Le projet qui est au centre du programme de recherche proposé „Au-delà de l’esthétique: danse et crise“, a pour but de repenser une pratique culturelle de la modernité et ses liens avec une philosophie de l’esthétique.
Il s’agira d’approfondir cette thématique à plusieurs niveaux, en adoptant différentes perspectives. Depuis la vision du classicisme et ses „métaphysiques du mouvement“ en passant par l’anthropologie et l’ethnographie modernes avec leurs méthodes de distanciation et de valorisation du „fait dansant total“ jusqu’à la période du totalitarisme européen et des différentes „biologisations“ de la danse, il y aura un long chemin à parcourir pour en venir à la contemporanéité en danse et ses enjeux définitionnels.
C’est à partir de ces termes-clé et de la problématique dont elles relèvent et qu’elles mettent en valeur que nous proposons un projet de recherche et d’approfondissement autour du statut de la danse, et des conséquences à en tirer.
En fait, nous assignerons une fonction double à la danse : elle constituera, dans l’ensemble de ses modes d’apparaître et ses phénomènes, la base empirique de toute réflexion et de toute recherche. Cela inclura la danse contemporaine, dont certains protagonistes seront appelés à intervenir dans séminaires, rencontres, échanges, et manifestations performatives.
D’autre part la danse sera la cible des enquêtes menées dans un sens plus large : s’il est vrai que les concepts de savoir, de corps et de mouvement ne vont plus, aujourd’hui, de soi et que leurs liens respectifs, leurs entrecroisements et leur nature ontologique, mais aussi le caractère pragmatique de leurs combinaisons multiples sont à repenser, peut-être même à ressaisir, à redéfinir dans leur ensemble, alors la pratique culturelle qu’on appelle danse (danse moderne, danse d’expression, danse sacrée, danse populaire ou contemporaine ...) sera une espèce de plate-forme pour proposer d’autres manières d’envisager la pensée et la communication en général.
C’est pourquoi nous proposons les cas de figure suivants autour desquels seront effectuées les recherches :
- le classicisme et les métaphysiques du mouvement ;
- la danse moderne et ses rapports avec la genèse d’une ethnographie et d’une musicologie « corporalisées »;
- folklore – post-modernité – archive.
En empruntant ce chemin nous espérons aboutir à une nouvelle vision et pouvoir démontrer que de telles entreprises relèvent toutes de la nature ambiguë et du statut inobjectivable de la danse. Voilà peut-être aussi la raison primordiale pour laquelle la danse ne cesse d’accroître sa signification et sa visibilité dans le concert des arts et des pratiques culturelles : elle répond, ou, du moins, aide à trouver des éléments de réponse face à cette crise de la ratio qui hante la modernité.
Ce chemin, nous tenterons de le parcourir collectivement avec des praticiens de la chorégraphie, des pédagogues de projets avancés de l’enseignement de la danse, des chercheurs, des universitaires afin d’élargir les termes et les concepts nécessaires à l’exploration de cette thématique.
Danse et mouvement échappent à jamais à leur fixation dans la cognition et l’objectivation, et c’est en cette qualité qu’ils incitent à des réponses multiples. Ces réponses, il faut les donner et toujours les repenser à nouveau. La contemporanéité l’exige et est profondément marquée par ce jeu de question/réponse. Danse et crise forment un nouvel état de choses : au-delà de l’esthétique.
/ Bibliographie
" Metadaten der Theoriebildung ". In: Nicole Haitzinger, Karin Fenböck (dir.): Denkfiguren. Performatives zwischen Bewegen, Schreiben und Erfinden. Festschrift für Claudia Jeschke (= Derra Dance Research Vol. 2). München: epodium 2010, pp. 176 – 185.
Das letzte Reale im Datenstrom der Zukunft. Vom Immateriellen zum Digitalen: Tanzarchive im Wandel.“ In: Tanzjournal 6, 2009, S. 13 – 15.
" Körper/Utopien: Tanz als Medium der Verortung " In: Martin Heinze, Dirk Quadflieg, Martin Bührig (dir.): Utopie Heimat. Psychiatrische und kulturphilosophische Zugänge. Beiträge der Gesellschaft für Philosophie und Wissenschaften der Psyche, Band 6. Berlin: Parodos 2006, p. 209 – 222.
" Dire la danse. Les conférences-démonstrations et le discours sur la technique et le mouvement." In: Inge Baxmann, Claire Rousier, Patrizia Veroli (dir.): Les Archives internationales de la danse 1931 à 1952. Pantin: Centre national de la danse 2006, pp. 86-108.
Deutungsräume. Bewegungswissen als kulturelles Archiv der Moderne. München: Kieser 2005 (= Wissenskulturen im Umbruch Bd. 1). Inge Baxmann, Franz Anton Cramer (dir.)
" Philipp Gehmacher: Human kinetics ". Frakcija 30/31 (2004), pp. 92 – 97.
Der unmögliche Körper. Etienne Decroux und die Suche nach leibhafter Theatralität. Tübingen: Niemeyer 2001.
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.