
Détails
DétailsLun 10 juin (*)
DétailsVen 26 oct (19h-21h)
Salle de danse, Point Ephémère, 200 quai de Valmy, 75010 Paris (entrée côté rue)
Forum organisé en partenariat avec la revue Oscillations, et avec le soutien du Point Éphémère.
De Pan Sonic à Merzbow en passant par Fred Frith et OOiOO, les musiques dites extrêmes sortent de leur confidentialité et sont de plus en plus fréquemment à l'affiche de festivals massivement fréquentés. À l'affût de nouvelles techniques de production du son – que ce soit par la création de nouveaux outils ou par une utilisation détournée des outils traditionnels – elles transforment la musique et en modifient les contours, dans une dynamique qui substitue aux évidences figées de ses définitions traditionnelles l’exploration de ses impasses et la mise à l’épreuve de ses frontières. Extrêmes tant en qualité (dissonance, arythmie) qu'en quantité (du silence complet au bruit le plus insoutenable), elles relèvent, à leur paroxysme, de l'hybridation avec la performance et s'adressent au corps de l'auditeur par la physicité du son qu'elles expriment. Exploration de nouveaux territoires sonores et physiques, l'extrémisme musical nécessite de redéfinir les limites de la musique, si tant est qu’il ne rende pas obsolète la possibilité même d’en tracer les contours.
Intervenants :
Catherine Guesde (doctorante en philosophie à l'Université Paris 1, chroniqueuse musique à Noise magazine), Mathieu Potte-Bonneville (maître de Conférences à l'ENS-Lyon, président de l'assemblée collégiale du Collège international de philosophie, membre du comité de rédaction de la revue Vacarme), Olivier Quintyn (ancien enseignant d'esthétique et d’histoire de l'art à l'Université Rennes 2, directeur de collection aux éditions Questions Théoriques et participant aux activités du label de musique électronique Rolax).
Modérateur : Jade Bouchemit (rédacteur en chef de la revue Oscillations)
DétailsSam 17 nov (17h-19h)
Espace abcd (art brut connaissance & diffusion), 12 rue Voltaire, 93100 Montreuil.
Forum organisé avec l'association abcd (art brut connaissance & diffusion), Paris.
«La philosophie n’est autre que cet instinct tyrannique, la volonté de puissance sous sa forme la plus intellectuelle, la volonté de "créer le monde", d’instaurer la causa prima. » Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, Aubier, Paris, 1951, p. 31.
Dans son œuvre visionnaire, l’artiste croate Janko Domsic met en scène des anges transformés en chevaliers apocalyptiques, leurs pieds plantés sur des bêtes fantomatiques ou dans la terre secouée par les ondes. Ces êtres semblent être traversés par des paroles et des signes, abandonnés aux forces déchaînées. Des codes divers prolifèrent autour et dans ces images ; l’artiste y dissémine des fragments d’écriture, parfois cryptée.
Domsic nous plonge dans l’ambiance de la fin du monde, aux limites du naufrage de notre culture. Il met le feu à tout, détruisant la « croix » – chrétienne, nazie, la croix métaphorique que nous portons tous – en même temps. Les agglutinations et les déplacements des symboles de puissance – svastikas, marteaux, compas, balance, signes du dollar, étoiles du drapeau américain – dans ce nouveau contexte font que ces symboles perdent leur signification d’origine. Leur référence à des domaines divers – ésotérisme, héraldique, religion, politique, alchimie, franc-maçonnerie – se décompose. Est-ce que Domsic tente de démontrer leur futilité, interroger le caractère mensonger des idéaux moraux, proclamés par de grandes puissances de ce monde ? Ou s’agit-il de représenter « sa propre division psychique dans les déchirements […] politiques du monde » ?
Mais il y aussi la transcendance : une réunion sacrée entre ces anges – hermaphrodites pour certains – qui « assument » pleinement leur sexualité, avec des phallus glorifiés tendant vers le ciel, et dont le résultat serait d’autres créatures grandissant entre les couples. Est-ce que Domsic nous y indique la possibilité d’une renaissance à travers la création ? L’œuvre en tant que transformation de notre désarroi ontologique ? L’artiste Janko Domsic comme un philosophe « tentateur », l’Antéchrist nietzschéen par excellence ?
Intervenants :
- Manuel Anceau (poète, essayiste)
- Vincent Gille (commissaire d’exposition à la Maison de Victor Hugo, fondateur de la revue Mirabilia, écrivain)
- Annie Le Brun (écrivaine, poète, critique, commissaire d’exposition)
- Frédéric Vengeon (CIPh)
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