
Détails
Détails
Détails18h30-20h30
Détails
Détails
Détails
Détails18h30-20h30
Mer 10 oct, Mer 24 oct, Mer 14 nov : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 28 nov : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 12 déc, Mer 9 jan, Mer 30 jan : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Malgré l’existence de questions qu’elles ont en partage, d’enjeux qui les rapprochent, de débats qui les opposent, psychanalyse et déconstruction sont rarement traitées de concert ; la question de leurs relations est relativement peu posée, les termes en étant rarement exposés. Psychanalyse et déconstruction ont en commun de ne pas se laisser assigner aisément, de résister à toute tentative de définition. La déconstruction n’est pas une, n’est pas un mot ; la psychanalyse n’est pas même un concept, n’étant pas hors du transfert qu’elle suscite et dont elle se soutient. Pourtant, précisément parce que ces termes ont en commun d’être incommensurables en soi, incomparables l’un par rapport à l’autre, parce que déconstruction et psychanalyse font l’une et l’autre figure d’innommables dans la langue, nous voudrions interroger leurs relations réciproques, aussi asymétriques soient-elles, les liens qui les unissent et les sujets qui les opposent.
L’explication théorique entre psychanalyse et déconstruction que Jacques Derrida appelait de ses vœux n’a pas fini d’avoir lieu et mérite d’être prolongée. Cette explication met notamment aux prises deux œuvres, celle de Jacques Lacan et de Jacques Derrida. L’explication en question ne se passe pas d’un tiers terme, avec lequel chacune entretient une relation éminemment singulière et qui détermine la relation à l’autre : l’œuvre freudienne dont Jacques Derrida et Jacques Lacan, différemment, mais également, héritent.
La problématique de l’écriture, centrale à l’enseignement et à la pratique de Jacques Lacan, s’avère aussi un enjeu crucial dans le dialogue avec l’œuvre derridienne. Psychanalyse et déconstruction en effet procèdent d’une attention, d’une passion, d’une obsession de la lettre, de la littéralité, de la littérarité, de l’impensé que recèle tout discours. Le concept d’écriture tel qu’il s’élabore chez Derrida et chez Lacan à partir du texte freudien sera au cœur de nos préoccupations.
Intervenant :
- Mercredi 28 novembre : Patrick Guyomard (psychanalyse, professeur à l' Université Paris-Diderot Paris 7)
Détails18h30-20h30
Salle 2, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 8 oct, Lun 12 nov, Lun 26 nov, Lun 17 déc, Lun 14 jan
Pour des raisons de sécurité, l'accès à l'immeuble où est hébergé le CPEC est dorénavant fermé par une porte à digicode.
Un vacataire du CIPh vous ouvrira la porte de 18h20 à 18h30, puis toutes les 5 minutes jusqu'à 19h.
Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
Nietzsche et Descartes montrent que la morale ascétique, niant la réalité du Je et du corps, échoue. De la critique de la morale, tous deux s’acheminent vers la connaissance de l'homme, cherchant une base qui permet de faire confiance à son Je et d’affirmer son existence. Nietzsche a établi un lien avec Descartes par une longue citation du Discours de la méthode qui précède « en guise de préface » la première édition d'Humain Trop Humain (1878). Avouant qu’il manque d'assurance, Nietzsche ne publie son livre que parce que le centenaire de la mort de Voltaire (1664-1778), auquel il a dédié son œuvre, se rapproche. Pour sa réédition en 1886, il rédige deux préfaces. La préface au premier volume est truffée de polémiques contre Kant, tandis que la préface au deuxième volume présente explicitement son projet. Ayant développé de fortes aversions contre le romantisme, Nietzsche s’est éloigné de Wagner et de Schopenhauer. Les hésitations dissipées, il a regagné une sobriété intellectuelle qui lui permet de définir son projet : « défendre la vie contre la douleur et briser tous les syllogismes qui ont l'habitude de pousser, comme des éponges empoisonnées, de la douleur, de la déception, du dégout, de l'isolement et d'autres terrains marécageux. » (HTH II, préface 5). Il s'est approprié cette joie à la connaissance dont il ne pouvait que témoigner auparavant en citant Descartes. Dans ces préfaces, Nietzsche signale un triangle avec Descartes comme garant, Voltaire comme référence et Kant comme antagoniste. Par conséquent, étudier HTH dans la perspective de cette triple inscription permet de comprendre sa propre conception de l’esprit libre. Entreprise bien difficile, car Nietzsche s’exprime par des aphorismes. C’est seulement dans son livre de 1887, La Généalogie de la morale, qu’il se décide enfin de présenter comment il faut les interpréter. Par conséquent, nous proposons dans un premier temps une lecture serrée du 3ème traité de la GM avant de présenter succinctement HTH.
Détails10h-13h
Salle Julien Gracq, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Sam 13 oct, Sam 8 déc, Sam 12 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé en présence de Xavier Papaïs, qui tient son séminaire à l'ENS deux samedis par mois, sur le thème « Magie et Sciences humaines ».
Associant la philosophie et l'histoire de l'art, la clinique et l'anthropologie, le séminaire ouvrira un nouveau chapitre des approches que nous avons faites en 2011-2012 à l'EHESS-ENS (appréhension des spectres et apparitions d'esprits), en approfondissant la question du miroir de la divination dans les chamanismes.
Après avoir examiné les outils et les pédagogies du regard construites en contexte chrétien occidental, nous ouvrirons cette année le chemin à des comparaisons possibles pour d'autres cultures.
Nous poursuivrons la réflexion générale sur les constructions esthétiques (de la peinture à la photographie) qui donnent corps aux visions et soutiennent le regard tant au niveau individuel qu'au niveau collectif.
DétailsSéminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
Les paysages pluriels élaborés par les peintres manifestent au regard les multiples compositions de l’espace, quand il s’accorde aux attentes de la sensibilité. Depuis ses commencements à la Renaissance, la valorisation esthétique du paysage participe d’une réorientation permanente de l’activité artistique, comme on le voit déjà chez Léonard et chez Dürer. La recherche d’une consonance avec la nature remet en œuvre les présupposés de la « représentation », allant parfois jusqu’à les subvertir. Si la forme « paysage » a longtemps été saisie à partir des opérations par lesquelles elle organise l’espace sensoriel selon des règles élémentaires (profondeur et perspective, rapport des éléments, composition des plans), comme selon des attentes culturelles (évocation d’un paysage idéal, référence à des contrées mythiques, ou à une « invisible Nature »), elle ne s’est pourtant jamais réduite à ce qu’en attendait une théorie mimétique de l’art, et à son axiome de l’unité indépassable d’un « point de vue ». De Léonard de Vinci à Monet, de la « veduta » des italiens au Land Art actuel, l’art du paysage ouvre en permanence des chemins d’expérimentation où s’exprime la situation de l’homme dans la Nature.
Nous proposons de tenter de formuler les enjeux de ce cheminement des peintres, lorsqu’ils se situent précisément à cette lisière qui relie l’expérience sensorielle et les problématiques de la peinture. En ayant en mémoire, par exemple, les propos de ce critique anglais, lorsqu’en 1860 il qualifie l’œuvre de Turner : un « simple barbouillage de couleurs… comme le chaos qui précède la création ». Les catégories de sujet, de nature, de proche et de lointain, quand on les approche par la peinture de paysage, se trouvent remises en chantier ; c’est ouvrir la voie à une phénoménologie de l’espace qui reste en dialogue avec les œuvres. Si les diverses formes d’interprétation, historiques ou sociologiques, sont toutes légitimes dans leur ordre, elles énoncent pourtant des vérités « secondes », par rapport à ce fait initial : en constituant le « monde » comme « paysage », la peinture ouvre un champ de recherche qui, de proche en proche, concerne toute l’expérience sensorielle.
Programme :
- Jeudi 4 octobre : Jean-François Cassat : Le paysage dans le champ de la création
- Jeudi 11 octobre : François Jeune : Géologie de la peinture
- Jeudi 18 octobre : Jean-François Cassat et François Jeune : Regards croisés, présentation du travail de trois artistes, Claude Lepoitevin, Mickaëla Andréa Schatt et Camille Saint-Jacques.
- Jeudi 25 octobre : Jean-François Cassat et François Jeune : De quelques résurgences du paysage dans la peinture moderne et contemporaine
Détails17h-20h
Salle des Médailles, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 8 oct, Lun 12 nov, Lun 10 déc, Lun 14 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé avec le Centre Jean Pépin (UPR 76 du CNRS), l'École des Hautes Études en Sciences Sociales et l'École Pratique des Hautes Études (sciences religieuses).
Cet Atelier néoplatonicien propose de retracer une longue tradition de pensée, trop souvent méconnue, mais qui a pourtant innervé l’histoire de la métaphysique comme celle des doctrines esthétiques. En Orient comme en Occident, des derniers diadoques païens jusqu'au romantisme allemand, en passant par les mystiques musulmanes, les spiritualités médiévales et l’humanisme de la Renaissance.
De ce puissant courant, on s'attachera à parcourir la dynamique profonde, spécialement pour la théorie des formes, dans la pensée philosophique comme dans les mondes de la culture et de l’art.
En 2012-2013, l’Atelier étudiera la notion de monde intermédiaire : la vie propre aux formes et leur fonction de transmission. Ainsi dans les théories de l’imagination, les géographies de l’âme, la notion de vie démonique (anges, héros), l’idée civique et religieuse de médiation interpersonnelle.
Le mouvement des formes suppose lui-même une doctrine secrète des voyages de l’âme : espaces et temps que parcourent les âmes comme puissances de mouvement. En elles-mêmes, comme entre elles (empathie, sympathie, participations) : dans ce que le néoplatonisme nommait l’espace spirituel, ou pneumatique.
Cet espace recouvre maintes dimensions qui sous-tendent la notion de subjectivité, comprise à l’origine en un sens bien plus large et profond qu’aux temps modernes.
Ainsi : le passage du daimôn antique au creusement d’une conscience (réfléchie, cultivée pour elle-même).
De même : des ontologies précises, aptes à décrire les rapports intersubjectifs, dans la mesure où les âmes participent entre elles – d’où la nécessité de relais (angéliques, démoniques, rituels) qui constituent l’espace même de l’esprit (pneuma).
Enfin : la notion centrale de véhicule de l’âme qui désigne à la fois son corps subtil et l’élément même de l’imagination. Si images et formes sont investies d’une puissance directe, c’est qu’elles tirent leur être même de ce milieu spirituel.
Lundi 14 janvier : L'Âme.
- Ghislain Casas (EPHE) : Entre animisme et administration (l'âme du monde dans le néoplatonisme)
- Bruno Pinchard (Lyon III) : L'âme et la Terre dans la Théologie platonicienne de Marsile Ficin.
Sites consultables : http://upr_76.vjf.cnrs.fr et www.ehess.fr
Détails18h30-20h30
Jeu 11 oct : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 25 oct, Jeu 15 nov, Jeu 29 nov, Jeu 13 déc : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 20 déc, Jeu 24 jan : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Le visage est ce par quoi on reconnaît l’autre, ce par quoi il se révèle à nous. Il apparaît ainsi comme la condition de possibilité des relations intersubjectives et doit, à ce titre, rester visible et lisible. Mais ce postulat doit être nuancé pour une double raison. D’une part, la lisibilité du visage suppose l’instauration d’un code qui, en rendant les traits du visage signifiants, crée également des normes comportementales et façonne l’imaginaire collectif. D’autre part, en articulant visage humain et subjectivité, on relègue du côté de l’objet ou du quasi-sujet toute une série d’êtres qui va de l’animal au sauvage. Dès lors, quel sens donner au visage ? Comment penser la relation visage/subjectivité ?
On partira du concept de « visagéité » (Deleuze) pour étudier la face humaine, non comme un donné naturel, mais comme une construction sémiotique. Suivant une méthode archéologique, on analysera d’abord des textes de physiognomonie (Lavater), de métoposcopie (Cardan) ou de physiologie (Darwin) mais également les traités de courtoisie ou de gouvernement (Richelieu), pour comprendre les processus d’encodage qui ont façonné la notion de visage. On verra ensuite comment le visage, comme lieu de la perception, peut être considéré comme l’expression de la subjectivité (Sartre) et quelles sont les conséquences d’une telle liaison. On abordera enfin la question de l’universalité de l’équation « visage = sujet » : que devient le visage dans les sociétés non-occidentales ? Comment distinguer visage et masque (Lévi-Strauss) ?
Ce séminaire propose donc d’ouvrir trois perspectives – historique, phénoménologique et anthropologique – pour tenter de répondre à la question : comment et pourquoi le visage en est-il venu à constituer une expression fondamentale de la subjectivité ?
Détails9h30-15h30
Grande salle, Maison Heinrich Heine, Fondation de l'Allemagne, 27 C bd Jourdan, 75014 Paris
Sam 10 nov, Sam 8 déc, Sam 12 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé avec le soutien de la Maison Heinrich Heine.
Voilà le motif et le mobile de la littérature. Faire passer l’air de l’écriture, la rumeur, la rumination, dans la chambre où couve l’assassinat – afin de le sauvegarder.
Veiller à établir le rythme de la double souffrance. Comme Kafka, comme Proust, comme Derrida, se demander : qu'ai-je de commun avec telle race maudite, avec les juifs comme avec les femmes, comme Dostoïevski avec les petits enfants comme avec les bannis et bagnards. Se garder comme, se garder de dire, garder le secret, jusqu'à une certaine heure.
On le sait – le sait-on ? – écrire c’est sans l’avoir voulu oser dire qu’on a tué sa mère, sans l’avoir voulu. C’est elle qui a commencé, songe le poète. Ne nous a-t-elle pas abandonné ? N’a-t-elle pas, l’adorée, éveillé en nous « Les Sentiments Filiaux » qui nous injectent dans le cœur le poison-poème ? Le poète, s’il s’appelle Proust comme Rousseau ou Dostoïevski comme Genet, cherche sans fin « une arme qui tuerait le jeune homme parfait qui m’habite et m’oblige à donner asile à tout un peuple animal ».
Dans la chambre fracassée, où s’attarde en soupirant la Voix de maman, la Vie, nous rappelle Proust, oui, la vie, apporte au garçon son présent : fusil, revolver et plume.
On se rappellera donc :
Kafka : Journal ; Le Verdict
Dostoïevski : Les Possédés
Derrida : Circonfession ; Abraham, l'autre (dans Judéités) ; États d’âme de la psychanalyse
Genet : Le Captif Amoureux
Proust : Jean Santeuil ; La Recherche du temps perdu
Cixous : Revirements ; Simples
Détails
Détails18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 10 oct, Mer 24 oct, Mer 14 nov : Salle JA05 Germaine Tillion
Mer 28 nov : Salle JA01 Maurice Allais
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Nous pensons souvent que l’hystérie a disparu ou qu’elle était seulement la grande maladie de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle. Néanmoins, l’hystérie existait bien avant Charcot et Freud, et après eux. Elle est toujours d'actualité. D'autant plus que nous utilisons le mot d’hystérie avec des termes différents. Nous parlons des hystéries maladives, folles, enfantines, amoureuses, religieuses, politiques… De quoi s’agit-il quand nous parlons des « hystéries » ?
Ce séminaire explorera les vastes territoires de l’hystérie, selon quatre étapes. Premièrement, nous examinerons de près l’histoire de l’hystérie comme maladie physique ou héréditaire (selon Hippocrate, Galien, Sydenham, Charcot et le jeune Freud, lus à travers les textes de Foucault ou Didi-Huberman). Deuxièmement, nous en viendrons à l’hystérie comme maladie psychique, telle que la décrivent les psychanalyses freudienne et lacanienne, en nous appuyant sur les exégèses de leurs interprètes philosophes ou psychologues (Kofman, Derrida, Cixous, Deleuze).
Troisièmement, nous envisagerons les formes de la représentation de l’hystérie dans les domaines de l’art, en cherchant les traces des possédées et « démoniaques » dans la peinture classique et moderne (sur les tableaux hystérisés de Francis Bacon) et dans la musique atonique et contemporaine (Strauss, Schönberg, Berg et György Kurtág).
Finalement nous examinerons les symptômes de l’hystérie dans la littérature (en lisant les œuvres de Duras et Joyce ainsi que leurs critiques lacaniennes) et sur les plateaux de la cruauté imaginaire ou réelle (Artaud, Beckett). En somme, dans ce séminaire nous avons pour but de représenter les « autres scènes » des théâtres analytiques et hystériques.
Détails18h30-20h30
Mar 2 oct : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 27 nov, Mar 18 déc : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
La Poétique occupe une place à part dans l’histoire de la réception des œuvres d’Aristote : en raison du caractère littéraire et artistique des thématiques abordées, la fortune de ce livre ne s’est pas seulement limitée à des questions d’exégèse, mais a toujours suscité de nouvelles interprétations dans la mise en pratique des préceptes esthétiques énoncés par Aristote. De ce point de vue, une particularité non négligeable de la postérité de cet ouvrage réside dans le fait que, parmi les auteurs qui ont contribué à alimenter cette tradition, certains n’étaient pas de purs théoriciens qui prescrivaient des règles, mais des créateurs qui défendaient leur art. Ce séminaire se propose donc d’examiner comment la Poétique fut réutilisée, voire remaniée, en fonction de l’art auquel elle a été appliquée.
Par ses différents objets, la Poétique est un livre pluriel. Principalement consacré au théâtre et, pour ce qui est de la partie qui nous est parvenue, à la tragédie, il ne se contente pas uniquement de théoriser l’art dramatique. En effet, les considérations sur la lexis intéressent la poésie en général (dans son traitement de la métaphore par exemple), tandis que d’autres passages se concentrent exclusivement sur la poésie épique. D'autre part, un chapitre entièrement consacré à la comparaison entre la tragédie et l’épopée rassemble des éléments dignes d’un véritable traité des genres littéraires. Enfin, les réflexions sur le plaisir du spectateur confèrent à ce texte une dimension esthétique et font de ce livre la première œuvre où s’élabore une théorie du jugement de goût. De cette diversité des thèmes abordés résulte une grande disparité dans la manière dont la tradition de la Poétique s’est développée au fil des siècles. L’orientation du séminaire prendra en compte différentes approches en confrontant plusieurs disciplines (histoire de la philosophie, critique littéraire, histoire de l’art, histoire littéraire, traduction).
Intervenants :
- Mardi 2 octobre : André Laidli (Université Jean Moulin/Lyon III) :Vers une esthétique de l'exténuation. L'impression de suspension narrative dans le roman moderne et le cinéma.
- Mardi 27 novembre : William Marx (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : L’énigme de la catharsis tragique
- Mardi 18 décembre : Colette Nativel (Université Panthéon-Sorbonne) : Rhétorique, « picturique », poétique ? Junius (1591-1677) et Aristote
Détails11h-13h
Salle Beckett, École Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Lun 10 déc, Lun 14 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé dans le cadre du Centre international de recherches en philosophie, lettres et savoirs de l’École Normale Supérieure (CAPHÉS/USR 3308-CIRPHLES, CNRS-ENS).
Sous l’intitulé « Philosophie et sciences humaines », le pari que nous tenons depuis quelques années à l'ENS est d’interroger, dans la postérité d’Althusser et de Foucault, les relations qui, pour autant qu’elles restent étroites, sont toujours marquées d’une forte ambiguïté entre la philosophie et les sciences humaines. En déployant chaque année une problématique différente, nous avons questionné, d’abord sous l’angle historique et épistémologique, les conflits qui ont accompagné la naissance et le développement des sciences humaines au tournant du XIXe et du XXe siècles, puis les tensions disciplinaires à partir d’une interrogation portant sur les « frontières ».
Une question traversait les interrogations que nous avions menées jusqu’ici, celle de l’écriture : l’écriture, envisagée sous l’angle de ses pratiques plurielles a donc été le fil conducteur des deux dernières années. Quel est le rôle de l’écriture dans la construction d’un savoir et d’une discipline scientifique dans le champ des sciences humaines ? Comment aborder la question de l’auteur en tant qu’acteur de cette écriture ? Quelle est la dimension réflexive induite par toute activité d’écriture et en particulier par toute recherche en sciences humaines et sociales ? Même si la philosophie n’entretient pas avec l’écriture un rapport simple et immédiat, puisqu’elle est à la fois instrument et obstacle, l’écriture est cependant ce à quoi la philosophie toujours recourt et en même temps s’affronte.
La thématique de cette année, Pratiques discursives en sciences humaines, questionnera les formes de discours (conférences, communications, entretiens, leçons, etc.) en usage dans les sciences humaines, en fonction des publics concernés, et l’on mesurera les possibles voisinages ou l’écart à l’égard du discours de la philosophie.
- Lundi 14 janvier : Frédéric Fruteau de Laclos (Maître de donférences à l'Université Paris I) : Des pratiques et des oeuvres
Renseignements auprès de M. Delbraccio : 06 87 57 81 39,
mireille.delbraccio@ens.fr ou http://cirphles.ens.fr/caphes/
Détails18h30-20h30
Jeu 4 oct, Jeu 18 oct : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 8 nov : Université Paris Diderot-Paris 7, Campus Les Grands Moulins, 5 rue Thomas Mann, Bât. C, 75013 Paris.
Jeu 22 nov : Salle Julien Gracq, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 13 déc : Salle Julien Gracq, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 10 jan, Jeu 24 jan : Salle G002, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé avec le soutien de l'Institut des Humanités de Paris-Diderot.
L’Antiquité aussi bien grecque que romaine a longtemps servi d’origine à notre civilisation occidentale. Ses défenseurs comme ses détracteurs avaient placé l’Antiquité au centre de l’identité européenne à laquelle elle apportait modèles et normes. La révolution anthropologique a changé cette situation. Un nouveau rapport à l’Antiquité a fait irruption vers les années soixante, à l’initiative de Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet qui ont excentré l’Antiquité en situant les cultures anciennes parmi les cultures exotiques, celles des ethnologues et des anthropologues. Ils ont rompu le fil de l’évolution menant de l’Antiquité à l’Europe – et en particulier la France – moderne et contemporaine, l’une n’étant intelligible que par l’autre et réciproquement.
Les sociétés anciennes ne sont pas pour autant devenues des ailleurs comme les autres. Les prétendues racines gréco-romaines de la civilisation européenne bien que sans fondement historique, sont omniprésentes dans l’imaginaire contemporain. Une fois critiquée par l’anthropologie et excentrée, l’Antiquité permet de travailler de l’intérieur la civilisation occidentale, pour en fissurer la prétendue unité. Faire l’anthropologie de Rome et de la Grèce n’est plus seulement faire « l’inventaire des différences ». Si les Grecs et les Romains sont « nous », ils sont aussi « autres » et nous héritons de leur altérité. Ils sont une altérité incluse.
De nombreux chercheurs ont illustré cette démarche dans les différents domaines du théâtre, de l’image, de la philosophie, du gender, de la poésie, des pratiques de savoirs.
Après une première séance destinée à dessiner la problématique générale du séminaire quelques-uns d’entre eux seront invités à présenter, chacun dans son domaine particulier, les deux mouvements de leur démarche : la déconstruction de l’illusion généalogique puis l’introduction d’une pensée différente dans les débats contemporains.
Intervenants :
- Jeudi 4 octobre : Florence Dupont (professeur émérite à l'Université Paris Diderot-Paris 7, ancienne directrice de programme au CIPh) : La problématique de l’écart. Un exemple : ce que Rome fait à l’identité nationale
- Jeudi 18 octobre : Pierre Vesperini (École Française de Rome et ANHIMA) : La philosophia et les dieux dans le monde hellénique. Pourquoi ce que nous entendons par « philosophie » est une invention moderne
- Jeudi 8 novembre : Pierre Katuszewski (Université Bordeaux III) : Scènes antiques face aux scènes contemporaines : retour au jeu
- Jeudi 22 novembre : Sandra Boehringer (Université de Strasbourg et ANHIMA) : Le sexe sans vérité : regard antique sur l'érotisme et les identités occidentales
- Jeudi 13 décembre : William Marx (Université Paris 10-Nanterre) : Ce que la tragédie grecque fait à la littérature
- Jeudi 10 janvier : Christian Jacob (CNRS, EHESS, ANHIMA) : Les lettrés grecs sont-ils postmodernes ?
- Jeudi 24 janvier : Marie-José Mondzain (CNRS) : Eikôn et image : une zone à l’écart
Détails18h30-20h30
Jeu 6 déc, Jeu 13 déc, Jeu 20 déc : Salle 2, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeu 10 jan : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 17 jan, Jeu 24 jan : Salle 2, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Pour des raisons de sécurité, l'accès à l'immeuble où est hébergé le CPEC est dorénavant fermé par une porte à digicode.
Un vacataire du CIPh vous ouvrira la porte de 18h20 à 18h30, puis toutes les 5 minutes jusqu'à 19h.
Séminaire organisé dans le cadre des activités du CIPh-CIRTEP ; en collaboration avec l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPhiL), EA4187, Université Jean Moulin Lyon-3 ; et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
Peut-on considérer Montaigne comme le premier philosophe moderne de l’ordinaire ? En effet, au seuil des Essais, le lecteur s’aperçoit immédiatement du caractère inédit du livre et de son sujet, le moi de Montaigne, représenté dans sa « façon naturelle et ordinaire ». À l’encontre d’une philosophie devenue pédante et sophistiquée, la tâche de la réflexion montaignienne est de ramener chaque lecteur à lui-même et de lui apprendre à faire « usage de la vie ordinaire ». Il s’agira d’étudier dans quelle mesure cet engagement théorico-pratique dans l’ordinaire a été repris et réactivé au XIXe siècle, chez des penseurs américains tels que Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau, jusqu’au philosophe contemporain Stanley Cavell. Cet examen se fera selon trois axes principaux. Le premier interrogera le lien intime que l’ordinaire entretient avec l’expérience sceptique. Par son épistémologie ouverte et plurielle, le scepticisme redécouvre la profonde signification philosophique du bas et du commun, favorisant un regain d’intérêt pour des sujets que l’on n’associe pas d’habitude avec la prose philosophique. Le deuxième axe se penchera sur la question de l’éducation en tant que processus permanent de formation de soi. Les Essais de Montaigne sont les textes fondateurs d’une nouvelle voie de l’éducation, qui établit un rapport créatif et vital avec la complexité de la tradition, au profit de la construction et de l’expression d’une exemplarité autobiographique ordinaire. Le dernier axe sera consacré aux enjeux moraux de la philosophie de l’ordinaire, et à l’espace précaire qui relie l’individuel au social et au politique.
De Montaigne à Cavell, en passant par Emerson et Thoreau, c’est toute une généalogie de l’ordinaire qui se dessine dans la longue durée, entre l’Europe renaissante et l’Amérique contemporaine. Elle soulèvera, finalement, de multiples interrogations sur l’actualité de la notion d’ordinaire, nous permettant d’en évaluer la pertinence à l’époque de la culture globale.
Intervenants :
- Jeudis 6 décembre, 13 décembre et 20 décembre : Emiliano Ferrari (Université Lyon-3, IRPhiL)
- Jeudi 10 janvier : Thierry Gontier (Université Lyon-3, IUF, ancien directeur de programme au CIPh) : Montaigne et Emerson : de l’estime de soi à la confiance en soi ; Sandra Laugier (Université Paris 1) : Emerson, Cavell et la politique de l'ordinaire
- Jeudi 17 janvier : Paul Mathias (Inspecteur général de philosophie, ancien directeur de programme au CIPh) : Montaigne, un philosophe hypersceptique ? ; Élise Domenach (ENS, Lyon) : L'ordinaire sceptique de Stanley Cavell
- Jeudi 24 janvier : Christian Cavaillé (ancien professeur au Lycée Henri IV) : L'ordinaire et le primaire – Montaigne et Wittgenstein
Thomas Constantinesco (Université Paris 7 - Diderot) : Emerson, ou l'individualisme en commun
Détails18h30-20h30
Ven 19 oct : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 26 oct, Ven 16 nov, Ven 23 nov, Ven 7 déc : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 21 déc : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé en collaboration avec les Éditions Dehors.
La modernité européenne a propagé l'idée selon laquelle l'homme aurait pour tâche de gouverner le monde, faisant dépendre la multiplicité des formes de vie de ses propres conditions d'existence. Tous les êtres et espaces qui jusqu'alors échappaient à l'exercice de sa législation – qui dans le droit romain étaient identifiés au monde commun de la « nature » –, se sont petit à petit trouvés intégrés en elle, à travers un processus d'unification s'actualisant en globalisation. Or ce geste d'appropriation sans limites de la nature par l'homme met en péril le lieu de vie commun à partir duquel peut prendre forme une multiplicité de devenirs-monde.
Il s'agira donc de repenser le commun comme condition de possibilité du collectif, en allant chercher ce qui précède l'humain, le déborde et l'appelle à sortir de lui-même : du dehors. Le dehors renvoie à cette part d'inhumain où l'homme cesse de s'appréhender depuis sa conscience et son vouloir pour laisser quelque chose d'autre émerger à la surface, se frayer un passage, dans la fêlure. Alors devient sensible ce réseau qui se trame entre et à travers les corps, ce tissage qui n'appartient pas seulement à l'humain, mais qui, dans le moment de son apparition, signe la rencontre de singularités autour d'un là, d'un lieu habité. Ce réseau imperceptible ouvre des devenirs collectifs qui croisent humains et non humains. Il dessine les contours d'un commun irréductible à un ensemble de choses mises en partage, puisqu'il prend forme dans le « commerce » qui se déploie entre la multiplicité des êtres et leur monde ambiant.
Les enjeux soulevés par l'écologie et sa critique de l'anthropocentrisme, ou ceux de l'anthropologie dans sa confrontation à des formations collectives extra-occidentales, ainsi que les réflexions issues des expériences collectives de la psychothérapie institutionnelle (Saint Alban, La Borde) ou celles menées par Fernand Deligny, seront ici articulés aux travaux de philosophes contemporains qui, de Blanchot à Nancy en passant par Bataille, ont pensé la communauté dans l'horizon d'une « pensée du dehors » (Foucault).
Détails18h30-20h30
Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 25 oct, Jeu 15 nov, Jeu 29 nov, Jeu 13 déc, Jeu 10 jan
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé en collaboration avec le G.E.M.R., la Société Diderot (Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie), la Société française d'études du XVIIIe siècle (revue XVIIIe siècle).
Mal connu, dom Deschamps n’est pas un inconnu dans son propre pays depuis que l’édition française s’est inspirée de l’exemple russe du début du XXe siècle, puis, plus récemment, des exégètes italiens. Nous savons aujourd’hui ce que nous devons, depuis quelque vingt ans, entre autres mais surtout à Jacques d’Hondt, Bernard Delhaume et André Robinet pour accéder à l’œuvre du « plus grand métaphysicien du XVIIIe siècle », selon le mot de ce dernier.
Dans une situation inconfortable entre Spinoza et Hegel quant à sa conception du Tout, opposé à Rousseau en ce qui concerne la signification et la fonction du recours à « l’état sauvage », son jugement sur le débat entre Maupertuis et Diderot à propos de la génération des vivants et de l’unité d’un organisme, le conduit à ranger ses contemporains parmi les « demi-lumières » et à exiger le passage du « demi-jour » au « grand jour ». Obéissant au travail du négatif, sa dialectique originale de tout, le Tout et Tout, s’effectue du point de vue d’une ontologie matérialiste. L’échec de l’effort de dom Deschamps pour convaincre ses contemporains, philosophes des Lumières et encyclopédistes, prend sa source dans la violente critique qu’il leur inflige : leur matérialisme n’est pas plus conséquent que leur philosophie naturelle car ils n’ont pas su reconnaître que la pensée et la matière n’étaient que des parties de l’Existence résorbées dans la considération de leur différence, du Tout et de Tout, en qui n’existe que le Rien.
Au plan politique fondé dans cette métaphysique de Tout, le Vrai Système du « riénisme » entend conduire à l’état de mœurs, débarrassé de l’inégalité de l’état de lois, paradis de l’athéisme éclairé où Tout s’incarne dans le communisme vécu. Dans les Observations morales, la description détaillée du paradis du dénuement « dans ce monde-ci » fait songer aux archétypes traditionnels des utopies, non sans hésitation. Associant son discours plutôt aux hommes cultivés qu’à un projet révolutionnaire adressé au peuple, dom Deschamps se tient à la charnière ambiguë entre utopie et histoire : « Ce livre donné une fois et ayant eu son effet ne serait bon, comme tous les autres, qu’à quelque usage physique, comme à chauffer nos fours ».
Intervenants :
- Jeudi 25 octobre : Éric Puisais (chercheur associé à la Chaire Unesco d'étude des fondements de la Justice et de la Société démocratique, Montréal) : Phénoménologie de la réception deschampsienne
- Jeudi 15 novembre : Jean-Claude Bourdin (professeur honoraire à l'Université de Poitiers) : Métaphysique et révolution chez dom Deschamps
- Jeudi 29 novembre : En l'absence de Paolo Quintili, retenu à Rome, la première partie de la séance sera consacrée à la lecture commentée du texte de son intervention. Annie Ibrahim (professeure honoraire en première supérieure, ancienne directrice de programme au CIPh et membre du G.E.M.R.) consacrera la seconde partie de la séance à une réflexion sur le débat Maupertuis/ Diderot/ dom Deschamps autour du problème du Tout, textes à l'appui.
- Jeudi 13 décembre : Olivier Bloch (professeur émérite Université Paris 1) : Dom Deschamps et le matérialisme
- Jeudi 10 janvier : Annie Ibrahim : Dom Deschamps, l'absolue désappropriation. Conclusions.
Détails18h30-20h30
Mer 5 déc, Mer 12 déc, Mer 19 déc : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 9 jan : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 16 jan : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 23 jan : Salle des Médailles, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Vers 1700, au début du siècle des Lumières, la terre était peuplée de 600 à 669 millions d’âmes ; le 31 octobre 2011, la population mondiale est estimée à 7 milliards d’êtres humains. Ces nombres, ces très grands nombres sont connus et généralement assortis de considérations sur les menaces que cette croissance démographique fait peser sur les conditions de vie et même, plus radicalement, sur les possibilités de survie des habitants du globe. Toutefois il ne s’agit pas simplement d’une question quantitative, de la multiplication indéfinie des exemplaires d’un même genre, du foisonnement irrépressible de l’identique mais d’une mutation qualitative qui appelle une nouvelle pensée de l’être pour s’ouvrir à un autre monde. Il y a eu cosmos, il y a eu res extensa, « vient à présent mundus corpus, le monde comme peuplement proliférant des lieux (du) corps », le lieu d’« une prodigieuse presse des corps » (J.-L. Nancy, Corpus). Il faut entendre par « presse » à la fois la hâte sans repos de la dis-location permanente et la « presse » du contact, de la contagion, du corps à corps. Ces milliards de corps nous sont livrés exposés par des milliards d’images.
Ces corps n’occupent pas l’espace, ils donnent lieu à l’existence ; les corps sont l’acte d’exister, l’acte même de l’ex-istence, l’être. D’où la nécessité d’une nouvelle ontologie : « L’ontologie n’est pas encore pensée, en tant que fondamentalement elle est ontologie du corps = du lieu d’existence ou de l’existence locale » (Corpus). Pour esquisser une autre pensée du corps ou la pensée d’un autre corps qui n’est ni substance, ni phénomène, ni chair, ni signification mais ouverture, espacement, effraction, il nous appartiendra d’essayer de le dégager de la réticulation philosophique et théologique dans laquelle il est « saisi » : « corps », « chair », « âme », « esprit ».
Pourrait-on parler du grain de l’existence comme on parle du grain d’une peau ?
Intervenants :
- Mercredi 5 décembre : Pierre-Philippe Jandin (professeur de philosophie) : Une ontologie des corps – une ontologie locale
- Mercredi 12 décembre : Jérôme Lèbre (professeur de philosophie en CPGE, membre du Collège des études juives et de philosophie contemporaine à l'Université Paris 4, membre du comité scientifique de la revue européenne « Phasis ») : Variations sur le peuplement (populations, peuples)
- Mercredi 19 décembre : Emmanuel Falque (professeur de philosophie et doyen de la Faculté de Philosophie de l'Institut Catholique de Paris) : Corpus et épaisseur du corps
- Mercredi 9 janvier : Fernanda Bernardo (professeur de philosophie à l'Université de Coimbra, Portugal) : Expeausition's (La peau du cœur chez Jean-Luc Nancy) (titre provisoire) ; Ginette Michaud (sous réserve) (professeur à l'Université de Montréal, Canada) : Corps de peinture
- Mercredi 16 janvier : Sylvain Santi (maître-assistant à l'Université de Savoie) : La langue fait corps : sciatique et rhétorique
- Mercredi 23 janvier : Jean-Luc Nancy (professeur de philosophie émérite à l'Université de Strasbourg) : Le corps érotique
Détails19h-21h
Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 18 oct, Jeu 25 oct : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03)
Jeu 15 nov : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02)
Jeu 22 nov : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03)
Jeu 6 déc, Jeu 13 déc, : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02)
Jeu 10 jan (séance annulée)
Jeu 17 jan (séance annulée et exceptionnellement reportée au 29 janvier salle PrM-1.03)
Le Séminaire de Sainte-Anne de Jean Oury poursuit au plus près le projet d’une psychothérapie institutionnelle.
Ce qui a été engagé en 2011-2012 demande à être continué dans la présentation des concepts majeurs de la psychothérapie institutionnelle. Nous nous attacherons à l’aspect progressif et cependant empreint d’une grande permanence dans la méditation d’Oury : progression diachronique des grandes catégories de son discours, indissociable de leur liaison complexe dans la synchronicité des praxis.
Néanmoins, notre approche n’est pas clinique, même si la praxis psychiatrique en informe la matière, mais étudie la parole et le discours d’Oury, selon le programme d’une analyse praxique du discours, liaison permanente de l’émergence des concepts avec l’immanence de leur valeur dans les praxis, où se décident, inséparables, le sens, l’éthique et la pertinence de la psychothérapie institutionnelle. Nous donnerons leur importance à la dimension historique du champ médico-social et médico-éducatif, et à la dimension épistémologique d’histoire des idées, en particulier à propos de la lecture singulière de Lacan. La place d’Oury dans la réception de Lacan, demande à être réévaluée, tant par sa singularité que par le modèle qu’elle a constitué, toujours plus, pour des générations de praticiens et de théoriciens.
L’objet du discours d’Oury, son régime praxique et sa profonde homologie de structure et de logique avec la folie : tels seront les angles par lesquels nous tenterons d’approcher cette pensée et la façon dont elle se donne, s’improvise, se transmet et, à travers elle-même, transmet le savoir d’un champ de la clinique et de l’éthique à l’âge contemporain. C’est au tissage de cette pensée et de sa parole que nous tenterons d’être fidèles : comment Oury propose une praxis théorique singulière ?
En se déplaçant cette année vers la période 1985-1990, on étudiera la logique vague (Peirce) qui conduit à forger des concepts non par une approche systématique et préprogrammée, mais par une rigoureuse logique abductive (M. Balat) qui caractérise la démarche éthique et théorique d’Oury.
Détails18h30-20h30
Salle 4, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 1 oct, Lun 8 oct, Lun 15 oct, Lun 22 oct, Lun 12 nov, Lun 19 nov, (Lun 26 nov, Lun 3 déc séances annulées)
Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
À étudier des œuvres, c’est-à-dire à les lire comme pour en faire dans un tout premier temps une simple exégèse sur le modèle de l’explication de texte, le philosophe Gérard Bucher parvient à dégager une scène archétypale de la naissance du langage, d’où expliquer les fonctionnements principaux du langage articulé. « Archéologie de la figure de style » esquisse une manière de pendant au Testament poétique (Paris, Belin, 1994), non plus du point de vue de la phylogénie, mais dans la perspective de l’ontogénie. L’apprentissage du langage chez le jeune enfant, durant la période dite préverbale, s’articule autour d’au moins plusieurs expériences que reprend, par figures de style, le texte poétique. Plusieurs scènes se déploient : celle d’une mer des signifiants ; cette autre, d’une répétition semble-t-il insistante, incessante et inaugurale ; cette autre encore, de l’injonction d’une organisation à atteindre et reconnaître ; celle aussi d’un suspens, jusqu’à l’ellipse comme témoignage des grandes, très grandes même souplesse et mobilité de la matière langagière... L’enjeu de ces divers mouvements et épisodes se situe en relation : lors de l’apprentissage langagier, se creuse l’humain en ce qu’individuel et collectif se rejoignent et s’articulent, tout comme écriture et politique ou encore pulsion et loi. « Archéologie de la figure de style » s’empare de la question de l’apprentissage du langage telle que présente dans la poésie de tradition anglo-américaine, par l’intermédiaire des tropes, pour mieux dire le relationnel que tout mot porte en lui, plus spécifiquement à partir de lectures suivies du dernier opus de George Oppen, Primitive (1978), de l’ouvrage Baby (2005) de Carla Harryman, du Goest (2004) de Cole Swensen et de To Tell the Lamp (2004) de Lisa Lubasch.
Intervenants :
- Lundi 1er octobre : Gérard Bucher (professeur émérite Buffalo, NY)
- Lundi 15 octobre : Yves Di Manno (traducteur, poète)
- Lundi 19 novembre : Cole Swensen (Brown University, Providence, RI), Nicolas Pesquès (traducteur) et Maïtreyi Pesquès (traductrice)
- Lundi 3 décembre : Michel Deguy (poéticien, poète)
Détails18h30-20h30
Ven 5 oct : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 19 oct : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 16 nov : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 11 jan : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 25 jan : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
À l’articulation de l’histoire, de la sociologie et de la philosophie des sciences un ensemble de concepts ont, depuis les années 1960, cherché des cadres d’intelligibilité pour penser les savoirs, leur organisation, leurs césures et leurs liens. Découper le monde, dégager des zones de cohérence, des espaces pratiques convergents, des corpus discursifs voisins, voilà l’efficace intellectuelle recherchée. Les Science and Technology Studies ont, pendant une trentaine d’années, prôné le refus de ces cadres d’intellection. Le positivisme résiduel s’est lui réfugié dans une épistémologie détachée des formes matérielles de production des savoirs. Un espace intermédiaire reste à explorer, celui des théories de moyenne portée qui articulent objets de connaissance et moyens mis en œuvre pour les atteindre. Le séminaire propose d’examiner à nouveaux frais quelques-uns de ces concepts clés qui ont travaillé l’histoire des sciences : l’épistémè foucaldienne, le paradigme kuhnien, le champ de Pierre Bourdieu les styles de Fleck, Crombie et Hacking, et les régimes cognitifs de Shinn et Pestre font émerger un sol épistémique. Il est possible de penser les savoirs dans leurs modalités d’expression sociale, la quête d’une organisation des connaissances, de leurs productions et de leurs reproductions n’est pas vaine Deux impératifs guident notre travail. Il s’agit d’une part de réexaminer la portée de ces concepts, leurs usages, leur solidité intrinsèque, leur plasticité, leur capacité à circuler bien au-delà de leur lieu d’énonciation. D’autre part, nous examinerons précisément les conditions de leur émergence, les concepts voisins (ou distants), les débats environnants, les mouvements de fond dans lesquels ils ont été pris. En croisant ces deux points de vue, l’efficace et la genèse, nous élaborerons un réseau de questions sur cette politique épistémologique qui consiste à discerner l’ordre des savoirs, leur distribution et leur cohérence générale.
Intervenants :
- Vendredi 5 octobre : Jérôme Lamy (Université Toulouse II, LISST) : Epistémè
- Vendredi 19 octobre : Thomas Béraud (Université Paris 4, GEMASS) : Styles de pensée
- Vendredi 16 novembre : Arnaud Saint-Martin (CNRS, Laboratoire Printemps) : Champ
- Vendredi 11 janvier : Morgan Jouvenet (CNRS, Laboratoire Printemps) : Régimes de sciences et régimes de savoirs
- Vendredi 25 janvier : Volny Fages (EHESS, Centre A. Koyré) : Paradigme
Détails18h30-20h30
Mer 5 déc : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 19 déc : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris (séance annulée)
Mer 9 jan : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 16 jan : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
L’analyse de l’articulation entre psychanalyse et théorie sociale nous a d’abord conduit à interroger tout ce qui fait obstacle à un apport de la psychanalyse « classique » à la perspective critique ouverte par la philosophie sociale et qui rend inévidente ou problématique une contribution de la théorie psychanalytique à la théorie sociale. Nous nous sommes tournés ensuite vers les usages positifs de la psychanalyse dans le champ des sciences humaines et sociales. Comment la psychanalyse a-t-elle été mobilisée de façon fructueuse sans que cette mobilisation se soit opérée au prix d’un affadissement complet de la doctrine ?
Nous proposons cette année d’aborder les usages significatifs croissants de la psychanalyse par la théorie politique contemporaine (en particulier chez Balibar, Butler, Laclau et Zizek). Cette nouvelle direction prise par l’analyse exige d’abord de réfléchir à la façon dont la substitution de la théorie politique à la théorie sociale modifie l’interrogation générale concernant la psychanalyse. On verra que la référence psychanalytique n’opère pas de la même façon dans les deux champs. Néanmoins, la psychanalyse semble aussi un biais permettant à certains auteurs de formuler leur théorie du rapport entre social et politique, et la mobilisation de la théorie psychanalytique induit de nouvelles pensées de la communauté politique. La discussion permettra de revenir sur l’idée trop souvent admise que la psychanalyse freudienne manquerait d’une vision critique du politique en raison précisément de la façon dont elle articule social et politique.
Cette discussion impose une analyse des usages des textes de Freud que sont Malaise dans la culture et Psychologie des masses et analyse du moi. Leur lecture conduit souvent les théoriciens du politique à mobiliser la référence psychanalytique pour l’élucidation des notions de masse et de peuple. On fera alors une large place aux références psychanalytiques dans la théorie politique d’Ernesto Laclau. L’étude de celle-ci permettra aussi d’introduire les apports et usages de la théorie lacanienne dans la théorie politique contemporaine.
Détails18h30-20h30
Mer 17 oct : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 14 nov, Mer 12 déc : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Professeur, Heidegger est donc pédagogue. Mais qu’enseigne-t-il ? Non pas la philosophie : il en déclare « la fin » – non pas à la fin de sa carrière, mais à son début, les « tâches entièrement nouvelles qui n’ont rien à voir avec la philosophie traditionnelle » devant lesquelles il estime se trouver le faisant prévenir d’emblée qu’« il ne faut même pas s’attendre à de la philosophie » avec lui. Non pas à philosopher – il en dénonce « le danger » – non pas le « bon et salutaire danger » du concurrent qui, parce qu’il poursuit la même fin que soi, marche sur la même voie, mais le « danger mauvais et trouble » de l’opposant qui, parce qu’il se dresse sur la route, déroute forcément. Non : ce que Heidegger donne à apprendre, c’est à penser, en sorte que ce qu’il donne à penser, c’est la pensée, dans sa différence d’avec la philosophie. Professeur de philosophie, Heidegger est donc professeur, non philosophe.
Certes, lui-même l’écrit à Karl Löwith : « je ne suis pas un philosophe », et Jean Beaufret le dit de lui : « Heidegger n’est déjà plus un philosophe ». Mais de ce ne pas à ce ne plus se fait un pas en retrait, suggérant qu’il est bien malaisé de risquer celui qui mène, autrement dit ramène de la philosophie à la pensée. Dès lors, toute la question est là : ce que c’est que la pensée, Heidegger l’apprend-il et le fait-il apprendre autrement qu’en philosophant ? Car Heidegger philosophe. On le sait d’autant mieux que lui-même précise ce qu’il faut pour y parvenir, à savoir non pas « constater » et « décrire les opinions des philosophes », mais « débattre avec eux de ce qu’ils disent, c’est-à-dire de ce à partir de quoi ils parlent ». Or, à ne point cesser de le faire, échappe-t-il réellement à « l’illusion » qu’il dissipe, celle qui consiste à croire « que nous pensons, puisque, après tout, sans relâche, nous philosophons » ? Levons justement ce soupçon en nous attachant au philosopher de Heidegger, résumé par ce philosophème qui est aussi un plaidoyer : « moins de philosophie et plus d’attention à la pensée ».
Intervenants :
- Mercredi 17 octobre : Christophe Perrin (Université catholique de Louvain) : De quoi Heidegger est-il le penseur ?
- Mercredi 14 novembre : Christopher Sauder (Université Paris-Sorbonne) : Beiträge zur Philosophie, § 39 : Heidegger est-il un penseur systématique ?
- Mercredi 12 décembre : Susanna Lindberg (University of Tampere) : Penser avec Hegel. Le cas du cours de Heidegger sur la Philosophie du droit de Hegel en 1933/1934
Détails18h30-20h30
Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 15 nov, Jeu 6 déc, Jeu 17 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Le Wittgenstein de la maturité accrédite un « point de vue pour ainsi dire anthropologique » dont le développement permet de mettre en évidence les fondements « non psychologiques » de la psychologie et de récuser la possibilité même d'une naturalisation de l'esprit.
L'atelier se propose de déterminer les configurations propres à l'anthropologie wittgensteinienne en analysant les outils conceptuels qu'elle met en œuvre : « jeu de langage », « histoire naturelle », « formes de vie », « image du monde (Weltbild) ».
Il s'efforcera également de faire apparaître ce qui en fait la singularité en la confrontant à celle de Peirce, et parcourant la disputatio très serrée que Wittgenstein engage avec Moore pour montrer qu'il faut interpréter tout autrement que Moore ne le fait lui-même le « paradoxe de Moore » (i.e. « il pleut et je ne le crois pas ») et les « propositions de Moore ».
Détails
Détails18h30-20h30
Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mar 2 oct, Mar 16 oct, Mar 23 oct (salle Génovéfains), Mar 13 nov, Mar 27 nov (salle Génovéfains), Mar 11 déc (salle Génovéfains), Mar 15 jan (salle Génovéfains), Mar 29 jan (salle Génovéfains)
Les cours civiles, pénales et même constitutionnelles motivent leurs arrêts par un raisonnement. La justice met donc en œuvre une logique.
On montrera dans un premier temps que celle-ci n’épuise pas le discours juridique. Elle ne peut rendre compte ni de la signification des termes employés par le droit, ni de son aspect décisionnel, ni de la nature de ses principes, ni de l’irréductible singularité des cas qui lui sont soumis. Ces marques de finitude dessinent la place d’un sujet : seul un sujet peut interpréter et décider, remonter d’une règle à un principe, ou aller d’une règle à un cas singulier.
On examinera dans un second temps les paradoxes qui naissent de la confrontation entre la loi et le cas. On partira pour cela d’une analyse de la distinction aristotélicienne entre légalité et équité. On rencontrera les figures extrêmes du gouverneur divin de Platon, sujet qui juge sans l’appui de la loi, et du calcul jurisprudentiel leibnizien, qui semble aboutir au contraire à un effacement complet du sujet qui juge. On essaiera de comprendre comment la tension entre la contrainte de la loi et la liberté du juge peut et doit être respectée.
Dans une troisième et dernière démarche, on essaiera de montrer à partir d’un schéma linguistique simple qu’il existe une différence de nature entre les lois et les principes fondamentaux du droit. Ces derniers ne sont pas une méta-législation qui permettrait de verrouiller par le haut une pyramide des normes, mais ils représentent le sujet que requiert, pour combler son défaut, la logique du droit. On examinera de ce point de vue certaines décisions du Conseil constitutionnel. Comme les principes permettent aux citoyens de juger les lois, on se demandera si cela doit mener à faire de la révolution une institution inscrite dans la constitution, comme le voulait Fichte, et on expliquera l’échec de cette tentative. On terminera par une interrogation sur le rapport entre la logique de la justice et l’historicité du droit.