâtre National de Strasbourg et de la librairie Kléber.
Philosophe qui refusait la « pose philosophique », écrivain et poète, Philippe Lacoue-Labarthe aura été un penseur de grande envergure. Qu'il se soit intéressé à Diderot ou à Rousseau, à la poétique de Benjamin, à la théorie de Lacan ou à la poésie de Celan, à chaque fois il en a donné des interprétations novatrices. Dès ses premiers écrits, il s'est confronté à la question de la mimésis, qu'il a d'abord analysée sur le plan philosophique, à travers une relecture de Platon et de Heidegger, avant d'étendre son interrogation à la poésie et au théâtre. Son analyse des écrits sur le théâtre de Hölderlin, et notamment du motif de la « césure » tragique, est devenue classique. C'est dans cette perspective qu'il s'est intéressé à la question du mythe, au projet – propre aux temps modernes – de créer une « nouvelle mythologie » et à ses enjeux philosophiques et politiques, depuis le romantisme allemand jusqu'à Wagner. Cette recherche était inséparable de l'une de ses interrogations majeures : de son désir de comprendre le phénomène du nazisme, le « mythe nazi ». Pour rendre compte des désastres du XXe siècle, il avait entrepris d'interroger la conception du politique comme œuvre d'art, comme « fiction » plastique, qui trouve sa source chez les Grecs et s'accomplit dans ce « national-esthétisme » qui est selon lui au fondement du nazisme. C'est pour cela qu'il n'a cessé de questionner l'engagement politique de Heidegger, d'en rechercher les sources et les implications dans l'œuvre du philosophe. Autant de questions qu'il a patiemment travaillées dans une communauté amicale avec d'autres philosophes et écrivains, Jean-Luc Nancy, Jacques Derrida, Jean-François Lyotard.
Le meilleur hommage que l'on puisse rendre à un penseur consiste à travailler sa pensée, à la discuter, à la remettre en jeu. Avec le soutien de l'Université de Strasbourg où Philippe Lacoue-Labarthe a enseigné pendant trente ans et du Collège international de philosophie, qu'il a présidé à un moment critique de son histoire, le « Parlement des philosophes » désire organiser un colloque international consacré à son œuvre. Ce colloque fera alterner conférences, tables-rondes et lectures de textes poétiques. Nous désirons qu'il soit largement ouvert à des chercheurs et des étudiants de tous les pays, aux amis et aux lecteurs de Philippe Lacoue-Labarthe.
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine et de la Fondation Evens.
Assiste-t-on aujourd’hui à la fin ou au renouveau de la notion même de croyance ? Qu'il s'agisse des croyances politiques ou sociales (en la démocratie, la liberté, l’égalité, la possibilité même d’un monde commun), ou de toutes les formes de croyances individuelles et collectives (en la psychanalyse, en l'art, en l'amour, en soi-même), deux discours en miroir s'affrontent parfois de façon circulaire. Celui qui s’alarme d’un retour de croyances directement ou indirectement religieuses, sources de nouveaux fanatismes à venir et celui qui s’inquiète d’un effondrement de toute croyance politique au sens propre, c’est-à-dire de toute croyance commune et partagée (religieuse, laïque ou révolutionnaire), effondrement potentiellement nihiliste, déstructurant, lourd de menaces.
Pour sortir d’un tel cercle, il peut être utile d’interroger les fins – au sens de finalités – des croyances avant de prétendre en prophétiser la fin – au sens de terme. À quoi servent-elles ? Sont-elles nécessaires, constituantes ou simplement « superstructurelles » ? volontaires ou subies ? intrinsèquement ou extrinsèquement politiques ? Et plus précisément, en quoi la notion de croyance est-elle pertinente pour penser la « crise » de l'humanisme contemporain, des valeurs morales et politiques ? Y-a-t-il permanence du théologico-politique ? Si oui, est-ce à dire que toute croyance politique est en son fond religieuse ? Sinon, comment expliquer de manière immanente, sans faire appel à une réalité autre (un Dieu, une fin, un idéal), le surgissement de croyances communes ?
Afin d’interroger patiemment ces problèmes, le Collège international de philosophie poursuit en 2010 le programme de rencontres autour de la question Faut-il encore croire... ? engagé à l'automne 2009. Pour chaque séance, un directeur de programme du CIPh convie un ou deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public autour de cette question.
Lundi 22 mars :
18h30-20h30
Entre croyances théologico-politique et artistiques : politiques d'action collective
sous la responsabilité de Natalia Smolianskaia
La question qu’est-ce que croire ? mérite d’être transformée : que croyons-nous ? (si l’on suit J.-T. Desanti, objet de la communication de G. Bras) ou comment croyons-nous ?, (selon O. Timofééva, pour qui l’art contemporain apparaît comme champ de bataille idéologique, où se croisent croyances et politiques du pouvoir).
La philosophie d’A. Bogdanov, inspirée de Mach et de Marx, peut rendre compte de ce mécanisme des croyances : elles sont comprises comme « fétichisme » réglant la constitution des autorités, selon deux aspects, théologiques et idéologiques, auxquelles il oppose le principe de l’organisation collective des pratiques sociales, artistiques et autres.
La thèse de Desanti, celle d’une croyance conçue comme une pensée rendue captive par une nécessité inhérente à l’action collective, permet de s’interroger sur les stratégies pour s’en déprendre, ce qu’il nomme le destin philosophique. On se demandera aussi si le rapport au pouvoir politique, tel qu’il se pose avec l’art contemporain, ne nous renvoie pas d’une façon renouvelée au problème du collectif.
Avec la participation de :
Gérard Bras, philosophe, ancien directeur de programme au CIPh, Paris.
Oxana Timofééva, Moscou, membre du groupe artistico-philosophique « Chto delat » (Que faire ?), actuellement chercheur à Jan Van Eyck Academie, Maastricht.
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine et de la Fondation Evens.
Assiste-t-on aujourd’hui à la fin ou au renouveau de la notion même de croyance ? Qu'il s'agisse des croyancespolitiques ou sociales (en la démocratie, la liberté, l’égalité, la possibilité même d’un monde commun), ou de toutes les formes de croyances individuelles et collectives (en la psychanalyse, en l'art, en l'amour, en soi-même), deux discours en miroir s'affrontent parfois de façon circulaire. Celui qui s’alarme d’un retour de croyances directement ou indirectement religieuses, sources de nouveaux fanatismes à venir et celui qui s’inquiète d’un effondrement de toute croyance politique au sens propre, c’est-à-dire de toute croyance commune et partagée (religieuse, laïque ou révolutionnaire), effondrement potentiellement nihiliste, déstructurant, lourd de menaces.
Pour sortir d’un tel cercle, il peut être utile d’interroger les fins — au sens de finalités — des croyances avant de prétendre en prophétiser la fin — au sens de terme. À quoi servent-elles ? Sont-elles nécessaires, constituantes ou simplement « superstructurelles » ? volontaires ou subies ? intrinsèquement ou extrinsèquement politiques ? Et plus précisément, en quoi la notion de croyance est-elle pertinente pour penser la « crise » de l'humanisme contemporain, des valeurs morales et politiques ? Y-a-t-il permanence du théologico-politique ? Si oui, est-ce à dire que toute croyance politique est en son fond religieuse ? Sinon, comment expliquer de manière immanente, sans faire appel à une réalité autre (un Dieu, une fin, un idéal), le surgissement de croyances communes ?
Afin d’interroger patiemment ces problèmes, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2009-2010 un programme de rencontres autour de la question Faut-il encore croire... ? Pour chaque séance, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie un ou deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public autour de cette question.
Mardi 26 janvier :
de 18h30 à 20h30
Petites et grandes scènes des croyances ordinaires
Sous la responsabilité de Philippe Mesnard
Qui ne s’est pas laissé prendre au jeu de ses petites et de ses grandes envies de croire ? Qui n’a pas accompli un acte parce qu’il s’était préalablement mis dans la situation de faire « comme si » il en était capable ? Qui ne s’est pas laissé emporter par le plaisir d’un spectacle auquel il est allé – pour y croire ? Ce sont ces situations, propres à chacun dans la façon dont on se les agence, mais où l’on partage tous un désir de croire et de s’y croire, ce sont ces petites techniques de persuasion et d’auto-persuasion quotidiennes dont cette rencontre veut explorer les grandes figures et les micro-mécanismes.
Pour cela, deux approches : l’une rhétorique, l’autre dramatique. D’un côté, l’on motive ses propres croyances en se tenant des discours, en construisant des scénarios, en imaginant un réel à la mesure de ses fictions personnelles. De l’autre, le théâtre entretient la dialectique du croire et du faire croire dont le spectateur, en se prêtant au jeu, s’avère un véritable acteur.
Avec la participation de :
Emmanuelle Danblon (ULB Bruxelles) : Croyances contradictoires, croyances motivationnelles
Christian Biet (Paris Ouest) : Croire et faire-croire au théâtre
Programmation coordonnée par Pierre Zaoui
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine et de la Fondation Evens.
Assiste-t-on aujourd’hui à la fin ou au renouveau de la notion même de croyance ? Qu'il s'agisse des croyancespolitiques ou sociales (en la démocratie, la liberté, l’égalité, la possibilité même d’un monde commun), ou de toutes les formes de croyances individuelles et collectives (en la psychanalyse, en l'art, en l'amour, en soi-même), deux discours en miroir s'affrontent parfois de façon circulaire. Celui qui s’alarme d’un retour de croyances directement ou indirectement religieuses, sources de nouveaux fanatismes à venir et celui qui s’inquiète d’un effondrement de toute croyance politique au sens propre, c’est-à-dire de toute croyance commune et partagée (religieuse, laïque ou révolutionnaire), effondrement potentiellement nihiliste, déstructurant, lourd de menaces.
Pour sortir d’un tel cercle, il peut être utile d’interroger les fins — au sens de finalités — des croyances avant de prétendre en prophétiser la fin — au sens de terme. À quoi servent-elles ? Sont-elles nécessaires, constituantes ou simplement « superstructurelles » ? volontaires ou subies ? intrinsèquement ou extrinsèquement politiques ? Et plus précisément, en quoi la notion de croyance est-elle pertinente pour penser la « crise » de l'humanisme contemporain, des valeurs morales et politiques ? Y-a-t-il permanence du théologico-politique ? Si oui, est-ce à dire que toute croyance politique est en son fond religieuse ? Sinon, comment expliquer de manière immanente, sans faire appel à une réalité autre (un Dieu, une fin, un idéal), le surgissement de croyances communes ?
Afin d’interroger patiemment ces problèmes, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2009-2010 un programme de rencontres autour de la question Faut-il encore croire... ? Pour chaque séance, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie un ou deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public autour de cette question.
Samedi 19 décembre
de 10h à 13h
Croyances politiques et islam
Sous la responsabilité de Patrick Vauday
Séance programmée en collaboration avec l'Agence universitaire de la Francophonie.
Créance et mécréance sont au coeur de l’islam qui, en principe, ne sépare pas le corps des fidèles du corps politique. Le paradoxe du théologico-politique en islam est, selon Hamadi Redissi, le suivant : « la religion fait corps avec le despotisme, mais en même temps, elle est le seul contrepoids à la tyrannie » (Le Pacte de Nadjd, Seuil, 2007), ce qui n’est pas sans rappeler, sous d’autres formes, l’histoire des monarchies européennes. Se pose alors la question de savoir si l’islam est constitutivement voué à la forme théocratique dont le régime wahhabite est aujourd’hui l’exemple caricatural ou s’il peut composer avec l’autonomie d’une société civile multi-confessionnelle, multi-culturelle et laïque.
Avec la participation de :
Fathi Triki (professeur de philosophie à l'Université de Tunis)
Programmation coordonnée par Pierre Zaoui
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine et de la Fondation Evens.
Assiste-t-on aujourd’hui à la fin ou au renouveau de la notion même de croyance ? Qu'il s'agisse des croyancespolitiques ou sociales (en la démocratie, la liberté, l’égalité, la possibilité même d’un monde commun), ou de toutes les formes de croyances individuelles et collectives (en la psychanalyse, en l'art, en l'amour, en soi-même), deux discours en miroir s'affrontent parfois de façon circulaire. Celui qui s’alarme d’un retour de croyances directement ou indirectement religieuses, sources de nouveaux fanatismes à venir et celui qui s’inquiète d’un effondrement de toute croyance politique au sens propre, c’est-à-dire de toute croyance commune et partagée (religieuse, laïque ou révolutionnaire), effondrement potentiellement nihiliste, déstructurant, lourd de menaces.
Pour sortir d’un tel cercle, il peut être utile d’interroger les fins — au sens de finalités — des croyances avant de prétendre en prophétiser la fin — au sens de terme. À quoi servent-elles ? Sont-elles nécessaires, constituantes ou simplement « superstructurelles » ? volontaires ou subies ? intrinsèquement ou extrinsèquement politiques ? Et plus précisément, en quoi la notion de croyance est-elle pertinente pour penser la « crise » de l'humanisme contemporain, des valeurs morales et politiques ? Y-a-t-il permanence du théologico-politique ? Si oui, est-ce à dire que toute croyance politique est en son fond religieuse ? Sinon, comment expliquer de manière immanente, sans faire appel à une réalité autre (un Dieu, une fin, un idéal), le surgissement de croyances communes ?
Afin d’interroger patiemment ces problèmes, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2009-2010 un programme de rencontres autour de la question Faut-il encore croire... ? Pour chaque séance, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie un ou deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public autour de cette question.
Samedi 24 octobre
de 10h à 13h
Les croyances politiques : habitudes communes ou inventions singulières ?
Sous la responsabilité de Pierre Zaoui
Plus d’un siècle avant Nietzsche, c’est-à-dire avant l’annonce de la « mort de Dieu » et la généalogie du nihilisme, donc avant la problématisation tragique de la nécessité et de l’impossibilité de croire aujourd’hui, Hume est sans doute l’autre grand penseur de la croyance. Non seulement dans le domaine épistémologique, mais au moins autant dans le domaine moral, politique et historique. Simplement, sa forme de problématisation est tout autre que celle de Nietzsche : aussi libre, transversale et aiguisée, mais peut-être aussi plus sereine et moins tragique, donc plus apte à nous permettre de saisir les enjeux du temps sans sombrer ni dans le pathos d’un certain « ton apocalyptique », ni dans la tentation du prophétisme.
De ce point de vue, il est peut-être l’un des philosophes les plus précieux pour éclairer notre rapport actuel si compliqué avec le phénomène de la croyance, rapport pétri de refus et de nostalgie plus ou moins assumés. Qu’est-ce qu’une croyance politique commune ? Suffit-elle à faire à faire tenir ensemble une société ? D’où naît-elle une fois récusée toute croyance aux miracles, aux prophéties et aux révélations ? Et relève-telle davantage d’habitudes communes ou d’inventions singulières ? En bref, comment se servir de Hume pour discriminer aujourd’hui entre ce en quoi on ne peut croire, ce en quoi l’on croit encore malgré qu’on en ait, et ce en quoi il serait bon de recommencer ou de continuer à croire pour vivre encore dans des sociétés à peu près humaines ?
Avec la participation de :
Mathieu Potte-Bonneville (directeur de programme au CIPh) : Croyance et usage
Michael Foessel (maître de conférence à l'université de Dijon) : Le vide de la croyance
Programmation coordonnée par Pierre Zaoui
Première partie | écouter | télécharger (mp3)
Deuxième partie | écouter | télécharger (mp3)
DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine, la Maison
Heinrich Heine et la Maison de l'Europe.
L’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ?
Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux ou trois conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 27 juin
Identités : entre éthique et politique.
«Plus déterminé qu’il ne le croit, plus libre qu’il ne le sait»
Sous la responsabilité de Gabriela Basterra
L’être humain n’est pas seulement beaucoup plus déterminé qu’il ne le croit, mais encore beaucoup plus libre qu’il ne le sait (Freud). Cette séance explorera l’inauguration rétroactive de la subjectivité éthique et politique au moment où celui qui trouve en soi une demande étrangère et sans cause s’en croit l’auteur. Le sujet donne nom à l’effondrement de la distinction entre dehors et dedans qui fait surgir l’autonomie. D’une part, en se substituant à l’autre, ce sujet extérieur à la signification se fait signe du vide qui rend possible toute signification ou champ symbolique. D’autre part, comme autonome, le sujet fait partie de la société et devient représentable. En raison de sa double position extérieure et intérieure, chaque sujet est l’articulation du lien entre l’éthique et le politique. Le sujet est, en somme, le terrain singulier du retournement de l’hétéronomie en autonomie qui rend possible l’espace du politique.
Avec la participation de :
Ernesto Laclau, professeur du Département des sciences politiques à l’Université d’Essex (Grande Bretagne) et Distinguished University Professor à Northwestern University (États-Unis).
Jacques Lezra, professeur et directeur du Department de Littérature Comparée, New York University (États-Unis)
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine, la Maison
Heinrich Heine et la Maison de l'Europe.
L’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ?
Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux ou trois conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 16 mai
de 10h à 13h : Maison de l'Amérique latine
Identités francophones
Rencontre présidée par Jean-Pierre Asselin de Beauville, professeur des universités, ancien vicerecteur aux programmes à l'Agence universitaire de la Francophonie.
Séance programmée en collaboration avec l'Agence universitaire de la Francophonie Le concept d’identité est difficile à définir rigoureusement. C’est, en effet, une notion qui est en relation avec toute la complexité des interactions entre l’être humain et son environnement, notamment culturel et sociologique. Dans ces conditions, on peut se demander si le qualificatif « francophone » peut être utile à l’appréhension de ce concept ? L’identité francophone a-t-elle une existence spécifique ou est-elle seulement une perspective d’avenir ? Peut-on dire que : toutes les personnes s’exprimant dans une langue, même la langue française, relèvent d’une même identité ? Quelles sont les implications concernant une organisation internationale telle que l’Organisation internationale de la Francophonie ? Comment la mondialisation interagit-elle avec ce concept ?
Avec la participation de :
Henri Lopes, romancier, ambassadeur du Congo-Brazzaville en France. A notamment publié : Le Lys et le flamboyant, Seuil, 1997, et Ma grand-mère Bantoue et mes ancêtres les Gaulois, Essai, Gallimard, 2003.
Jean Tardif, anthropologue, ancien délégué général du Québec à Bruxelles, délégué général de PlanetAgora. A notamment publié : Les Enjeux de la mondialisation culturelle (avec Joëlle Farchy), préface d’Abdou Diouf, 2006.
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine, la Maison
Heinrich Heine et la Maison de l'Europe.
L’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ?
Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux ou trois conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 4 avril
Identité et centralité : ce que l'Europe dit d'elle-même. Comment déplacer la perspective ?
Sous la responsabilité de Ghislaine Glasson Deschaumes, directrice et fondatrice de la revue Transeuropéennes.
Aujourd’hui, l’Europe se projette dans le monde à partir d’un discours de centralité, elle tisse avec ses voisins des rapports qui s’inscrivent dans une logique centre-périphérie. En 1993, l’Europe était une question, elle était un cap invitant vers « un autre cap » (Derrida). Cet espace de réflexion ouvert avec la chute du Mur a été refermé par les institutions européennes et les gouvernements des anciens États membres. À nul moment, la chance n’a été offerte aux pays issus de l’ancien bloc de l’est de se mettre en traduction, de relier leur passé au présent européen.
La tabula rasa auxquels ils ont été invités au nom de la transition démocratique « vers l’Europe » a laissé des sociétés amnésiques, qui refoulent une part de leur vécu et de leur histoire.
L’horizon de l’Europe comme projet s’est défait à Sarajevo et dans les guerres d’ex-Yougoslavie.
Il ne s’est pas redessiné avec l’élargissement.
Cette centralité est au coeur de la production identitaire dans le discours européen. Comment décentrer cette perspective, comment dégager l’Europe de sa tentation identitaire ?
Avec la participation de :
Denis Guénoun, professeur à l’Université Paris 4 Sorbonne
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine, la Maison
Heinrich Heine et la Maison de l'Europe.
L’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ?
Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux ou trois conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 4 avril :
Traductions des frontières, translations de l’identité
Sous la responsabilité de Rada Ivekovic
L’« identité » est quelque chose de provisoire qui tente inlassablement de s’imposer comme fixe, stable et immuable. Or une identité est construite, déconstruite, reconstruite. Les identités, figées ou fluides, ne se pensent que dans le cadre de frontières qui les délimitent et qui répondent à leur description même: une frontière est elle-même quelque chose de provisoire qui tente de s’imposer comme fixe, stable et immuable. Tracer des frontières, édifier des identités est à la fois une stratégie de pouvoir et de subjectivation en résistance ; elles apparaissent – bien que différemment – aussi bien dans les tentatives de dépossession de soi que dans celles d’affirmation du sujet. Les frontières ainsi que les identités ne concernent pas seulement des territoires géographiques, mais également d’autres espaces et dimensions, ainsi que le temps, l’esprit et la raison. Elles sont des opérateurs politiques. « Soft » ou « hard », les frontières et les identités traversent les individus, les collectivités, les embrassent et les dépassent, et invitent à la traduction, à la translation, au transfert. J’appelle alors «traduction» la négociation de la violence nécessaire pour changer d’identité, s’y arracher, s’en construire une, ériger ou abattre des frontières.
Traduction contextuelle, s’entend, et non seulement textuelle. La traduction est une traversée des frontières révélant le partage de la raison qui, lui, appelle la traduction. Cette dernière est à la fois inévitable et impossible. Nous essayerons également de poursuivre la métaphore langagière pour tout ce qu’elle peut apporter de double sens.
Avec la participation de :
Ilma Rakusa, écrivaine et traductrice, Zurich.
Stephen Wright, ancien directeur de programme au CIPh, critique d'art et chercheur à l’Institut national d’histoire de l’art à Paris.
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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DétailsRencontres organisées avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine, la Maison
Heinrich Heine et la Maison de l'Europe.
L’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ?
Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux ou trois conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 7 mars
Identités et mémoires. La tension des identités mémorielles
Sous la responsabilité de Philippe Mesnard
En dépassant le lieu désormais commun et réducteur de la «concurrence des victimes», il s’agit d’interroger les rapports qu’entretiennent dans un même espace de société les mémoires de différents groupes ayant été, dans le passé, victimes de violences politiques. Que signifie l’émergence de ces mémoires pour l’identité de ces groupes? Quelle place tient-elle dans la construction de leur identité et dans son évolution ? En quoi la mise en tension de ces mémoires permet-elle la prise de conscience de l’histoire qui a frappé ces groupes ? Ce phénomène, qui s’est accéléré depuis une dizaine d’années, est-il un indicateur du rapport actuel entre culture et violence extrême (civilisation/barbarie) ? Autrement dit, l’émergence de ces mémoires participe-t-elle d’un procès plus général d’intégration de la violence par la civilisation ?
Avec la participation de :
Sophie Ernst, philosophe, chargée d’études à l’Institut national de recherche pédagogique (INRP).
Dernier ouvrage : Quand les mémoires déstabilisent l’école, Paris, INRP, 2008.
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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Samedi 7 février
Identité nationale, Communauté, Appartenance.
L’identité nationale à l’épreuve des étrangers
Sous la responsabilité de Pierre Lauret
Du point de vue de l’identité nationale, la question de l’accueil et de l’intégration des étrangers enveloppe deux problèmes :
1, qui devons-nous accueillir, et sur quelles bases – question qui relève de l’éthique de l’accueil.
2, quel degré de pluralisme culturel souhaitons-nous pour notre communauté sociale et politique – question qui relève des théories de la citoyenneté multiculturelle et de l’identité démocratique ou postnationale.
La séance se propose d’examiner le lien entre identité, accueil et intégration, repensé par plusieurs théories contemporaines de l’identité politique et de la communauté : l’appartenance relevant d’une théorie de l’égalité complexe (M. Walzer), la dénaturalisation et la démocratisation de la participation sociale et civique (J. Habermas), l’identité démocratique (S. Mesure et A. Renaut) ou post-nationale (J.-M. Ferry), la citoyenneté multiculturelle (Will Kymlicka), l’éthique de l’hospitalité (J. Derrida), la communauté pensée sous la condition de l’accueil et de la dette (J.-L. Nancy, R. Esposito).
Avec la participation de :
Jean-Marc Ferry, professeur de sciences politiques et de philosophie à l’Université libre de Bruxelles. A notamment publié : Les puissances de l’expérience. Essai sur l’identité contemporaine, Cerf, 1991 ; Europe. La voie kantienne. Essai sur l’identité post-nationale, Cerf, 2005.
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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DétailsL’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ? Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 31 janvier
Identité culturelle : quelles leçons de l’anthropologie contemporaine ?
Sous la responsabilité de Mathieu Potte-Bonneville
L’anthropologie paraît aujourd'hui s’attacher à décrire les procédures d’identification à l’œuvre, à la fois, du côté des cultures étudiées et dans la production du discours de l’anthropologue lui-même. Tantôt, elle décrit la diversité des modes d’identification du monde, distingue plusieurs types d’ontologie culturelle mutuellement irréductibles, tout en montrant comment une notion telle que « l’identité culturelle » est un produit « local », propre au naturalisme occidental. Tantôt, elle déconstruit l’assignation savante des identités closes, au profit d’une conception actionnelle où les manifestations culturelles « identitaires » procèdent d’une invention des conduites réglée par les ressources symboliques disponibles, par le contact interculturel, par les requisits de la confrontation politique. Comment, alors, redéfinir l’identité de ces ensembles transindividuels que l’on nomme « cultures » ? Et comment réévaluer leur contribution à l’identité des individus ?
Avec la participation de :
Alban Bensa, directeur d’études à l’EHESS. A notamment publié La Fin de l’exotisme, Anacharsis, 2006.
Philippe Descola, directeur d’études à l’EHESS, professeur au Collège de France. A notamment publié Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines, 2005.
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
Un problème technique survenu au moment du traitement des enregistrements ne nous permet pas de vous proposer le débat qui a suivi ces interventions.
Nous vous prions de bien vouloir nous en excuser.
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DétailsL’identité fait aujourd’hui question dans des champs aussi divers que la subjectivité, la sexualité, la culture, la nation. Elle fait aussi retour sur le mode d’affirmations identitaires défensives qui prétendent clore les interrogations. Afin de poser philosophiquement les débats dans l’espace public, le Collège international de philosophie organise au long de l’année 2008-2009 un programme de rencontres autour de la question Changer l’identité ? Un samedi par mois, de 10 heures à 13 heures, un directeur de programme du CIPh ou une personnalité invitée convie deux conférenciers à exposer leur point de vue, puis à dialoguer entre eux et avec le public, sur un thème lié à cette question.
Samedi 11 octobre
Être « soi-même » - les angoisses identitaires contemporaines Sous la responsabilité d'Evelyne Grossman
Plutôt que d’identité, Freud parle d’identification, processus par lequel le sujet se constitue. Lacan, de son côté, dénonce les illusions de l’identité-une : le sujet divisé par l’inconscient du fait qu’il parle est toujours « plus d’un ». Manquant d’identité, il est voué à se prendre pour ses identifications : méprise du narcissisme, identification aliénante à l’image de l’autre. Entre « se prendre pour » et « se perdre », quel trajet peut-on réinventer ? Quelques questions qu’on tentera d’explorer : - la plainte des pathologies contemporaines dites parfois « limite » : pas de voix à soi, pas d’identité stable, fluctuations entre ces deux désirs contradictoires : être comme tout le monde, n’être comme personne. Injonction à être soi-même, hantise des doubles, des clones, de la standardisation (reproduction technologique, biogénétique du même). Mais aussi être comme (tout le monde), suivre modes et modèles, communautés et tribus, participer, faire partie ; - sur le versant collectif de « l’être comme », celui des crispations identitaires (résurgence des nationalismes, reviviscence des croyances religieuses de masse), la psychanalyse ou la sociologie peuvent-elles contribuer à affronter la question de la communauté en suggérant de nouvelles formes collectives d’identification, hors suivisme grégaire, hors totalitarisme ?
Avec la participation de :
Paul-Laurent Assoun, philosophe, psychanalyste, professeur à l’Université Paris Diderot-Paris 7. A notamment publié : Leçons psychanalytiques sur l'angoisse, Anthropos, 2002 et Le Démon de midi, L'Olivier, 2008.
Jean-Claude Kaufmann, sociologue, directeur de recherche au CNRS. A notamment publié : L'Invention de soi. Une théorie de l'identité, Armand Colin, 2004, Hachette-Pluriel, 2005 et Quand je est un autre, Armand Colin, 2008.
Programmation coordonnée par Pierre Lauret
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