Outre les pratiques locales, comme le referendum prévu par le code général des collectivités territoriales (art. L 2142-1 sq.),  et nationales, comme les procédures d’enquête publique et de débat public, récemment rénovées en France par la loi du 27 février 2002 sur la démocratie de proximité, l’obligation d’informer les populations des risques auxquels elles sont exposées est désormais consacrée par la CEDH1 et intégrée par des dispositions européennes, le plus souvent sectorielles mais parfois générales.  Ainsi la Convention signée au Danemark le 25 juin 1998 (convention d’Aarhus) affirme en matière d’environnement un droit du public à l’information et à la justice, ainsi qu’un droit à la participation à la décision.
   Complété par plusieurs directives communautaires, ce droit s’étend également, en dehors de l’environnement, par le jeu de nouvelles pratiques participatives comme les conférences de citoyens, lancées d’abord au Danemark.
    En France, une telle expérience a été tentée dès 1998 à propos des OGM
2. Marie-Angèle Hermitte explique comment l’idée est venue de constituer des panels de citoyens, encadrés par un groupe de pilotage qui décide de la place à donner à la formation et organise le débat, afin de rédiger des recommandations adressées au pouvoir politique. L’ambition, souligne-t-elle,  est de participer ainsi au processus « d’élaboration de la pensée du législateur qui reçoit les recommandations de quinze citoyens mis en position de se poser la question de l’intérêt général, convenablement éclairés, ayant réfléchi plusieurs mois, en tant que citoyens agissant seuls et non pas mêlés à une commission d’experts et parties prenantes, ce qui change considérablement la liberté de leur réflexion». En pratique, la plupart des recommandations auraient été progressivement reprises3.



1    Arrêts Guerra c/ Italie, CEDH 19 févr. 1998 (industrie chimique) , observ. S. Maljean-Dubois, RGDIP 1998, p.995 ; LCB c/ RU, 9 juin 1998, (essais nucléaires).

2    D. Bourg et D. Boy, Conférences de citoyens mode d’emploi, éd. Ch. L Mayer, 2005.

3    MA Hermitte, « La fondation juridique d’une société des sciences et des techniques par les crises et les risques », à paraître 2007.