Plus fondamentalement, le souci de la sécurité
représente un malaise à l’égard de la grande
liberté permise par l’environnement des réseaux
d’information. (…) De la même manière que l’Internet rend
plus difficile le contrôle des populations par des régimes
autoritaires, ainsi l’ouverture et l’incroyable liberté des
environnements de réseaux demandent de nouvelles façons
de protéger les sociétés d’individus et de groupes
destructeurs. Pourtant, et cela particulièrement à la
lumière des avantages systématiques et significatifs pour
les engagements au cœur des démocraties libérales, tant
de l’économie de l’information en réseau, que de ses
pratiques de production ouvertes sur la base du partage,
préserver la sécurité de ces
sociétés en éliminant les technologies qui
soutiennent ces améliorations est pervers. (…) Il est trop
tôt pour dire si la pulsion de sécurité finira pour
peser du côté de ceux à qui incombe
l’économie industrielle de l’information (…) Si tel est le cas,
cette impulsion pourrait bien présenter un obstacle formidable
à l’émergence d’un environnement de réseau ouvert.
The Wealth of Networks
Yale University Press, 2006, p.459
(trad. Thierry Leterre)