CIPh : Séminaires

/ En cours ou à venir

/ AGOPIAN Annie, ODELLO Laura et PUJOL Stéphane

Écrans philosophiques
Philosophie, arts et littérature | 08 octobre, 15 octobre, 12 novembre, 02 décembre, 03 décembre
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Mer 8 oct : Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil, 20h30-23h30
Mer 15 oct : Cinéma L'Écran, 14 passage de l'Aqueduc, 93200 Saint-Denis, 20h-23h
Mer 12 nov : Cinéma Le Méliès, 20h30-23h30
Mar 2 déc : Cinéma Le Trianon, place Carnot, 93230 Romainville, 20h30-23h30
Mer 3 déc : Cinéma L'Écran, 20h-23h

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Cycle conçu et organisé avec la Maison populaire de Montreuil, les cinémas Le Méliès de Montreuil, l'Écran de Saint-Denis et Le Trianon de Romainville.

Initiés en 2002 au cinéma Le Méliès en partenariat avec la Maison populaire de Montreuil, les «  Écrans philosophiques  » — une série de rencontres entre philosophie et cinéma — se sont élargis, en 2014, à d’autres salles membres de l’association Cinémas  93  : des séances ont maintenant également lieu à L’Écran de Saint-Denis et au Trianon de Romainville. Le principe reste le même  : une carte blanche est donnée à un philosophe (directeur de programme ou invité) qui choisit un film et en propose, après la projection, une lecture suivie d’un débat.
L'entrée à la conférence qui suit est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Cinéma Le Méliès, Montreuil, Tél.  01  48  70  69  13 (www.montreuil.fr/culture/cinema/)
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 6  euros pour le plein tarif, 4  euros pour le tarif réduit (moins de 26 ans, allocataires des minima sociaux, demandeurs d’emploi, retraités, porteurs d’un handicap +  place gratuite pour un accompagnateur), 5  euros pour le tarif abonnés.

Cinéma L’Écran, Saint-Denis, Tél.  01  49  33  66  88 (www.lecranstdenis.org)
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 7  euros pour le plein tarif, 6 euros pour le tarif réduit (moins de 21 ans, étudiants, chômeurs, handicapés, familles nombreuses, plus de 60  ans), 4,50  euros pour le tarif abonnés
(et pour les moins de 12  ans).

Cinéma Le Trianon, Romainville, Tél.  01  83  74  56  00 (www.cinematrianon.fr)
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 6  euros pour le plein tarif, 4  euros pour le tarif réduit (moins de 26 ans, allocataires des minima sociaux, demandeurs d’emploi, retraités, porteurs d’un handicap +  place gratuite pour un accompagnateur, familles nombreuses et groupes de plus de 10  personnes sur réservation), 5  euros pour le tarif abonnés.

Programme des séances :

Mercredi 8 octobre, 20h30 (Le Méliès de Montreuil)
Le récit et son à côté
Film  : L’Avventura de Michelangelo Antonioni (Italie/France, 1960, 2h22)
Présenté par Marie Gil (CIPh).

« L’Avventura, présenté  par Antonioni à Cannes en 1960, est sifflé par un public qui ne peut retenir  son mécontentement. Qu’est-ce qui a ainsi choqué ces cinéphiles avertis  ?  Serait-ce  le fait que l’œuvre nous expose un mystère jamais résolu,  transgressant la loi fondamentale de l’unité et de la clôture du récit  ?  Anna disparaît sur une petite île rocheuse, lors d’une  croisière. Elle était jusque là l’héroïne de la fable, au centre de la relation triangulaire tissée  entre son amant Sandro, elle et sa meilleure amie Claudia. Après quelques  vaines  recherches de la police le lendemain, l’action subit une déviation  brusque et abandonne radicalement le problème de la disparition d’Anna, se recentrant sur la relation naissante entre  Sandro et Claudia. Nous n’étions  pas, semble-t-il, dans le bon récit. Lorsque l’on interroge Antonioni sur ce  qui est arrivé à Anna, il répond : "Je ne sais pas. Quelqu’un a  prétendu  qu’elle s’était suicidée, mais je ne crois pas." Cela ne  signifie pas du tout, comme on a pu le dire, qu’Antonioni ne se serait pas intéressé à la disparition d’Anna en tant que telle et  qu’il se serait  concentré sur l’effet de celle-ci sur les personnages. Au contraire  : ce  qui intéresse Antonioni, c’est la disparition en tant que telle, alors que  celle-ci (et c’est ce qui est frappant) n’a aucun impact sur les personnages.  Le film expose un décadrage généralisé et nous oblige à poser la question  : y a-t-il quelque chose à côté du récit  ? à côté du  sens  ?  »

Marie Gil

 

Mercredi 15 octobre, 20h (L’Écran de Saint-Denis)
Zombies, petite philosophie de l’effroi 
Film  : Chronique des morts vivants (Diary of the Dead) de George A.  Romero (USA, 2007, 1h32)
Présenté par Antoine de Baecque (professeur à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense).

«  Un mort qui revient à la vie et se relève, portant les marques de sa propre putréfaction, engendrant la terreur, la figure est aussi vieille que Lazare sortant de sa grotte funèbre de Béthanie en Judée. La filmographie des zombies est riche d'une quarantaine de titres, initiée par les frères Halperin (White Zombie, une production Universal de 1932), ponctuée de quelques chefs-d'œuvre –  dont un Tourneur magique, I Walked with a Zombie (Vaudou), en 1943  –, agrémentée de nombreuses séries B oubliables des années 1940 et 1950, puis relancée en 1968 par le manifeste esthétique et politique d'un jeune cinéaste de 28 ans, La Nuit des Morts-vivants tourné par George A.  Romero. La série se poursuit jusqu'à Diary of the Dead, en 2007. Romero bouleverse ainsi le cinéma d’horreur en réinventant la figure du zombie. La quincaillerie fantastique, l’esthétique du clair/obscur, les références caraïbes, sont abandonnées, au profit d’une œuvre d’intervention à la dimension politique affirmée. Il est donc temps de prendre la créature morte-vivante pour ce qu’elle est, depuis bientôt quarante ans  : la plus intéressante figure d’une Amérique mise à nue, "l’être buvard d’une nation obsédée par la question de l’Autre et la définition du mal" (Jean-Baptiste Thoret). Esthétiquement et politiquement, la métaphore est limpide, et l’Amérique se retrouve aux prises avec une forme de cannibalisation  : elle va être dévorée par ses adversaires, qui sont un peu elle-même, de plus en plus nombreux à défaut d’être vraiment intelligents.  »

Antoine de Baecque

 

Mercredi 12 novembre, 20h30 (Le Méliès de Montreuil)
Entre les images, l’argent
Film  : Pickpocket de Robert Bresson (France, 1959, 1h15)
Présenté par Peter Szendy (maître de conférences à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense).

«  "L’argent — écrivait Deleuze dans L’Image-temps — est l’envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l’endroit…". Tenter de saisir cet argent qui semble se glisser entre les images pour passer du film à son dehors et vice versa  : telle est la tâche impossible de Michel, le protagoniste du magistral Pickpocket de Bresson. Une  œuvre  qui, au-delà de son intrigue déclarée (et peut-être même au-delà du cinéma), nous parle dès lors de la condition des images à l’époque de leur circulation échangiste de masse.  »

Peter Szendy

 

Mardi 2 décembre, 20h30 (Le Trianon de Romainville)
Images éprouvées, mémoire fictionnée  : Tombeau cinématographique pour l’humanité
Film  : Sans Soleil de Chris Marker (France, 1983, 1h40)
Présenté par Vincent Jacques (maître assistant à  ENS  d’architecture de Versailles).

«  Sans Soleil est un film qui ne se résume pas. Entre le Japon et l’Afrique, Marker se promène dans l’espace et le temps, nous parle de l’amour et de la mort, de la "poignance des choses", des chats et des jeux vidéo… Au cours de cette déambulation dans les images rapportées de divers voyages, à diverses époques, d’images d’archives et d’images retravaillées électroniquement, Marker développe l’idée que l’éducation à ce qu’il y a d’humain en l’homme se fait dans les images éprouvées, fruits d’une rencontre de l’Autre. Ces images prennent consistance en une mémoire cinématographique, fiction en acte créant un Tombeau pour l’humanité. Offrir un "tombeau" cinématographique à l’humanité, tel serait en effet le sens du film poétique de Marker, reconnaissance des petites et grandes questions que se posent les humains à travers des images sensibles de leur joie, de leur peine et de leur doute par un auteur qui se sert de la fiction de la mémoire pour parler de ses contemporains. »

Vincent Jacques

 

Mercredi 3 décembre, 20h (L’Écran de Saint-Denis)
La transcendance  comme un jeu : éthique et romanesque dans Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer
Film  : Ma nuit chez Maud d'Éric Rohmer (France, 1969, 1h50)
Présenté par Sylvie Robic (maître de conférences à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense).

«  "J’ai soif de montrer la transcendance d’une façon détournée, comme un jeu" : ainsi Éric Rohmer résume-t-il, comme par mégarde et  sur le mode d’une confidence amusée, l’enjeu  de tout son cinéma. De  cette combinaison singulière de l’éthique et du romanesque, Ma nuit chez Maud, sorti en 1969,  propose sans doute l’illustration la plus évidente, même s’il faut  toujours,  chez Rohmer, se méfier des apparentes évidences. Dans ce  troisième volet de la série des "Contes moraux", la part de la  littérature est fondamentale, de même que l’influence de la culture  classique du cinéaste. Le film, tourné à Clermont-Ferrand dans l’hiver  68, est le fruit de multiples écritures  : une nouvelle, Rue Monge, écrite en 1944, transformée en un scénario très littéraire en 1968 (publié avec  les autres  "Contes moraux" en 1974), lui-même modifié par le tournage et édité comme tel par l’Avant-scène Cinéma en 1969. Il est aussi considérablement influencé par la figure de Blaise Pascal et  par L’Entretien sur Pascal réalisé  par Rohmer en 1965 pour la Télévision scolaire, le film pédagogique  servant ici de laboratoire expérimental à la fiction à venir. Ma Nuit chez Maud est un  exemple magnifique de ces courbes voies, plus ou moins clandestines  et souterraines, par  lesquelles, mine de rien, le cinéma délibérément impur d’Éric Rohmer, détourne, retourne le principe même de la  littérature  : en mettant en scène avec la distance d’un moraliste, en un  étrange mélange d’empathie et d’ironie, des personnages "romanesques", c’est-à-dire emportés par leur désir de fabulation, enivrés par la  parole fabulatrice, et presque  inéluctablement soumis à l’épreuve  des désillusions.  »

Sylvie Robic

 


/ ALFANDARY Isabelle et GIL Marie

Lire la lettre, lire à la lettre
Philosophie, arts et littérature | 01 octobre, 15 octobre, 05 novembre, 19 novembre, 03 décembre, 17 décembre, 07 janvier, 21 janvier
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18h30-20h30
Mer 1 oct, Mer 15 oct : Salle D001, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 5 nov, Mer 19 nov, Mer 3 déc : Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 17 déc : Salle D001, Lycée Henri IV
Mer 7 jan : Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences
Mer 21 jan : Salle D001, Lycée Henri IV
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

L’objet que nous nous donnons sera la lettre, en tant qu’elle fait trace et est prise dans l’économie de la  marque, à l’origine d’une certaine définition de la «  littérature  ». On s’intéressera à tout ce qui fait lettre depuis le signe de ponctuation jusqu’à l’effet de sens et on prêtera une attention particulière aux conditions de sa lecture et de son interprétation à partir d’un corpus de littératures française et américaine d’écritures travaillées par la lettre  : Nerval, Péguy, Proust, Apollinaire, James, Hawthorne, Thoreau, Poe. Ce sera l’occasion de nous interroger aussi bien sur cette forme d’écriture que sur les régimes de lecture de la lettre  : du littéralisme à l’allégorie, de la lettre cryptée à la lettre exhibée, y a-t-il une logique commune à ces écritures fondées sur la lettre, ou qui semblent valoriser le littéral  ? Où nous mène l’expérience de la lettre  ? À sa résistance ou à sa disparition, sa rature  ? 


/ ALUNNI Charles et LOBO Carlos

L'espace comme carrefour épistémologique et phénoménologique (II)
Philosophie, sciences et techniques | 16 octobre, 13 novembre, 15 janvier
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18h30-20h30
Jeu 16 oct : Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 13 nov : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences
Jeu 15 jan : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé avec le Laboratoire Disciplinaire Pensée des Sciences, et en collaboration avec les Archives Husserl de Paris. 

La réflexion pure au sens phénoménologique transforme l’espace en un fil conducteur pour une archéologie des strates eidétiques constitutives. Cette «  histoire  » comprend tous les processus abstractifs successifs, y compris ceux qui sont à l’œuvre dans la construction symbolique. La genèse husserlienne du concept d’espace et l’analyse de la structure eidétique de l’intuition de l’espace sont-elles contredites par les progrès de la physique théorique  ? La confrontation de l’investigation husserlienne dans les textes ultérieurs à 1909 à celles proposées par Weyl dans les différentes versions de Philosophy of Mathematics and Natural Science montre que cette «  histoire  » ou genèse constitue un arrière-plan constant de son «  butinage philosophique  ».
Certes le développement des sciences de «  l’espace  » (mathématique, physique, biologie, neurologie, psychologie) suppose l’abandon de l’illusion philosophique d’un accès direct à l’essence de l’espace en un simple acte d’intuition exemplaire au profit du constructivisme. Weyl déclare même qu’un « certain nombre de thèses husserliennes deviennent démonstrativement fausses lorsqu’elles sont traduites dans le contexte de cette analogie  » (Mind and nature, Princeton, 2009, p.  216). Mais soulignant le rôle cardinal du principe de relativité, Weyl insiste en revanche sur l’enchevêtrement de subjectivité et d’objectivité qui constitue le champ d’exploration de la phénoménologie transcendantale. L’espace en tant que «  forme a priori de la sensibilité  » peut dès lors se trouver, du moins partiellement, déplié en un système de modifications (Husserl) ou, ce qui est peut-être équivalent, en un «  groupe  » de Helmholtz-Lie conférant au principe de relativité une structure mathématique consistante. Selon le degré d’extension apporté par ce principe, nous obtenons une division entre «  essence a priori  » de l’espace et «  essence a posteriori  » (correspondant respectivement à ce qu’est l’espace en relativité restreinte et en relativité générale). Le passage d’un groupe vectoriel à l’autre doit lui-même faire intervenir à chaque fois un mode d’immixtion du sujet dans l’objectivité constituée  : un type déterminé de référentiel ou de système de coordonnées.

Intervenants :
- Jeudi 16 octobre : Pierre Cartier (mathématicien, Institut des Hautes Études Scientifiques, directeur de recherches CNRS émérite)  : La préhistoire du livre «  Die Idee der Riemannschen Fläche  » par Hermann Weyl  : un cours à Göttingen retrouvé 
- Jeudi 13 novembre : Laurent Nottale (physicien, Observatoire de Paris)  : La relativité d'échelle
- Jeudi 15 janvier : Silvia de Bianchi (Marie Curie Fellow à la Universidad Autonoma de Barcelona, UAB)  : La notion de système chez Weyl


/ BARROUX Gilles, BUCHENAU Stéphanie, LEFEBVRE Anne, PIETTE Albert et SALANSKIS Jean-Michel

L'homme entre sciences humaines et sociales, humanités et philosophie
Philosophie et sciences humaines | 10 octobre, 04 novembre, 03 décembre
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18h30-20h30
Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 10 oct : Salle PrM-1.03
Mar 4 nov : Salle PrM-1.02
Mer 3 déc : Salle PrM-1.03

Séminaire organisé par le Collège international de philosophie, les universités Paris Ouest et Paris  8.

Les trois séances de ce séminaire s’inscrivent dans le projet de recherche « L’homme entre sciences humaines et sociales, humanités et philosophie » dans le cadre de l’université Paris-Lumières. Une réflexion y sera conduite, dans chaque discipline d’une part, sur le mode de la confrontation entre disciplines d’autre part, sur quelques questions simples : 1) Comment définissons-nous, de manière implicite ou explicite, l’homme  ? 2) Quel traitement en proposons-nous, et avec quelle justification  ? 3) Qu’est-ce que, plus précisément, notre travail emprunte à l’homme, qu’il s’agisse d’aspects de l’homme qui se trouvent privilégiés ou de présuppositions le concernant sur lesquelles on fait fond  ? 4) Qu’est-ce que, symétriquement, notre travail apporte à l’homme, qu’il s’agisse d’un supplément de connaissance et de compréhension apporté par nos disciplines et approches, ou de perspectives pratiques (morales, politiques) ?


/ BÉAL Christophe

Philosophie pénale : la responsabilité
Philosophie, politique et société | 06 novembre, 27 novembre
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18h30-20h30
Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 6 nov, Jeu 27 nov
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Qui punir  ? Pour le savoir, il appartient aux juridictions pénales d’établir la responsabilité des personnes incriminées, de déterminer qui sont les auteurs, les co-auteurs ou les complices d’une infraction et d’examiner les éventuelles causes d’irresponsabilité. Depuis les travaux de H.L. Hart consacrés à la responsabilité et à la causalité dans la sphère pénale, la philosophie du droit a permis de dégager différentes théories de la responsabilité qui tentent d’articuler la théorie du droit et la philosophie de l’action. Ces recherches analytiques autour de la responsabilité pénale apportent un éclairage essentiel sur certains débats autour de la dangerosité, de la récidive ou du rôle de l’expertise psychiatrique au sein de l’institution judiciaire. Elles serviront également à aborder, dans une perspective philosophique, certaines questions comme celles de la négligence, de la responsabilité collective ou de la responsabilité des personnes morales. 


/ DEL LUCCHESE Filippo, FELTHAM Oliver et SAWYER Stephen

L'art de gouverner : conflits et composition des intérêts (XVIIe-XXe siècles)
Philosophie, politique et société | 03 octobre, 24 octobre, 21 novembre, 26 septembre
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17h-20h
Ven 26 sept (séance exceptionnellement programmée) Grand Salon (2ème étage), American University of Paris, 31 avenue Bosquet, 75007 Paris
Ven 3 oct, Grand Salon (2ème étage), American University of Paris, 31 avenue Bosquet, 75007 Paris
Ven 24 oct, 
American University of Paris, 2 Bis Passage Landrieu, PL-3, 75007 Paris 
Ven 21 nov, 
Grand Salon (2ème étage), American University of Paris, 31 avenue Bosquet, 75007 Paris
Toutes les séances auront lieu en anglais
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé avec l'American University of Paris.

Tout en faisant l’éloge de Machiavel au sujet de son commentaire sur la nature positive des tumultes dans la Rome ancienne, Rousseau ne cesse de blâmer le conflit social comme l’un des obstacles majeurs sur la voie de l’intérêt général. L’unité et l’uniformité d’un tel intérêt sont à la fois un point d’arrivée et un point de départ pour la modernité politique.  Ils sont  le point d’arrivée de la tradition jusnaturaliste, qui s’était appliquée à faire sortir l’homme de la multiplicité de l’état de nature pour le faire rentrer dans la nouvelle dimension unitaire et artificielle de la politique.  Ils sont  aussi le point de départ d’un constitutionalisme qui s’efforcera, pour les siècles à venir, de neutraliser les conflits, tout en leur laissant une place plus ou moins théorique dans l’idée de pluralité et de contrôle réciproque comme seuls antidotes à tout despotisme. Mais si cette modernité nous a montré que seul un pouvoir peut arrêter un autre pouvoir (Montesquieu), à travers le feu des révolutions elle nous fera aussi entendre qu’entre  deux droits égaux ce n’est que la force qui tranche (Marx). On est donc repoussé, à nouveau, du côté d’un conflit permanent pour et contre la souveraineté. Un conflit qui fait apparaître l’équilibre constitutionnel comme un rêve bon pour l’âge d’or (Spinoza). Entre conflits et composition des intérêts, on explorera dans ce séminaire plusieurs figures d’un art bien difficile à maitriser, l’art de gouverner entre les XVIIe et XXe siècles.

Intervenants :

- Vendredi 26 septembre : Alberto Toscano (Goldsmiths Collège, London)
- Vendredi 3 octobre : Bernard Aspe (chercheur indépendant)
- Vendredi 24 octobre : Terrell Carver (University of Bristol)
- Vendredi 21 novembre : Rosi Braidotti (Utrecht University)


/ DELIA Luigi

Prison et droits : visages de la peine
Philosophie, politique et société | 23 octobre, 13 novembre, 17 décembre
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17h-19h
Salle 403, IRPhiL - Faculté de philosophie, Université Jean Moulin Lyon 3, 18 rue Chevreul, 69007 Lyon
Jeu 23 oct, Jeu 13 nov, Mer 17 déc
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé en collaboration avec l'Institut de Recherches Philosophiques de l'Université Jean Moulin Lyon  3 et l'Institut Universitaire de France.

L’alternative élimination/incarcération pénale participe d’un débat contemporain plus vaste sur la pertinence de la privation de liberté comme peine et sur l’état déplorable des centres de détention de nombreux pays européens, France et Italie en tête. Un doigt accusateur est pointé sur les conditions «  indignes  » de l’incarcération, inaptes à assurer le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. En effet, les projets de réforme du système carcéral se succèdent sans que le sort des détenus ne s’améliore, qu’il s’agisse de leur intégrité physique, de leurs liens familiaux ou de leurs droits processuels. 

L’un des arguments prégnants de ceux qui dénoncent un scandale avance que tant la prison à perpétuité, rare, mais possible, que l’emprisonnement de longue et moyenne durée, désavouent l’une des finalités principales de la peine, qui consiste à réhabiliter progressivement le responsable d’un crime. De surcroît, ces formes de peine peuvent transformer l’homo criminalis en un individu condamné à perdre, avec la liberté, le goût de vivre. Le responsable d’un crime peut-il être réduit au crime qu’il a commis  ? Peut-il être écrasé sous le poids de son action criminelle  ? Enfermé et inoccupé dans un milieu hostile, violent, insalubre, privé d’un horizon vers lequel se projeter, le détenu a-t-il encore les moyens pour se réconcilier avec la société  ? 

Le séminaire privilégiera une perspective historico-conceptuelle. L’objectif est de fédérer, dans un effort de réflexion partagé, l’examen théorique des fondements philosophiques, juridiques et éthiques de la peine, les recherches empiriques des sociologues, juristes, psychologues et historiens modernistes et contemporanéistes de la justice pénale, ainsi que, dans la mesure du possible, la connaissance des pratiques punitives à travers le témoignage de professionnels de l’institution judiciaire et pénitentiaire.

Intervenants : 
- Jeudi 23 octobre  : Norbert Campagna (Université du Luxembourg)  : Prison et sexualité  : de quelles libertés un détenu peut-il être légitimement privé ?
- Jeudi 13 novembre  : Gabrielle Radica (Université de Picardie)  : Tocqueville et le modèle philadelphien d'enfermement cellulaire
- Mercredi 17 décembre : Martin Rueff (Université de Genève)  : Sur prison et biopouvoir


/ DESLANDES Ghislain

Variations philosophiques sur le problème du management (II)
Philosophie, politique et société | 06 novembre, 12 novembre, 13 novembre, 20 janvier, 21 janvier, 22 janvier
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18h30-20h30
Jeu 6 nov : Salle 5117, ESCP Europe, 79 avenue de la République, 75011 Paris
Mer 12 nov, Jeu 13 nov : Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 20 jan : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences
Mer 21 jan, Jeu 22 jan : Salle 5117, ESCP Europe
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Questionnée par Socrate dans l’Économique de Xénophon, la mesnagerie (Oikonomikos) est une pratique presque aussi ancienne que la philosophie. Serait-ce un art  ? Une forme particulière d’autorité  ? Une technique  d’accroissement des «  biens  »  ? La modernité, rebaptisant cette mesnagerie séculaire en management, a cru trouver une réponse  définitive à ces questions  : il s’agirait plutôt d’une science, qualifiée de gestion. 
Or, de cette science, nous pouvons avancer d’une part qu’elle ne cesse de privilégier une approche épistémologique empiriciste sur le souci de l’argumentation conceptuelle  : le management n’y est pas philosophiquement problématisé. D’autre part, elle paraît vouloir limiter sa définition des individus vivants, qu’elle concerne en tout premier lieu, à la notion généralement admise de «  ressources  humaines », montrant ainsi sa soumission intellectuelle et morale à l’égard de la science économique. 
Reprise par Jacques Derrida dans les Points de Repère du Rapport Bleu, cette citation de Victor Cousin nous paraît annoncer ici notre programme  : «  De quoi donc pourrait-elle être ennemie  ? La philosophie ne combat pas l’industrie, mais elle la comprend et elle la rapporte à des principes qui dominent ceux que l’industrie et l’économie politique avouent [...].  » Dans cette seconde phase de notre séminaire, on interrogera certes la disparition, peut-être une mise à l’écart, de la philosophie dans ce processus qui a pour point d’origine le proto-management antique, où elle a toute sa part, jusqu’à son actualisation dans les sciences de gestion contemporaines, d’où elle est quasi-absente. Mais nous tenterons aussi de discuter philosophiquement les notions usuelles utilisées en management, telles les théories de l’agence, du leadership authentique, des détenteurs d’enjeux etc., en montrant les multiples variations de leur possible dépassement. 

Intervenants :
- Jeudi 6 novembre  : Ghislain Deslandes (professeur à ESCP Europe, CIPh)  : Desaffectio societatis
- Mercredi 12 novembre : Isabelle Huault (professeure à l’Université Paris Dauphine)  : Études critiques en management : une perspective ranciérienne
- Jeudi 13 novembre : Mollie Painter-Morland (professor, Nottingham Trent University)  : Organizational habituation  : perspectives from Ravaisson and Deleuze (cette séance sera proposée en langue anglaise)
- Mardi 20 janvier : Alban Gonord (ancien élève de l’ENS, agrégé de philosophie, Macif)  : Management et mutualisme
- Mercredi 21 janvier : Xavier Guchet (maître de conférence à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)  : Simondon et le problème de l’invention
- Jeudi 22 janvier : Jean-Philippe Millet (professeur au Lycée Henri IV)  : Le management de la démobilisation


/ DUBOIS David

Des pensées sans penseurs ? (V).
La vie ordinaire, obstacle ou moyen ?

Philosophie et philosophies | 13 octobre, 16 octobre
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris.
Lun 13 oct, Jeu 16 oct

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.

La philosophie de la Reconnaissance (pratyabhijña, Cachemire, an mille) se présente comme une démarche réflexive en vue d'atteindre une liberté et une félicité en cette vie. Affranchie de tout obédience à une tradition religieuse, elle propose néanmoins une sorte de voie de salut.
Or, elle affirme, d'un autre côté, que le but à atteindre est toujours déjà atteint, car en effet, sans la conscience, rien ne serait possible, pas même la prise de conscience de la conscience. Que faire de ce paradoxe  ? À quoi bon une réflexion pour réaliser ce qui est évident  ?
Plus largement, la Reconnaissance est-elle comme la description d'une expérience qui ne serait pas d'ordre philosophique, ou bien est-elle, en elle-même et à elle seule, une méthode de transformation de soi  ? Si oui, comment envisage-t-elle cette transformation  ? De quels changements peut-il s'agir si nous sommes déjà ce que nous voulons devenir  ?
Se poser ces questions revient à se demander quel est le statut de la vie quotidienne (vyavahara), monde des interactions humaines et verbales, dans cette perspective. Dans la plupart des philosophies, en Occident comme en Orient, le soin de soi suppose un retrait, une prise de distance par rapport au monde ordinaire, naïf, profane, celui des ombres et des apparences. Nous allons montrer cette année en quoi la Reconnaissance jette une lumière originale sur ces questions, car l'expérience la plus banale y est montrée comme l'accès au plus extraordinaire. 


/ GANJIPOUR Anoush

Le monde comme apparition de l'Un : Sohravardî avec Schelling
Philosophie et philosophies | 07 novembre, 05 décembre, 16 janvier
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18h30-20h30
Ven 7 nov, Ven 5 déc : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 16 jan : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Dans une visée comparatiste, l’un des enjeux constants de l’entreprise inaugurale d'Henry Corbin était de repérer dans la philosophie orientale, et avant tout chez Sohravardî, une forme alternative de la phénoménologie de l’esprit qui forclôt toute dialectique historique. D’où la discussion permanente qu’on voit dans l’œuvre de Corbin contre la pensée hégélienne, surtout l’hégélianisme de gauche. Or il me semble que l’étude croisée de la phénoménologie illuminative de Sohravardî avec cette autre grande voie de l’idéalisme allemand qu’est celle de Schelling pourrait créer un nouvel espace de comparaison  : chez Schelling la phénoménologie et la dialectique sont pensées en termes d’une articulation sans relève (Aufhebung) de l’Un et du Tout (le hen kai pan schellingien). À ce compte, la comparaison devrait nous permettre de penser à nouveaux frais l’apparition comme modalité même du rapport entre l’Un et le Multiple. Au premier semestre, seront esquissées les grandes lignes d’une phénoménologie illuminative chez Sohravardî. Pendant le second semestre, il s’agira de confronter cette dernière avec la deuxième philosophie de la Nature que, dans une directe lignée plotinienne, Schelling essaie d’élaborer à partir des vocables de lumière, de «  lumière de la lumière  », de luminosité, de réfraction, etc.


/ HENRY Julie

Anthropologie spinoziste et éthique en santé
Philosophie et sciences humaines | 17 octobre, 14 novembre, 12 décembre, 23 janvier
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17h-19h30
Salle R-20, École normale supérieure de Lyon, Site Descartes, 15 parvis René Descartes, 69007 lyon
Ven 17 oct, Ven 14 nov, Ven 12 déc, Ven 23 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé dans le cadre du projet ANR «  ANTHROPOS  » (CERPHI, UMR 5037), et avec le soutien de l'École normale supérieure de Lyon.

Partir des hommes tels qu’ils sont, pour penser une éthique de vie à la mesure des soignants et des patients. C’est l’exigence que nous nous sommes fixée, pour mettre progressivement en place une anthropologie éthique. Cela revient à ancrer l’éthique dans une autre conception de l’humain sans pour autant l’y réduire, et ainsi à tenir compte des contraintes institutionnelles et des différentes temporalités, tout en laissant une place aux affects et à la singularité des diverses situations de soin.
Cela passe par la distinction des approches morale, éthique, juridique, institutionnelle et subjective d’une même situation, et par la mise en place d’une méthode permettant d’établir des points de rencontre et d’échange entre des outils réflexifs et des situations pratiques. Ce séminaire fait ainsi dialoguer la lecture de textes philosophiques de l’âge classique (Hobbes, Descartes, Spinoza) et l’étude de cas issus des services de réanimation et de soins de support dans lesquels nous intervenons. Il vise une meilleure compréhension de la situation dans laquelle se retrouvent les patients, mais aussi les familles et le personnel soignant, afin de se prémunir de tout jugement de valeur tout en gardant à l’esprit qu’un cheminement éthique est toujours possible, mais aussi toujours en cours de constitution et de réactivation.
Après avoir abordé de grands concepts philosophiques permettant de déceler des questionnements éthiques dans des situations de soin concrètes (les affects, l’identité, la temporalité, etc.), nous poursuivrons notre relecture de la médecine d’aujourd’hui à la lumière d’une anthropologie de l’âge classique. Nous aborderons par exemple la question de l’éducation thérapeutique en lien avec des problématiques politiques, la prise de décision médicale à l’aune de la conception spinoziste du jugement, ou bien encore les schémas corporels qui se déstructurent dans la maladie, qui se modifient dans le soin et qui se reconstruisent autrement dans la convalescence.

Intervenants : 
- Vendredi 17 octobre  : Julie Henry : La question de la décision  : quelle place pour une autonomie et une responsabilité partagée  ?
- Vendredi 14 novembre  : avec Éric Delassus (professeur de philosophie, laboratoire de recherche en éthique médicale de la Faculté de médecine de Bourges)  : Être malade : accepter pour résister 
- Vendredi 12 décembre  : Julie Henry : Revendications, colère, sentiment d'injustice : les affects de tristesse et leurs modes d'expression
- Vendredi 23 janvier : avec Mary Chebbah (collaboratrice artistique –  écriture, graphisme, regard dramaturgique, etc.  – et co-élaboratrice de la revue artistique, littéraire et philosophique Rodéo)  : Où s'arrête votre corps  ? Images, interactions et sensations dans le soin  


/ JESUS Paulo et NOUR SCKELL Soraya

Cosmopolitisme et cosmopolitique : le cosmos d'Alexander von Humboldt
Philosophie et sciences humaines | 06 octobre, 03 novembre, 17 novembre, 01 décembre
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18h30-20h30
Lun 6 oct, Lun 3 nov : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 17 nov : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 1 déc : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé dans le cadre du projet de recherche «  La poétique de l'ipse  » (FCT - Fondation pour la Science et la Technologie du ministère portugais de l'Éducation et de la Science, Centre de Philosophie de l'Université de Lisbonne).

La pensée d’Alexander von Humboldt met en question le primat de la raison et ainsi de l’homme (en tant qu’être rationnel) qui déprécie la nature et la vie – la raison s’impose sur la nature extérieure organique et anorganique, sur la nature intérieure (les sentiments) et sur les peuples considérés comme «  naturels  » qu’il fallait civiliser. Il ne suffirait pas d’opposer à une raison instrumentale la raison morale (transcendantale, dialectique, intersubjective, communicative…). Le projet de Humboldt contribue à donner à la nature et à la vie leur place à côté de la raison, de rétablir l’équilibre entre eux sans que l’une ou l’autre ne puisse avoir la suprématie  : il s’agit de restituer au royaume de la nature (extérieure et intérieure) et de la vie la dignité dont jouit le royaume humain rationnel, et aux cultures dites primitives la dignité de celles dites civilisées. 
Nous interrogeons, avec Humboldt, pourquoi dans l’éthique de la nature et de la vie sociale, le cosmos (le rapport entre les choses et les forces de la nature avec son tout), le cosmopolitisme (le rapport entre les humains) et la cosmopolitique (la politique pour l’humanité) ne se séparent pas  : au premier semestre, avec pour centre de réflexion la notion de cosmos, il s’agit d’analyser ce rapport intrinsèque entre cosmos, cosmopolitisme et cosmopolitique d’abord en concevant qu’il y a dans la liberté, histoire et dignité (même si c'est avec un sens différent du royaume humain)  ; ensuite, à travers le paradigme écologique qui en découle  ; enfin, grâce à la beauté de la nature  ; au deuxième semestre, avec pour centre de réflexion les notions de cosmopolitisme et de cosmopolitique, ce rapport est analysé d’abord à travers la critique de Humboldt du colonialisme, ensuite à travers sa critique de la domination culturelle et enfin via sa conception d’humanité et de politique.

Intervenants :
Lundi 3 novembre :
- Matthias Kaufmann (Université Halle, Allemagne)  : Alexander von Humboldt et l'esclavage noir à Cuba  : un cosmopolite entre Lumière et historisme
- Matthieu Haumesser (Sciences-Po Paris)  : La Cosmo-politique entre Kant et le romantisme

Lundi 1er décembre :
- Damien Ehrhardt (Université d'Évry-Val-d'Essonne) : Le cosmos d'Alexander von Humboldt et la musique
- Laura Péaud (Université Lyon 2) : Géographie et cosmopolitique chez Alexander von Humboldt


/ JIANG Dandan

Éthique et esthétique de la Vie : dialogue transculturel autour de Zhuangzi
Philosophie, arts et littérature | 07 novembre, 14 novembre, 26 novembre, 05 décembre, 10 décembre, 19 décembre
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18h30-20h30
Ven 7 nov : Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 14 nov : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 26 nov : Salle PrD-1.01, Lycée Henri IV
Ven 5 déc : Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences
Mer 10 déc, Ven 19 déc : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV

Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Ce séminaire poursuit les discussions ouvertes au cours de notre séminaire de juin 2014 consacré à la pensée du maître taoïste Zhuangzi (Tchouang-tseu), et propose des lectures et réinterprétations de sa pensée dans la perspective du dialogue interculturel. Il s’agit de révéler la richesse de son dynamisme, contrairement à certaines visions stéréotypées présentant le taoïsme comme une sagesse passive de l’inaction. La pensée du «  vital  » sur le plan éthique et esthétique chez Zhuangzi peut se lire en connexion avec sa compréhension du corps et de l’esprit, de l’immanence et de la transcendance, de la passivité et de l’action, compréhension basée sur un paradigme de la « non-séparation  ». 
Comment une «  culture de soi  » liée à la déprise de soi chez Zhuangzi peut-elle nourrir les conditions de possibilité d’une autre subjectivité, qui  mènerait à la transformation de soi, à l’action et à la vie commune  ? Que reste-t-il de ce processus apparemment négatif de «  dé-subjectiver  », et comment le reste d’une telle subjectivité fondée sur l’expérience du «  vide  » et du «  souffle-énergie  » conduit-il à une manière d’être authentique, créative et libre  ? 
En interrogeant les dimensions du corps, du naturel, du dépouillement, de l’authenticité, et de la liberté chez Zhuangzi, nous tentons d’examiner les dimensions éthiques, biopolitiques et esthétiques de sa pensée, dans le contexte historique, tout en les mettant en parallèle avec des aspects de la philosophie française portant sur le «  vivre  », cela en écho avec les études françaises contemporaines sur le Zhuangzi.  

Intervenants :
- Vendredi 7 novembre  : Jean-François Billeter (Université de Genève)
- Vendredi 14 novembre  : Jean Lévi (CNRS)
- Mercredi 26 novembre  : Yolaine Escande (Centre CRAL, EHESS)
- Vendredi 5 décembre  : Romain Grazianni (École normale supérieure de Lyon)
- Mercredi 10 décembre  :  Baldine Saint-Girons (Université Paris 10 Nanterre)  
- Vendredi 19 décembre : Stéphane Feuillas (Université Paris Diderot)


/ KRTOLICA Igor et SIBERTIN-BLANC Guillaume

Littératures mineures. Pour une politique de la création littéraire
Philosophie, arts et littérature | 13 octobre, 10 novembre, 22 décembre, 12 janvier
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18h-20h30
École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Lun 13 oct, Lun 10 nov, Lun 22 déc, Lun 12 jan 

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé avec le séminaire transversal «  Mémoires dominées et créations critiques  » (ERRAPHIS, Université Toulouse  2/Labex SMS).

Nous souhaitons interroger le caractère politique de la création littéraire à partir des travaux de Deleuze et Guattari sur Kafka et le concept de «  littérature mineure  ». On y ré-examinera l’idée que l’écriture littéraire est politique, et même révolutionnaire, alors que et parce qu'elle ne se préoccupe que de langage. Délaissant les catégories de l’imaginaire, de l’idéologie et de l'engagement, leur enjeu est en effet de surmonter l’opposition entre l’autonomie de la création littéraire et l’engagement de l’écrivain, au profit d’une conception de la littérature et de la politique comme invention de nouvelles possibilités de vie, elles-mêmes repensées à partir d'un concept de «  devenir-mineur  » chargé de prendre acte, en renversant la formule classique de l'émancipation (la «  sortie de l'état de minorité  »), de la mise en crise des figures «  majeures  » du sujet de la politique.  
Pour cartographier la problématique sous-tendue par cette thèse, nous chercherons à en nouer les deux principaux pôles  : son pôle linguistique, en examinant comment le rapport entre langue et littérature découle des conditions de l’énonciation imposées par des «  conjonctures géo-linguistiques  » chaque fois singulières  ; son pôle politique, en étudiant le statut politique accordé, hors des coordonnées de l’imaginaire et de l’idéologie, à l’invention littéraire conçue comme «  fabulation créatrice  ».
Éprouver la cohérence de cette connexion entre création littéraire et critique politique, la confronter aussi aux difficultés et aux polémiques qu’elle soulève, imposera enfin de croiser plusieurs champs de questionnements  : le contexte historique, politique et intellectuel des décennies d’après-guerre  ; la littérature et certaines de ses théorisations internes (le roman américain, le surréalisme, le nouveau roman)  ; le croisement de la théorie littéraire et de la linguistique (Bakhtine, Blanchot, Barthes)  ; le rapport entre littérature et politique tel qu'il a été pensé, au même moment ou plus récemment, chez d'autres philosophes, de Sartre à Badiou ou Rancière.

Programme des séances :
- Lundi 13 octobre : Séance introductive
- Lundi 10 novembre : Léa Veinstein : Littératures mineures : la matrice kafkaïenne
- Lundi 22 décembre  : Jean Genet, résistance et écriture des érotismes minoritaires
- Lundi 12 janvier  : Thomas Bernhard, langue mineure et musique

Site associé : http://memocris.hypotheses.org

La salle sera précisée ultérieurement.
Consulter le site du Collège www.ciph.org


/ LÈBRE Jérôme

Stations - ou comment tenir l'immobilité
Philosophie, arts et littérature | 13 octobre, 17 novembre, 08 décembre, 19 janvier
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Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 13 oct : 17h30-20h30
Lun 17 nov, Lun 8 déc, Lun 19 jan : 18h30-20h30

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire organisé en collaboration avec l'Institut des hautes études en psychanalyse (IHEP) et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.

L’immobilité n’est pas une catastrophe. Elle ne se confond pas non plus avec la simple inertie. Plus immobile qu’elle, elle tient, se tient au bord de l’abîme, et elle y reste autant que possible. Il ne faut pas attendre d’elle qu’elle s’accomplisse dans le mouvement  : elle est déjà aussi un mode du mouvement, un repos dynamique ou tonique. Se refusant à toute éternisation, elle se dissémine dès lors en une multiplicité de stations, images, textes, corps, pensées, si bien que l’on peut aller loin sans faire un seul pas.
Cette expression, «  ne pas faire un pas  », est prise dans ce séminaire avec le plus grand sérieux et dans toute son extension. Après tout c’est elle qui, chez Kant, caractérise la métaphysique. Ce n’est pas une métaphore  : elle implique une pratique de la pensée, une manière de méditer, parfois sur une seule jambe (Nietzsche), ou plutôt des pratiques dont certaines sont vieilles comme le monde. L’immobilité implique le corps, qui tient selon un certain équilibre. Certes il n’y a rien de plus dur à tenir que l’immobilité (à l’école, en prison) mais cette dureté est celle de la photographie (Sam Taylor-Wood), des plus grands films (Fenêtre sur cour), de la poésie. Que l’on pense à Artaud  : il faut un beau pèse-nerfs, «  une sorte de station incompréhensible et toute droite au milieu de tout dans l’esprit  ».
Chaque séance est une station. C’est bien ce qu’elle est toujours, une station assise, donc paradoxale  ; on se demande pourquoi et comment on tient et pour combien de temps encore. Comment le comédien, le danseur, celle ou celui qui pose, mais aussi l’œuvre, l’image, l’écriture tiennent-ils immobiles  ? Et  les animaux  ? Et le couple homme-cheval  ? Et les hommes dans un embouteillage, un aéroport, une station de métro ou une station balnéaire  ? Quel avantage, quel danger, y a-t-il à maintenir immobile un groupe de CRS, une armée  ? Comment toutes ces immobilités évoluent-elles, quels changements de position provoquent-elles  ? À l’horizon, immobile, de ces questions se tient une certaine idée du courage.
Commencé depuis un semestre, ce séminaire peut se prendre en route à tout moment, puisqu’il est toujours en station(s).

Intervenants :
- Lundi 13 octobre  : Séance inaugurale du semestre, «  Gare du Nord  »  : avec Claire Simon et Nicole Garcia (réalisatrices et actrices)   
- Lundi 17 novembre  : Carole Douillard (artiste plasticienne)
- Lundi 8 décembre  : Jean-Christophe Bailly (écrivain, essayiste)
- Lundi 19 janvier  : Sarah Wilson (historienne de l’art et curatrice, professeure au «  Courtauld Institute of Art  », Londres)


/ LOBO Carlos

Atelier : Philosophy of Mathematics and Natural Science de Hermann Weyl
Philosophie, sciences et techniques | Atelier | 17 octobre, 14 novembre, 16 janvier
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14h30-17h30
École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Ven 17 oct, Ven 14 nov, Ven 16 jan
 
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Atelier organisé avec le Laboratoire Disciplinaire Pensée des Sciences, en collaboration avec les Archives Husserl (Paris), et le Centre d'épistémologie, d'analyse logique et phénoménologique (Genève)

Philosophy of Mathematics and Natural Science est l’un des plus étranges et plus beaux objets de l'histoire scientifique du siècle passé. Un livre sur l’espace dans tous ses états. Mais aussi un livre de synthèse dont la rédaction s'étale sur près de trente ans. Ces trente années, auxquelles H.  Weyl a pris une part active, sont décisives dans l'histoire des sciences  : crise des fondements des mathématiques, explosion des logiques mathématiques, théorie de la relativité restreinte et générale, mécanique quantique, constitution de la biologie moléculaire, etc. Par sa teneur et son objet, cet ouvrage semble requérir des connaissances en mathématiques et en physique, mais sa forte qualité propédeutique en fait un livre d’une valeur pégagogique exemplaire. PMNS allie, à un niveau rarement égalé, clarté et beauté de la présentation, profondeur et précision des intuitions philosophiques. Le symbolisme le plus aride y est pensant et donne à penser. 
Ce séminaire prendra la forme d'un atelier de traduction et de commentaire continus en vue d'une édition critique.
Le texte de Weyl rédigé en plusieurs strates a subi également l’épreuve d’une traduction en américain. 

Intervenants :
- Vendredi 17 octobre : Carlos Lobo (CIPh)  : La question de l'espace comme fil conducteur de PMNS
- Vendredi 14 novembre : Carlos Lobo  : Le rôle de l'investigation phénoménologique dans PMNS
- Vendredi 16 janvier : Michel Bitbol (directeur de recherche au CNRS, Archives Husserl de Paris)  : Corps de l'expérience, expérience de l'espace

Les salles seront précisées ultérieurement. 
Consulter le site du Collège www.ciph.org


/ NIGRO Roberto

Théories du coup d'État
Philosophie, politique et société | 17 décembre, 19 décembre, 26 janvier, 27 janvier
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18h30-20h30
Mer 17 déc, Ven 19 déc : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 26 jan, Mar 27 jan : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé en collaboration avec l'École des Beaux Arts (ZHdK) Zürich.

Le coup d’État désigne aujourd’hui une entreprise violente par laquelle un individu ou un groupe s’empare du pouvoir ou encore une mesure par laquelle un gouvernement change, violemment et dans l’irrespect des lois, une constitution. Au XVIIe siècle, on appelait coup d’État une action décisive faite pour le bien de l’État et du prince  ; un coup d’État était une opération extraordinaire et salutaire auquel un gouvernement avait recours lorsque les circonstances l’exigeaient. Acte de violence transgressant les lois, le coup d’État n’était pas pour autant en rupture avec la raison d'État. Il s’agissait au contraire d’une forme particulière d’art de gouverner, pratiquée lorsque la raison d’État ne pouvait plus se servir des lois. Un coup d’État éclatait lorsqu’un événement grave et pressant nécessitait qu’on s’affranchisse des lois au nom du salut de l'État. 
Avec les révolutions de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle, le coup d’État acquiert une signification nouvelle  : il devient une action politique subversive, initiée à l’extérieur du lieu d’autorité légitime. Ainsi redéfini, un coup d’État change la personne des gouvernants sans nécessairement modifier l’identité politique de l’État. La pensée moderne rend le coup d’État classique obsolète tout en le couvrant d’une étiquette d’illégitimité. Faut-il cependant croire que celui-ci ait complètement disparu de l’horizon de pensée et de la pratique politique moderne  ? Ne pourrions-nous pas voir en lui un pouvoir constituant agissant de l’intérieur même de la pratique gouvernementale pour la tirer au-delà de ses propres limites  ? Si tel est le cas, y aurait-il lieu de repenser le concept et la pratique moderne de révolution à la lumière d’une généalogie du concept politique de coup d’État  ? Peut-on interpréter le fonctionnement normal et régulier du pouvoir comme résidant dans l’exception  ? Quel rôle joue la décision (notion-clé dans la pratique du coup d’État) dans les mécanismes de transformation politique  ?


/ ODELLO Laura

Impouvoir et violence. Derrida et la souveraineté (II)
Philosophie et philosophies | 18 novembre, 25 novembre, 02 décembre, 09 décembre, 16 décembre
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18h30-20h30
Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mar 18 nov : Salle D001
Mar 25 nov : Salle PrM-1.03
Mar 2 déc : Salle D001
Mar 9 déc : Salle PrM-1.03
Mar 16 déc : Salle D001

Le séminaire se propose d’interroger la notion derridienne de souveraineté ou d’ipséité souveraine, à savoir ce que Derrida définit, tout au long de l’histoire de la métaphysique occidentale, comme le pouvoir qu’a tout sujet d’être soi-même.
Bien qu’il s’agisse d’une figure relativement tardive dans la pensée de Derrida, la souveraineté ainsi caractérisée aura toujours été l’objet même de la déconstruction, en tant que déconstruction du pouvoir. On précisera les attributs qui, dans le texte métaphysique, sont essentiellement liés à la souveraineté (auto-affection, immunité, logocentrisme, autonomie…) et que Derrida, depuis ses premiers textes, a sollicités et mis à l’épreuve d’une lecture critique et déconstructive, au nom d’une «  force faible  » ou d’une «  inconditionnalité  » de l’autre.
Toutefois, on s’attardera également autour de la figure énigmatique du Walten, qui traverse de façon insistante le dernier séminaire de Derrida (La Bête et le souverain) et qui semble réinvestir autrement le concept même de souveraineté. La super- ou hyper-souveraineté du Walten, dont Derrida explore le puissant lexique présent dans le texte heideggerien, semble en effet nommer quelque chose qui ne se réduit plus à l’ordre d'une souveraineté théologico-politique dont Derrida a montré qu’elle est depuis toujours en déconstruction. On tentera dès lors d’interroger la «  force  » excessive de ce Walten que Derrida définit comme souveraine au-delà de la souveraineté.

Intervenants  : Thomas Clément Mercier, Arafat Sadallah. 

Le programme complet sera précisé ultérieurement.
Consulter le site du Collège www.ciph.org


/ ODELLO Laura et ROLLET Sylvie

Excès, pouvoir, violence - du cinéma (II)
Philosophie, arts et littérature | 03 novembre, 10 novembre, 17 novembre, 24 novembre, 01 décembre, 08 décembre, 12 janvier
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18h30-20h30
Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, 13 rue de Santeuil, 75005 Paris
Lun 3 nov, Lun 10 nov, Lun 17 nov, Lun 24 nov, Lun 1 déc, Lun 8 déc, Lun 12 jan

Séminaire organisé en collaboration avec le département Cinéma et Audio-visuel (CAV) de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3.

Des images de la violence, figurant la violence ou la représentant, il y en a tant, qui circulent notamment au cinéma. Mais qu’en est-il de l’image comme violence  ? Peut-on penser que l’image, en tant que telle, se constitue déjà depuis une violence qui lui serait dès lors inhérente  ? (C’est en ce sens que Jean-Luc Nancy parle «  de la violence à l’œuvre dans l’image et de l’image s’ouvrant dans la violence  ».) Ou encore — autre hypothèse que ce séminaire voudrait explorer — y aurait-il également une violence faite aux images, qui s’en trouveraient désorganisées ou destituées de leur pouvoir  ?
Autant de questions qu’il s’agira d’adresser au cinéma et depuis le cinéma. Afin d’interroger ainsi l’excès qui loge peut-être au cœur du cinéma.

Intervenants  : Érik Bullot, Antoine de Baecque, Arafat Sadallah, Peter Szendy. 

Le programme complet, ainsi que la salle, seront précisés ultérieurement.
Consulter le site du Collège www.ciph.org


/ PAPAÏS Xavier

Sentir à distance
Philosophie et sciences humaines | 04 octobre, 18 octobre, 08 novembre, 22 novembre, 06 décembre, 20 décembre, 10 janvier, 24 janvier
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10h-13h
École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Sam 4 oct, Sam 18 oct, Sam 8 nov, Sam 22 nov, Sam 6 déc (sous réserve), Sam 20 déc, Sam 10 jan, Sam 24 jan 
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)

Séminaire conduit dans le cadre de la convention avec l’École normale supérieure, commun à l'EHESS (Master Arts et langages), au CNRS (Centre Jean Pépin UPR 76, Centre Caphés, laboratoire commun au CNRS et à l'ENS).

Ces lignes voudraient dire en quel sens concevable la magie existe. Ce geste de l’esprit tend à unir l’acte et le verbe, la personne et le lien, l’image et la force.
En situation de tension ou d’écho entre les êtres, la magie opère une suture imaginaire. On voudrait montrer comment ses tours assurent le maintien du sens et d’une expérience possible au-delà du non-sens  : au-delà des impasses de la pensée ou de la vie.
On souhaite montrer que ce passage exprime justement le sens de l’au-delà. Comme toute expérience active exige un pas au delà, au-delà d’elle-même. Et que peut-être «  l’au-delà  » n’est rien d’autre que l’espace nécessaire de ce passage, de ce courage aussi, et d’une sagesse possible, toujours refusée à la saisie directe.
Depuis les traditions anciennes, on souhaite porter l’accent sur la notion de vie spirituelle. Expression éminente de la scission et du clivage, elle articule personnes et pensées à un monde d’intentions qui les double. Elle impose une expression à plusieurs voix, qui recoupe tout simplement la condition du langage et du lien éthique.
Sur ces clivages et ces écarts opère justement le tour magique par où «  l’esprit  » peut relier ou traverser voix et personnes. De là viendrait, en magie, l’emploi d’un régime spécial de signes  : ce sont des canaux pour capter et transmettre l’esprit. En reliant les méandres du sort, ils imposent l’unité d’un symbole aux errances de la pensée et du sens.
Frayer les voies de la puissance imaginaire, bien sûr c'est au passage éclairer les sources symboliques du pouvoir et de l’emprise.  Peut-être montrer, avec un peu d’espoir, qu’elles peuvent aussi inverser leur cours, ouvrir alors aux hommes les courants d’une sagesse et d’une liberté possibles.

Sites web associés :
http://caphes.ens.fr/
http://www.ehess.fr/
http://upr_76.vjf.cnrs.fr/

La salle sera précisée ultérieurement.
Consulter le site du Collège www.ciph.org 


/ SALANSKIS Emmanuel

Nietzsche et les sciences du vivant
Philosophie, sciences et techniques | 05 novembre, 03 décembre, 07 janvier
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18h30-20h30
Mer 5 nov : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 3 déc, Mer 7 jan : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris

(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Dans Ecce homo, Nietzsche décrit la crise personnelle qui le fit renoncer à sa chaire de philologie à l’Université de Bâle, en signalant une de ses conséquences philosophiques  : «  Une soif tout simplement brûlante me saisit  : depuis lors, je ne me suis plus occupé en réalité que de physiologie, de médecine et de sciences naturelles  » (EH, Humain, trop humain, §3). Cette autoprésentation a été jugée stylisée et excessive par certains commentateurs,  et elle vise certainement à contester un certain idéalisme métaphysique de la philosophie. Néanmoins, les travaux menés par la critique des sources depuis Wolfgang Müller-Lauter confirment que Nietzsche a voulu penser la vie et l’organisme dans un dialogue critique avec les sciences du vivant de son temps. Notre séminaire voudrait interroger les différents aspects de ce dialogue, sans le réduire au singulier de «  la  » biologie, qui recouvre une pluralité de discours et de champs dans la deuxième moitié du XIXe siècle  : de la théorie cellulaire aux pensées flexibles et non flexibles de l’hérédité, des théories de l’évolution «  darwinistes  » et «  antidarwinistes  » aux préconisations eugénistes plus ou moins radicales. Il s’agira de reconstituer un moment intellectuel important, marqué par les répercussions multiformes de L’Origine des espèces (1859) de Darwin. Mais nous faisons l’hypothèse que Nietzsche, tout en accordant une attention soutenue aux réflexions biologiques et évolutionnistes, ne les traite pas comme une source de connaissance objective ou de vérité positive. Elles doivent selon lui être interprétées (et parfois contestées) de façon philosophique, y compris sur le plan des valeurs qui les inspirent ou qu’elles travaillent à promouvoir. Une telle approche a peut-être de quoi stimuler la pensée contemporaine, dans un moment qui semble se signaler de nouveau par une hégémonie des sciences du vivant. 


/ SANTORO Fernando

La poétique des Intraduisibles - Cosmologies poétiques (II)
Philosophie, arts et littérature | 27 novembre, 28 novembre
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18h30-20h30
Salle JA01-Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 27 nov, Ven 28 nov

Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé avec le soutien de CAPES/COFECUB et en collaboration avec le Labex TransferS - ENS Ulm, l'UFRJ et ENS Lyon.

Le séminaire, initié en avril 2014, mettra en scène le rapport entre différentes langues dans l’élaboration de la pensée philosophique et la place décisive des mots, leurs différences et leurs compositions. Nous serons confrontés à des textes en grec, en latin, en italien, en portugais, en français, etc. Ils communiqueront entre eux par quelques défis d’expression qui apportent de l’originalité poétique à la science et à la philosophie. Nous nous intéresserons particulièrement aux questions liées aux expressions cosmologiques dans un contexte explicitement poétique, et à l'inverse, aux expressions poétiques dans des contextes de philosophie cosmologique (la lune miroir chez Parménide, le ciel mû comme par amour chez Aristote, le monde circulaire et infini de Vieira, les girons de l'enfer, du purgatoire et du paradis chez Dante, les Galaxies sémantiques de Campos).

Intervenants : 
Rossella Saetta Cottone (CNRS)  : L'atelier d'Aphrodite chez Empédocle ; Irène Rosier Catach (EHESS)  : La génération d'un homme, Dante, Purgatoire XXV  ; Barbara Cassin (CNRS)  : L'utérus de la Vierge et son désir d'enfantement, par António Vieira.


/ TAYLAN Ferhat

Biopolitique de l'environnement
Philosophie, politique et société | 05 novembre, 12 novembre, 19 novembre, 26 novembre
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18h30-20h30
Mer 5 nov, Mer 12 nov : Salle JA05-Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 19 nov, Mer 26 nov : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Des travaux récents en histoire ont mis au jour une piste de recherche inédite  sur le XVIIIe siècle  : il existe de multiples projets et procédures de gouvernement des hommes à travers le gouvernement de ce qui les entoure, aussi bien sous l’Ancien Régime que dans la période révolutionnaire. Ce que nous appelons depuis le XXe siècle «  environnement  » — étrange appellation neutre et problématique — s’inscrit en effet dans une histoire plus longue où l’entourage immédiat des hommes a été l’objet de préoccupations scientifiques et politiques majeures. Dans ce premier volet de notre enquête historique sur cette rationalité «  mésologique  » qui consiste à gouverner les hommes par leurs milieux de vie, nous nous intéressons donc aux domaines de savoir naissants au XVIIIe siècle (la science de l’homme, l’anthropologie pratiquée par la Société des Observateurs de l’Homme, la géographie, la médecine urbaine, etc.) en tant qu’il relèvent d’une «  biopolitique de l’environnement  ». Plutôt que de répéter infiniment le refrain foucaldien d’un «  pouvoir sur la vie  », il s’agit alors de repérer les sites historiques où non seulement l’homme en tant que vivant mais aussi son rapport à ce qui l’entoure ont été investis par des procédures de gouvernement. S’esquisse ainsi une autre histoire possible de la biopolitique comme de l’environnement, que nous tenterons de retracer par un travail collectif où se croiseront l’histoire, l’histoire des sciences et la philosophie. 

Intervenants :
- Mercredi 12 novembre : Jean-Luc Chappey (maître de conférences en histoire à l'Université Paris  1 et CNRS)
- Mercredi 19 novembre : Jean-Baptiste Fressoz (EHESS et Centre Alexandre Koyré d'Histoire des sciences et des techniques).





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